42 résultats pour "bolechow"
-
Les Juifs de Bolechow, continue l'auteur de ce livre, pouvaient voter pour l'élection du
Burgmeister (lequel, en prenant ses fonctions, devait jurer de protéger les droits des trois
nationalités qui vivaient à Bolechow) et des magistrats du conseil municipal.
qui ont laissé lachair etlapeau meurtries etnoires pendant longtemps. Ilsont exigé qu'elle leur donne desperles etdes objets d'ornementation enor. L'un d'eux adit que leshabitants chrétiens denotre villelesavaient informés qu'ilstrouveraient detelles choses dansma maison. Mafemme adû leur donner toutcequ'elle possédait deprécieux :deux colliers de magnifiques perlesfines,undequatre rangsetl'autre decinq, unecoiffe degrande valeuret de grande beauté, etdix anneaux d'orsertis demagnifiques diamant...
-
Quelle qu'ait été la date exacte, tout le monde dans la salle à manger de Jack s'est accordé
pour dire que la seconde Aktion avait été de loin l'événement le plus horrible et le plus
dévastateur pour les Juifs de Bolechow.
convoqué chezleReichsführer SSHimmler, quim'a reçu sanssonofficier adjoint. Himmler adit : « Le Führer aordonné quelaquestion juivesoitrésolue unefoispour toutes etque nous, les SS, exécutions cetordre. Lescentres d'extermination existantsdansl'Estnesont pasenmesure de mener àbien lesgrandes Aktionen quiont étéprévues... » Peu detemps après,Eichmann estvenu àAuschwitz pourmefaire connaître lesplans des opérations tellesqu'elles allaientsedérouler danslesdifférents paysconcernés. Nousavons discut...
-
LE 12 août 2001, deux de mes frères, ma soeur et moi sommes descendus d'une Volkswagen
Passat bleue et exiguë et nos pieds ont touché la terre humide de Bolechow.
milliers dedollars, unecoordination minutieuseentreungrand nombre degens surdeux continents, toutcelapour unvoyage quiallait durer àpeine sixjours, dontunseulement, en réalité, seraitpassé àfaire ceque nous étions venusfaire,àsavoir parler auxgens dans cet endroit crucialqu'était Bolechow, laville dont j'avais entendu parler,etau sujet delaquelle j'avais pensé, rêvéetécrit pendant prèsdetrente ansunendroit dontj'avais pensé(alors) qu'il serait leseul oùjepourrais découvrir cequi leur était arriv...
-
Il y a une pièce dans l'appartement de Shlomo Adler à Kfar Saba que je considère en secret
comme le Siège mondial de Bolechow.
d'elle assise, danssonchemisier àrayures, surl'étendue désoléedeson grand lit. Et parce qu'elle l'aimait bien– enpartie parcequec'est unhomme grandetbeau, avecde magnifiques yeuxambrés etun grand sourire, àla fois imprévisible etcharmant ;en partie parce que,comme ellemel'avait ditunjour, saphoto sombre d'unvieux Juifsolitaire assisdans la grande synagogue deL'viv, qu'ilavait prise aucours denotre premier voyagedeuxansplus tôt, avait ravivé dessouvenirs merveilleux pourelledeson enfance danslemo...
-
appartenu autrefois - j'ai cherché sur le sol une grosse pierre et, une fois trouvée, je l'ai placée
dans le creux où les branches de l'arbre se rejoignaient.
SalamonGROSSBARD Bolechow, 1908-Sydney, 2004 BobGRUNSCHLAG Bolechow, 1929-Sydney, 2004 DyziaRYBAK, néeLEW Bolechow, 1923-Minsk, 2004 Solomon(Shumek) REINHARZ Bolechow, 1914-BeerSheva,2005 Marilyn TEPPER, néeMITTELMARK New York, 1929-Chattanooga, 2006 Note del'auteur Les événements rapportésdanscelivre sont vrais. Toutes lesinterviews formellesontété enregistrées envidéo etpresque touteslesautres conversations, ycompris lesconversations téléphoniques, ontétésoit enregistrées parl'...
