Vous étudierez et vous expliquerez le sentiment de la nature chez Lamartine.
Publié le 22/02/2012
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Nous pouvons procéder par revue, bien qu'on puisse aussi procéder par souvenirs directs, presque toutes les études sur Lamartine vous donnant les caractères de ce sentiment de la nature. Dans les premières Méditations, la nature est pour lui une confidente des émotions de son coeur; il y trouve une sorte d'écho de lui-même; il aime à revivre au milieu d'elle ses joies et ses souffrances — en même temps la nature est une consolatrice; il y trouve, dans le calme et la solitude, un apaisement — cet apaisement est dû en partie au sentiment religieux ; la nature parle de son créateur, de Dieu. D'autre part ce sentiment de la nature a des caractères négatifs. Lamartine possède assez peu ce qu'on peut appeler le sentiment réaliste ou pittoresque de la nature; il lui demande des émotions du coeur plutôt que des tableaux, des formes ou des couleurs éclatantes ou harmonieuses; ses paysages restent un peu vagues. Il n'a pas besoin des spectacles nouveaux et surprenants de la nature; il ne recherche pas l'exotisme; la nature la plus simple, la plus intime, celle de Milly, lui suffit. Si nous dépassons les Méditations nous retrouvons ces mêmes caractères dans les oeuvres postérieures, mais pourtant la nature simplement pittoresque, le décor prendront une plus large place dans Jocelyn ou la Chute d'un ange; et Lamartine donnera plus de place aux tableaux grandioses et frappants (Jocelyn se passe en partie dans la haute montagne et la Chute d'un ange en Orient).
Cette étude analytique est par elle-même une explication. En nous révélant les caractères particuliers de ce sentiment d'ensemble qu'est le sentiment de la nature elle nous montre ses correspondances avec le caractère de Lamartine, plus poète du sentiment que peintre, plus rêveur qu'homme d'action. Cette explication peut d'ailleurs être complétée par les méthodes que nous allons étudier, notamment par l'influence des lectures de Lamartine et du milieu où il vit. Sans doute tout le pittoresque de la nature et même tout l'exotisme ont pris place dans la littérature grâce à Bernardin de Saint-Pierre et Chateaubriand. Mais Lamartine est disciple de Rousseau plus que de Bernardin et de Chateaubriand, et, dans son ensemble, la première école des poètes romantiques s'intéresse à l'expression des sentiments plus qu'au pittoresque.
Liens utiles
- Le Sentiment de la Nature chez Lamartine
- D'après cette description de George Sand (au début de Valentine), vous direz quels sont certains des caractères essentiels de ses romans champêtres. Si vous ne connaissez pas ces romans. vous pourrez comparer le sentiment de la nature qui s'y exprime avec ce que vous connaissez du sentiment de la nature chez Rousseau, Chateaubriand, Lamartine, Victor Hugo ( en choisissant un ou plusieurs d'entre eux)
- Molière fait dire à Dorante que dans la tragédie, « l'on ne cherche pas de ressemblance » alors que dans la comédie, « il faut peindre d'après nature ». Qu'en pensez-vous ? Vous expliquerez et discuterez cette remarque en vous aidant des textes corpus, des œuvres étudiées en classe et de vos lectures personnelles.
- Dans son essai Croissance zéro, Alfred Sauvy écrit, à propos de la fascination qu'exerce sur l'homme l'idée du retour à la nature : « ... L'idée séduisante de retour à l'état naturel, à une vie végétale, ne dure guère qu'un été et d'une façon très relative. Virgile s'extasiait devant les gémissements des boeufs, mais avait des esclaves pour traire ses vaches. Rousseau fut fort aise de trouver une assistance publique pour élever ses enfants. Quant à Diogene, il devait bien produire quel
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