Bayeux, discours de
Publié le 04/04/2013
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1 | PRÉSENTATION |
Bayeux, discours de, discours prononcé à Bayeux (Normandie), par le général de Gaulle, le 16 juin 1946, exposant sa vision de la Constitution nécessaire à la future IVe République et considéré comme une des sources de la Constitution de la Ve République.
2 | LES CONDITIONS D’ÉLABORATION DU DISCOURS |
Six mois après sa démission de la présidence du Conseil, le 20 janvier 1946, pour protester contre le retour en force des partis politiques, le général de Gaulle rompt le silence et intervient afin d’énoncer son projet constitutionnel pour la IVe République.
Par le référendum du 21 octobre 1945, les Français se sont en effet majoritairement prononcés contre un retour à la IIIe République et ont élu une première Assemblée constituante, dominée par le Parti communiste français (PCF) et la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). Mais la Constitution élaborée, qui prévoit une Assemblée unique et omnipotente, est rejetée le 5 mai 1946 par les électeurs et, le 2 juin, l’élection d’une seconde Assemblée constituante marque un recul de la gauche qui perd la majorité absolue et une forte poussée du Mouvement républicain populaire (MRP), proche de De Gaulle. Aussi ce dernier, estimant la situation favorable, tente-t-il de faire entendre sa conception.
3 | UN POUVOIR EXÉCUTIF FORT |
Rendant un hommage appuyé à l’État « sauvegardé dans ses droits […], capable de réunir autour de lui l’unité nationale «, le général de Gaulle dénonce le régime des partis « qui tient au tempérament national, aux péripéties de l’histoire et aux ébranlements du présent «, mais menace l’État. Afin de « compenser les effets de notre perpétuelle effervescence «, de Gaulle préconise alors l’instauration d’un pouvoir exécutif fort. S’inscrivant dans une longue lignée de « constitutionnalistes « qui, depuis la fin du xixe siècle, se déclarent favorables à un abaissement du pouvoir des assemblées, de Gaulle entend donner les moyens au président de la République d’assurer « un arbitrage national qui fasse valoir la continuité au milieu des combinaisons «. Celui-ci serait en outre élu par un collège plus vaste que le seul Parlement et nommerait le Premier ministre ainsi que tous les autres membres du gouvernement. Il pourrait également prononcer la dissolution de l’Assemblée. Fidèle au principe de séparation des pouvoirs, il maintient aussi contre les partisans d’une chambre unique et souveraine, le principe du bicamérisme en divisant le Parlement en deux Chambres : l’une élue au suffrage universel, l’autre, élue par les conseillers généraux et municipaux devrait aussi comprendre des représentants des grandes organisations économiques, familiales et intellectuelles, ceci dans le but de faire « entendre au-dedans même de l’État, la voix des grandes activités du pays «.
4 | AUX SOURCES DE LA CONSTITUTION DE 1958 |
Ce projet, opposé au régime d’Assemblée, rencontre l’hostilité de la coalition des trois partis (PCF, SFIO et MRP), qui n’en tiennent pas compte pour la mise au point de la nouvelle Constitution, approuvée par référendum le 13 octobre 1946. Cependant, même si le recours au référendum et l’élection du président de la République au suffrage universel ne sont pas évoqués alors par de Gaulle, l’essentiel des conceptions exprimées dans le discours de Bayeux ont été reprises pour l’élaboration de la Constitution de la Ve République en 1958.
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