-
Aviv, les fondations instables du bundestag, titrait Haaretz, le jour où nous avions
rendez-vous avec Josef Adler.
choses-là. J'ai fait ungrand gestedelamain. Jene juge pas ! Je ne juge personne, ai-je dit.Etc'était vrai. Parce qu'ilestimpossible desavoir certaines choses,parcequejene ferai jamais l'expérience des pressions quecertaines personnes ontsubies pendant lesannées deguerre, deschoix inimaginables qu'ilafallu faire, enraison detout cela, jerefuse dejuger. Pourtant, unepensée nouvelle germaitpendant quej'étais assislààmanger desdattes etdes figues :toutes ces années passées àne rien savoir deShmiel e...
-
ruine, écrit-il, ils ont été corrigés.
mort, ilétait resté drôle :lorsqu'elle avaitouvert lecoffre contenant sespapiers, elleavait trouvé unenote, écrite indubitablement delamain demon grand-père, quisavait quemamère ne lirait cette notequ'àsamort – « Maintenant Marlene,commençait-elle, tuvas cesser de pleurer parcequetusais àquel point tues moche quandtupleures... »). Commeellel'avait fait pour samère, elleadonné laplupart deses affaires àdes organisations caritativesjuives,mais il yavait aussi denombreuses chosesquiavaient unintérê...
-
Stefan et Ulyana, n'était pas, contrairement à ce que j'avais cru, celle dans laquelle Shmiel et sa
famille avaient vécu et d'où ils étaient partis pour leurs morts, quelles qu'elles aient pu être.
Le quadruple non était, comme j'allaislecomprendre aucours decette journée, unedeses réactions habituelles quandelleétait agacée parlesimprécisions desautres. Leton desavoix était ferme etsans humour. Pas uncafé, jesuis désolée, a-t-elledit.Nous n'avions pasde cafés. Tout lemonde ari et j'étais incapable dedire sic'était àpropos del'irritation deMeg oude l'absurdité qu'unpetit shetl comme Bolechow aitpu avoir quelque chosecomme uncafé. J'ai connu Frydka toutemavie, m'a ditMeg. Ladernière foisque...
-
-
Ah, russe, a dit Meg, se taisant un instant.
J'ai été tellement surpris,dansunpremier temps,quejen'ai passuquoi dire. Chacun sesert comme ilveut, adit Meg, servez-vous, s'ilvous plaît . J'avais lesentiment qu'elleseréjouissait denous avoir surpris . Je me suis assis àcôté deM. Grossbard etj'ai mis enmarche monmagnétophone. Mon Dieu, adit Matt. Jen'ai pasvucette nourriture depuismonenfance ! Souvenez-vous, ai-jeditàMeg, moncerveau tournant àcent àl'heure, quenous étions de Bolechow, nousaussi, ilya bien longtemps. Bolechow, c'étaitunejolie...
-
Il y a eu un échange assez long entre Shlomo et Anna.
mais j'aiété ému devoir qu'elle connaissait cefait minuscule, quelquechosequ'elle avait appris aucours d'une conversation d'enfantsquiavait eulieu soixante-dix ansplus tôtetqu'elle avait mystérieusement retenu.J'aihoché latête etdit, Stryj, etelle asouri avant deme dire. Ah, tusais ! Elle s'est penchée surlaphoto denouveau etadit, enlascrutant, lessourcils froncés, Di kinder, zikenn ikhnokh nikht. Les enfants, jene les reconnais plus. J'ai pointé ledoigt surLorka. Ellearapproché laphoto d'elleet...
-
l'autoroute qui n'a bientôt été qu'une ligne coupant une grande étendue de sable, Shlomo et
moi avons parlé.
ma mère avaiteuécho, ilyavait tantd'années : Ils avaient quatrefillesmagnifiques, ilsles ont toutes violées etils les ont tuées. Où avait-elle entenduça?avais-je l'habitude deme demander. Maislorsque j'avaisfinalement posélaquestion, mamère avaitdit,Jene me souviens plus,ilyavait tantd'histoires horribles,jefaisais descauchemars constamment. Donc, alors queShlomo etmoi arrivions àproximité deBeer Sheva, jelui aidemandé cequ'il pouvait savoir, cedont ilavait peut-être entenduparler.Personne enAus...
