Cléridès, Glafkos
Publié le 06/04/2013
Extrait du document
1 | PRÉSENTATION |
Cléridès, Glafkos (1919- ), homme politique chypriote grec, président de la république de Chypre (1993-2003).
2 | L’AVOCAT DES COMBATTANTS CHYPRIOTES |
Né à Nicosie, Glafkos Cléridès effectue ses études universitaires en Angleterre (au King’s College de Londres) — Chypre est alors un protectorat britannique. Incorporé dans la Royal Air Force durant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier en 1942 et reste en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre. De retour à Chypre en 1951, il exerce son métier d’avocat auprès des activistes de l’Organisation nationale des combattants chypriotes (EOKA), un mouvement de guérilla indépendantiste.
3 | LE REPRÉSENTANT DE LA MAJORITÉ GRECQUE CHYPRIOTE |
À partir de 1960, année de l’indépendance de Chypre, et jusqu’en 1976, Glafkos Cléridès est député et président du Parlement. Représentant de la majorité grecque de l’île, il a une position clé dans toutes les négociations menées avec la minorité turque afin d’établir une Constitution juste, viable et satisfaisante pour les deux communautés.
En juillet 1974, alors qu’un coup d’État nationaliste chypriote grec renverse le président Makarios III et provoque l’invasion par la Turquie de la partie nord de l’île, le chef du Parlement assume les fonctions de président par intérim jusqu’au retour de Makarios, au mois de décembre.
4 | UN PRÉSIDENT PARTISAN DE LA RÉUNIFICATION ET DE L’INTÉGRATION EUROPÉENNE |
Homme politique modéré, Glafkos Cléridès fonde en 1976 le Rassemblement démocratique (DISY), une formation conservatrice favorable à la réunification de l’île et au renforcement des liens avec l’Ouest. Candidat malheureux aux élections présidentielles de 1983 et de 1988, il accède à la magistrature suprême en 1993, en battant de peu le président sortant George Vassiliou.
Réélu en 1998, il participe aux pourparlers de paix engagées sous l’égide de l’ONU pour régler la question de la division de l’île. Parallèlement s’ouvrent également les négociations sur l’adhésion de Chypre à l’Union européenne (UE), avec l’espoir qu’elles favoriseront le processus de paix. En décembre 2001, Glafkos Cléridès est le premier président chypriote grec à effectuer une visite dans la partie nord de l’île, dans le cadre de négociations directes avec le président chypriote turc, Rauf Denktash.
Lors de l’élection présidentielle de février 2003, Glafkos Cléridès décide de briguer un troisième mandat : justifiant cette candidature par son « devoir devant l’Histoire «, le président âgé de 83 ans sollicite un mandat réduit à seize mois, le temps de parvenir à résoudre la partition de l’île avant l’entrée de Chypre dans l’UE, le 1er mai 2004. Confronté à une opposition unie et à la dissidence de son ancien bras droit, Glafkos Cléridès ne recueille que 38,8 p. 100 des voix et doit reconnaître sa défaite face à Tassos Papadopoulos, élu dès le premier tour avec 51,5 p. 100 des suffrages. Toutefois, le 13 juin 2004, lors de la première élection du Parlement européen à laquelle participent les Chypriotes, le DISY, dont Glafkos Cléridès est le président d’honneur, arrive en tête du scrutin avec 28,29 p. 100 des voix (2 sièges sur 6), devant les communistes de l’AKEL et le DIKO, le parti du président Papadopoulos.