La perception et l'idée
Publié le 30/03/2014
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• La perception et l'idée
L'essentiel dans la perception de cette table, ce n'est pas l'idée de table par laquelle je connais la table présente. Dans la perception, l'idée n'a été que le moyen pour l'esprit d'arrêter son choix entre les diverses hypo¬thèses qu'il pouvait faire pour exprimer son impression. De plus, cette idée consiste simplement dans le rapprochement d'un objet et d'un grou¬pe d'objets semblables antérieurement connus ; c'est une image générale plutôt qu'une idée. La connaissance analytique, au contraire, consiste dans le fait de rattacher les éléments de l'apparence à des principes néces¬saires, dans la réduction du contingent, de l'accidentel, au nécessaire. Nous ne connaissons vraiment une chose que lorsque nous connaissons l'ordre dans lequel se développent ses parties, et une raison de cet ordre. Là où il n'y a qu'un simple rapprochement du semblable au semblable, il n'y a pas de connaissance. Cette connaissance générale qui accompagne la perception consiste dans l'évocation de l'image générale, du schème de la table, plutôt que dans la conception de son idée. Donc, dans la per¬ception, il n'y a pas de connaissance au sens propre du mot. Le but de la perception est purement pratique ; percevoir une chose, c'est se repré¬senter les moyens d'en continuer ou d'en reproduire plus tard l'impres¬sion. Percevoir c'est revenir au point de vue de l'individu sentant, et s'y tenir. Connaître c'est sortir de soi, et atteindre un objet qui existe, non seulement pour un esprit, mais pour tous les esprits. Il n'y a pas de connaissance subjective.
J. Lagneau, Célèbres leçons, Cours sur la perception, La perception et l'idée,
PUF, 1964.
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