-
ses descendants, depuis son fils jusqu'à son arrière-arrière-petit-fils, mon grand-père,
Susannah arépondu rapidement. « Lagrande nouvelle ! ! ! », c'étaitqu'elle avaitappelé M. Rosenberg ouplutôt qu'elle avaitparlé àson fils,etqu'ils avaient arrêtéunedate pour notre rencontre – ma première et,jepensais alors,sansdoute, dernière rencontre avecunJuif de Bolechow quipourrait medire quelque chose,n'importe quoi,surcequi s'était passéavant, pendant ouaprès laguerre. Ladate arrêtée étaitledimanche 11mars. J'iraisretrouver Susannah àson appartement aucentre-ville etpuis nous irions envoit...
-
drôle à part entière, une histoire qui est régulièrement racontée pour éclairer ou peut-être
préserver un certain aspect de la personnalité de mon grand-père décédé.
Et l'on nesait vraiment jamais.Ilya peut-être quinzeans,mon plusjeune frère,quiétait alors assistant pourlescostumes pourlesfilms deWoody Allen,cherchait destissus dansune boutique maléclairée, unendroit rempliderouleaux detissus, danslequartier delaconfection à New York. Ilaremarqué quelevieil homme aucomptoir portaituntatouage surl'avant-bras et ila engagé laconversation aveclui.Mon frère amentionné, aucours decette conversation, le fait que desparents ànous quiavaient péridans ledésastre étai...
-
lui avions dit pourquoi nous étions à Striy ce jour-là, plusieurs grandes cartes anciennes de la
ville ; et c'était d'une masse importante de papiers récents qu'il avait sorti un échange de
lettres qui, disait-il, nous amuserait.
Achhb, c'est très décevant, a-t-elledit pendant que nous mangions ledéjeuner qu'elleavait préparé pourcélébrer monretour. Elleavait regardé lesdiapositives quej'avais faitesetelle n'avait cesséderépéter, Jevous ledis, cen'était pasmarue. Pourtant, elleavait scruté avidement chaquephoto,chaque diapositive, chaqueminutedela vidéo quenous avions faitesdanslesrues deStriy, ycompris lesimages désolées del'ancienne grande synagogue delaville, désormais enruine, desarbres immenses surgissantdel'intérie...
-
peut-être était-ce simplement un problème statistique.
comme j'allaisledécouvrir plustard, étaitentrain decrier, Si vous latuez, alors vousdevrez me tuer aussi ! Et c'est cequ'ils ontfait. Le jeune couple avaitoffert auxtrois hommes unendroit oùdormir. Illeur avait donné des sortes dematelas roulésàdéployer prèsdufeu :la place d'honneur. Ilfaisait horriblement chaud pendant lajournée, maisatrocement froidlanuit. Lelendemain, lesnomades ouzbeks leur avaient indiqué lechemin qu'ilsdevaient prendre:de l'autre côtédelarivière Chu.Ils étaient reparti...
-
avec ses petits régiments polonais, était censée être l'alliée de
il faut quejete dise qu'au coursdelapremière Aktion le 28 octobre 41 les Allemands onttué tes trois sœurs. Et au cours deladernière Aktion à l'automne 43 ils ont tuétesparents. A Bolechow, ilne reste quequarante personnes detaconfession. Dans tamaison vit Kubrychtowa qui apris lamaison mêmependant l'occupation allemande. (Alena s'estinterrompue uninstant etadit, Cette Kubrychtowa prétendaitquelamaison appartenait àses parents ! Puis,elleacontinué àtraduire) Chez nous, beaucoup dechangements....
