Article de presse: Enquête sur l'OAS
Publié le 22/02/2012
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constituent assurément l'élément le plus solide de l'OAS, celui dont les activités sont les plus redoutables.
On comptait, à Algerseulement, en septembre, une trentaine d'équipes de ce genre, d'un effectif total de l'ordre de deux cents hommes, chacune étantdésignée par une appellation allant de " Delta 1 " à " Delta 30 ".
C'est au dispositif " Delta " qu'étaient imputés les attentats àl'explosif et les assassinats commis par l'OAS dans la ville.
A en croire l'OAS, le recrutement s'effectue sans difficultés.
Les effectifs
Il reste que, pour l'ensemble de l'Algérie, on estime à plus de 1500-dont plusieurs centaines de tueurs proprement dits-lenombre d'individus vivant actuellement dans la clandestinité, effectivement contrôlés par l'OAS et dépendant en principe del'ORO (Organisation renseignement opérations).
Un peu plus d'un millier encore seraient également contraints de se cacher, maisne sont pas aptes, pour des raisons diverses, à des actions de commando.
Entre ces militants irrémédiablement engagés et la masse des sympathisants, il existe une troupe de manoeuvre beaucoup plusnombreuse, qui participe à des activités moins violentes et moins meurtrières, mais qui constitue la véritable infrastructure del'Organisation.
On ne peut se risquer à aucune évaluation sérieuse d'effectifs pour l'ensemble de l'Algérie.
Pour l'agglomération algéroise, une estimation de dix mille à quinze mille hommes-la plupart armés-est fréquemment avancée.
AOran, des renseignements sérieux font état de deux cents personnes occupant des fonctions au sein des différents réseaux del'OAS, auxquelles s'ajoutent une cinquantaine de militants de l'ancien réseau " France-Résurrection " et plusieurs centainesd'éléments occasionnels.
Il faut aussi tenir compte des unités territoriales (U.T.), qui représentent plusieurs milliers d'hommes dans la ville et près de dixmille dans la région.
Le recrutement dans ce domaine dépend largement des circonstances et des services demandés.
Parmi les unités territoriales,dont Salan annonçait récemment la mobilisation, la plupart des officiers ont été sollicités, mais la " prise en main " de la troupeproprement dite paraît peu avancée.
Il est vrai qu'elle se heurte à des exigences de clandestinité auxquelles les chefs de l'OAS ontappris à se soumettre avec rigueur.
Les UT ne sont pas seules en cause.
Ce n'est pas sur cette organisation, en fait, que l'OAS s'appuie pour l'essentiel, mais plutôtsur l'ancien DPU (Dispositif de protection urbaine), créé en 1956 et longtemps animé par les services des colonels Godard etVaudrey, notamment.
Cet organisme a sensiblement remanié son dispositif, abandonnant en particulier le principe du découpagepar arrondissements de police pour " coller " de préférence au quadrillage militaire.
Les activistes bénéficient enfin d'innombrables complicités parmi ceux qui devraient précisément les combattre.
C'est ainsi quedes policiers algérois communiquent régulièrement aux services de renseignement de l'organisation clandestine les informationsqu'ils recueillent dans les commissariats.
D'autres ferment obligeamment les yeux sur l'identité de tel ou tel individu interpellé-parerreur ?-à un contrôle routier.
Au-delà, il y a la masse des sympathisants.
Il est d'usage d'affirmer-dans les milieux les plus divers-qu'elle représente 95 % dela population européenne, au moins à Alger, à Oran et peut-être à Bône.
Le fait est que les Français d'Algérie, dans leur majorité, se déclarent volontiers " pour " l'OAS.
Avec des nuances toutefois :certains, engagés par conviction, accomplissent scrupuleusement les tâches qui leur ont été assignées; d'autres, venus à l'OAS parambition ou intérêt, espèrent jouer quelque jour un rôle politique.
Mais, dans l'ensemble, les cotisations " rentrent bien ", et parmi les esprits les plus pondérés on ne songe guère à récuser uneorganisation à qui l'on accorde sa sympathie.
Pour la grande majorité des Européens d'Algérie, l'OAS se présente comme un dernier espoir, en qui l'on a confiance " parcequ'il faut bien avoir confiance en quelque chose ", et que l'on est devenu sourd, après tant de déceptions, à tout ce qui peut venird'un gouvernement honni, presque étranger.
Reste à savoir ce que l'on espère exactement de l'OAS, ce que l'on attend de seschefs.
Les intentions qu'on leur prête sont mal définies, et chacun ne veut y voir le plus souvent que le reflet de ses propresopinions.
L'avenir de l'OAS.
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