commende
Publié le 07/02/2013
Extrait du document
commende, administration temporaire, puis progressivement permanente, d’un bénéfice ecclésiastique par un clerc ou un laïc.
À l’origine, le système de la commende apparaît pour pallier la vacance administrative d’un bien ecclésiastique. Temporaire, la commende est une forme de tutelle utilisée lors du décès du titulaire d’un bénéfice ou dans le cas de son incapacité. En principe, le commendataire temporaire n’a aucun droit propre sur les revenus du bénéfice qu’il administre : il doit les restituer au terme de la vacance, déduction faite des dépenses et de la part affectée à son entretien personnel. Ces fonctions, confiées pour l’utilité de l’Église, sont révocables et une réglementation est établie pour empêcher les abus de prolongation de la tutelle.
Progressivement pourtant, les commendataires s’attachent à leur charge, reconnue perpétuelle. Attribuer un bénéfice, comme le font les souverains et les grands seigneurs, revient alors à une donation. Paradoxalement, elle peut être attribuée à un laïque qui tire uniquement avantage de ces biens temporels. C’est contre cet abus que sont dirigées les plaintes séculaires de l’Église.
En 538 déjà, afin de freiner l’introduction de laïques dans les affaires religieuses, le troisième concile d’Orléans stipule que les évêques de la Gaule ne peuvent confier la direction des monastères qu’aux clercs de leurs cathédrales. En 1483, les États généraux de Tours, réunissant les trois ordres de la société, en demandent la suppression à Louis XI ; après le concile de Trente, qui n’a pas osé supprimer cette institution, Henri III promet, dans l’ordonnance de Blois (1579), de ne nommer aux bénéfices que les personnes ayant les qualités requises par les saints décrets. Au XVIIe siècle enfin, les officiers de la cour de Rome promulguent un décret réglementant le bénéfice, en cas de mort ou de cession, de telle sorte que ce bénéfice ne peut être conféré de nouveau en commende sans dispense spéciale.
Le système de la commende disparaît avec la Révolution française.