-
-
parente à elle qui, étonnamment, était assez âgée pour avoir connu mon grand-père quand il
vivait encore dans la ville ; un homme qui avait été le voisin de Shmiel.
heureux, autrefois, d'entendre certaineshistoiresinlassablement racontées. Debbie m'aditque sonmari etsa fille nous rejoindraient plustard. Elleadit çaavec unfort accent australien auqueljem'habituais àpeine – ouplutôt jem'habituais àpeine àl'idée que des Juifs pussent avoirl'accent australien. Naturellement, noussavions qu'iln'yavait pasun pays aumonde quin'ait passesJuifs, maiscette connaissance abstraiteétaitenquelque sorte très différente dufait d'être confronté àla réalité deces gens. Làoù...
-
Elle a levé la main et j'ai compris qu'elle voulait dire plus grande.
Malcia S'estassurée quenous avions bientous duvin dans nosverres etarepris lefil de ses réminiscences. J'airegardé labouteille. murfatlerpinotnoir,disait l'étiquette. J'avais l'habitude d'alleravecmamère pouracheter delaviande danssaboucherie, a-t-elledit. Et ildonnait àma mère latoute meilleure viandequ'ilavait ! Ilsse disaient tu, parce qu'ils étaient àl'école ensemble. Vous deviez doncavoir àpeu près lemême âgeque Lorka, ai-jedit.Elle devait avoirpeut-être un ande moins. Oui, oui,nous n'éti...
-
eux aussi.
puisqu'il n'yapas dedifférence substantielle entre Rüstung et Wehrmacht. En cequi me concernait, laquestion desavoir ceque représentait leW était horsdepropos. Le propos étantqu'en mars1943 touslesouvriers marqués d'un W, trois cents personnes environ, ontétéemmenés aucimetière etabattus dansunefosse commune. C'étaitunedes « petites » Aktionen dont Jackavait parlé auparavant ;c'était l' Aktion que lavieille Olgaque nous avions rencontrée enUkraine avaitpuvoir depuis lafenêtre desasalle deséjour....
-
Mais Frydka doit attendre.
Shtiebl était unmot quejen'avais pasentendu depuisdesannées :une petite shul, une petite maison deprière, normalement dansunecave, dansunepartie d'unestructure plusgrande. Peut-être avecdédain, mongrand-père avaitl'habitude d'appelerlasynagogue loubavitchdans laquelle ilse rendait àla fin desavie un shtiebl, ce petit endroit deEighth StreetàMiami Beach, oùilse rendait nonparce qu'ilaimait lesHasidim, aucontraire, maisparce quec'était la seule shul où ilpouvait alleràpied deson immeuble, 1'immeub...
-
Je l'ai regardée, sidéré.
j'éprouvais unsentiment deprotection àl'égard deKlara, qui,jelesavais désormais, avaitété contrainte d'endurerdeshorreurs inimaginables etdont lacoquetterie presqueadolescente, les danseuses enporcelaine, lestableaux bucoliques, l'éléganceaffectéeetlegoût pour lesjolis vêtements etles bijoux étaient peut-être, medisais-je àprésent, unesorte derécompense superficielle, deréparation futilepourleschoses horribles quilahantaient encore.J'aidonc choisi decroire quesonYankel avaitétéundes bons policie...
-
impatiente de parvenir à la fin de son récit.
précédents voyagesavaientétéintéressants etexcitants, combiennousavions apprécié de rencontrer lesautres anciens deBolechow. Nousavons parlédeMeg, deJack etde Bob. Jack Greene avaitétél'ami deson frère, adit Klara. Elleasouri lorsque nousavons mentionné le nom deShlomo :tout lemonde connaissait, semblait-il,« leroides anciens deBolechow ». Elle allait souvent enIsraël autrefois, a-t-elledit,parce quesafille, quiétait morte d'uncancer depuis, yvivait. Nousavons parlédesanciens deBolechow enIsraël...
-
dans quelles circonstances exactes ont été tuées Lorka et Frydka.
(le Rynek étaitl'endroit oùlaboucherie setrouvait àl'époque demon grand-père, jelesavais, et Shlomo savaitquejelesavais :j'avais laphoto tiréedulivre Yizkor, unephoto d'uncôtédu Rynek aveclebâtiment delamairie et,juste enface, unbâtiment assezbassous lequel mon grand-père avaittracé uneflèche pourindiquer oùsetrouvait laboucherie desafamille) ... pas dans leRynek, disaitShlomo, maisenface dumoulin. Elleétait là.Etde cette boucherie, il s'est enfui deBolechow. Sachant désormais quelssontlesinconv...
-
Friedman se demande : « Quelle signification peut avoir le fait de nous informer qu'ils étaient
dans un champ à ce moment-là ?
casquette d'ouvrier,cethomme deprès dequatre-vingt-dix ansétait vêtud'unvieux costume de couleur indéterminée etd'un giletserré :un paysan endimanché. Luiaussi areconnu immédiatement lenom defamille etnous araconté deschoses. Parexemple, quequiconque essayait d'aiderlesJuifs était abattu, ceque nous savions, naturellement – Ninanousl'avait dit, Maria aussi,etNina s'était assurée delerappeler àOlga, apparemment, aumoment oùnous avions commencé àparler avecelle.« Certains Juifsétaient employés dan...
-
-
le mot russe pour « crimes » employé dans le nom :
entrée souslacolonne « datederafle/d'exécution » estle3/IX/1942 ;ce qui veut direquetous les gens decette listeétaient desenfants entredixetquatorze ans.Pendant quejelisais pour la première foiscesnoms, cesentrées, ilm'est lentement venuàl'esprit queceque j'avais sous les yeux, c'était uneliste desenfants juifsdeBolechow quiavaient étéassassinés pendantla rafle quiavait lancé laseconde « grande » Aktion des 3,4et 5septembre 1942,cellequis'était terminée aveclessurvivants embarqués danslesfourgon...
-
fauteuils contemporains autour d'une table basse.
Je ne parle pasl'hébreu. Ça me convenait parfaitement. Jene leparle pasnon plus, moiquiavais dûapprendre par cœur ma haftarah et qui, pour cette raison, n'avais paslamoindre idéequejechantais quelque chosesurlapurification delacommunauté juive;moi qui,pendant longtemps, n'avais pas eulemoindre intérêtpourledéchiffrement destextes enhébreu, destextes dontj'ai découvert presquetroptardqu'ils pouvaient éclairerlessecrets desfamilles etles mensonges des familles. Maisjen'étais quetrop heureux d'ente...
-
Jadis, quand J'avais six ou sept ou huit ans, il m'arrivait d'entrer dans une pièce et que
certaines personnes se mettent à pleurer.
plus quen'importe quid'autre, cequi explique sansaucun doutepourquoi samort aété le premier événement dontjegarde dessouvenirs précis,mêmes'ilest vrai que cessouvenirs sont aumieux desfragments (lemotif pisciforme etondulant ducarrelage surlesmurs dela salle d'attente del'hôpital ;ma mère medisant quelque chosesurleton del'urgence, quelque chose d'important, mêmes'ilallait falloir quarante annéespourmesouvenir finalement dece que c'était ;une émotion complexe, faitededésir ardent, depeur etde ho...
-
Yad Vashem - où, parmi d'autres choses, j'ai bien obtenu en
le fait que lespointes deson coldechemise reposaient surlaveste, donnaient curieusement à cet homme dequatre-vingt-trois ansl'air d'être àla mode. Nous avions l'intention defaire l'interview etde dîner ensuite. Danssagrande salledeséjour, Alena avaitinstallé devantledivan oùjeme suis assis unepetite tablebasse enverre etacier. Elle yavait disposé unassortiment deboissons :Evian, eaugazeuse, petitesbouteilles dejus de fruit. Lemur entier surma gauche étaitcouvert delivres soigneusement rangés,leg...
-
Mon désir de posséder un tel récit n'était pas très différent du désir qu'avait mon grand-père
de croire aux histoires du voisin juif ou de la benne polonaise.
avons rencontré ReinharzetHeller, etd'Israël nousavons étéconduits àStockholm, oùnous avons faitlaconnaissance deMme Freilich, etde Stockholm noussommes retournés enIsraël, d'Israël noussommes repartispourleDanemark, oùnous avons rencontré Kulbergetson remarquable récit. A la fin, nous avons eunotre histoire. Mais ilyavait unfait particulier, concret,quejeconnaissais déjà,concernant unedesJäger de Bolechow, avantmême quenous nouslancions danstouscesvoyages etque nous rencontrions tous cesgens. N...
-
distingué dans toute la ville, et je voyage continuellement.
s'est passée, c'estquelesUkrainiens sontarrivés etils ont commencé àtuer desJuifs. Vous savez, sivous aviez unproblème aveclesJuifs, vouspouviez lestuer tout simplement. Mais qu'est-ce quevous attendiez desAllemands ?ai-je demandé. Dequoi étaient-ils informés à ce moment-là ?Après avoiréchangé unregard avecsonmari, elleadit avec unpetit rire amer, Alle gloybten dussdidoytscher wirdnunstzvingen inafabrik. Tout lemonde pensait que lesAllemands allaientnousforcer àtravailler dansuneusine. A ce stad...
-
et je sous-entendais émotionnellement ; mais aussi moralement, pensais-je, puisque nous
n'avions pas envisagé que ces faits et ces histoires nous pousseraient, contre notre gré, à juger
les gens).
J'ai ditàAlena, Demandez-lui cequ'il ressent enrevoyant cesvisages qu'iln'apas vusdepuis si longtemps. Elle aposé laquestion enpolonais etAdam aretiré seslunettes délicatement etréfléchi un moment. Puis,ila souri gentiment etdit, fepense etjeretourne danslepassé. J'ail'impression d'être enroute versleCiel. Tous lesanciens deBolechow àqui nous avions parléjusqu'à cesoir-là avaient survécu enne bougeant pas:en restant parfaitement immobilespendantdesjours, dessemaines, desmois, dans desgreniers,...
-
moindre son.
moins. Mais avant quej'envienne auxmorts deShmiel, d'Esteretde Bronia, ilme paraît justede tenter d'imaginer commentilsétaient lorsqu'ils étaientencoreenvie. De Shmiel, évidemment ,nous savons unpeu dechoses, aupoint oùnous ensommes. Eneffet, après avoirparlé àJack etaux autres , j'ai l'impression quejepeux l'imaginer trèsclairement, par exemple cejour desannées 1930oùl'une desphotos quejeconnais sibien aété prise : traversant lecentre delaville – vous l'appelez leRingplatz, sivous êtes, com...
-
-
si nous avions été au beau milieu d'une conversation, et pas certain de savoir si le « là-bas »
signifiait Pologne orientale ou Holocauste.
En dépit decertaines erreursoccasionnelles, j'avaistoutefois appris,aucours detoutes ces années passées àenvoyer deslettres, desdemandes, àfaire desinterviews etdes recherches sur Internet, beaucoup dechoses surBolechow quin'étaient pasfausses. Parexemple : Ils y étaient depuisqu'ilyavait unBolechow! Combien detemps çareprésentait exactement?Il est possible delesavoir aujour près oupresque. Si vous êtesunJuif américain d'unecertaine génération, lagénération qui,comme lamienne, avait desgrands-pa...
-
où allaient les choses, a quitté la gare de Salonique le matin du 14 mars 1943, un dimanche).
mon permis d'Etatpourfaireducommerce mesera retiré, etaussi quejesuis leseul Juifdu comité commercial denotre communauté àavoir unpermis pouruncamion. Je ne vais past'écrire unelettre pleurnicharde surlafaçon dontj'aipu, jusqu'à présent, avoir un permis, etjesuis lechef defamille dansunebelle maison, etj'ai quatre fillessuperbes et bien élevées, neme laisse pasradoter là-dessus, jeveux simplement continueràtravailler etne pas être unfardeau pourquique cesoit. Par conséquent, commejesais qu'u...
-
J'ai donc envoyé la liste des noms de ma famille.
Saul Abraham J'écoutais et,lorsqu'il aprononcé lenom d'Ester, j'aieulesouffle coupé.Elleavait semblé appartenir siabsolument àla partie lointaine etintouchable dupassé denotre famille, l'épouse de mon oncle Shmiel, quelefait deparler àquelqu'un quiavait avecelleunlien deparenté plus proche quelemien – àson neveu, enfait, aucousin germain desfilles quejem'étais habitué àconsidérer comme« nos »cousines –, deparler àquelqu'un quiavait peut-être des disparus uneconnaissance glanéedufait d'une rela...
-
Matt voulait savoir ce qu'on ressentait, quelle était l'atmosphère dans la ville au cours de ces
journées qui ont suivi la première Aktion.
Cela nelaissait queShmiel qui,quoi qu'ilaitpu luiarriver jusqu'en 1944,étaitalors àdes années-lumière, semblait-il,dumonde de1939, lorsqu'il écrivaitleslettres oùl'on pouvait encore, c'étaitmonimpression, entendresavoix :fière, désespérée, dictatoriale,amère,pleine d'espoir, épuisée,troublée. Qu'était-il arrivé,essayais-je deconcevoir enécoutant les Australiens, àOncle Shmiel ? Jack pensait, avait-ildit,qu'il avait étéarrêté aucours delaseconde Aktion, puisque plus personne nel'avait revuensuite...
-
commencé à tuer des Juifs.
Quand noussommes revenus, quelques joursplustard, disait-il pourachever sonrécit, la moitié delamaison avaitdisparu. Je pensais àça pendant queJack etBob sesouvenaient delafaçon dontlesUkrainiens, quand les mauvais joursavaient commencé, jetaientlesJuifs dans larivière. Oubien (aajouté Jack),de temps entemps, ilsemmenaient lesJuifs lelong delarivière etles abattaient là. Tu tesouviens queGartenberg aété abattu ?a-t-il ditenregardant Bob. Bob ahoché latête, C'est exact. C'était souslepont, aconti...
-
avons pris le dessert et le café, il a commencé à me parler depuis l'autre bout de la table,
pendant que Klara et Ewa conversaient en polonais.
Peu après, nousnoussommes levéspourpartir. Comme jelefaisais detemps entemps àla fin de ces interviews, j'aidemandé àEwa dedemander àKlara quels étaient sesmeilleurs souvenirs deBolechow. Ewaaadressé maquestion àKlara, quiaécouté etpris unair mélancolique. Puiselleadit quelque chosedetrès bref àEwa. Ce que Klara adit, c'était, Les mauvais souvenirs onteffacé lesbons. Nous avons parléavecKlara lelendemain aussi,aprèsqueMatt apris quelques photosd'elle sur une petite placepavée. Ilfaut queçafa...
-
plutôt vous penseriez apprendre - qu'une jeune femme du nom de Lorka Jejger a existé et que
la notice suivante est véridique :
Lorka Jejger est née à Bolchow, en Pologne, de Shmuel et d'Ester.
Il savait quejesavais ceque cela voulait dire.ABelzec, ondescendait dutrain eton entrait dans leschambres àgaz. La perquisition danslesmaisons, latraque desJuifs dans lesrues etdans leschamps :les Grunschlag n'avaientrienvude tout cela, biensûr.Jeme suis souvenu deJack disant, Si j'avais été témoin, j'auraisétémort, moiaussi. Et pourtant, àcause d'unaccident géographique particulier, lesGrunschlag onteuune certaine connaissance desinformations quiont circulé pendant lestrois jours delaseconde Ak...
-
La difficulté clé, pour Rachi, c'est que la lecture fausse suggère une chronologie erronée de la
Création : que Dieu a créé le ciel, puis la terre, puis la lumière, et ainsi de suite.
La remarque deFriedman impliqueque,trèsvraisemblablement, cesont souvent lespetites choses plutôtquelagrande imagequel'esprit retientleplus facilement :par exemple, ilest plus naturel etplus attrayant pourdeslecteurs decomprendre lesens d'ungrand événement historique àtravers l'histoire d'uneseulefamille. Comme onne parlait pasbeaucoup deShmiel etcomme, lorsqu'on enparlait, c'étaitsouvent sous laforme demurmures ouenyiddish, languequemamère parlait avecsonpère pour préserver leurssecrets – enr...
-
-
Et JE N'ai JAMAIS appris le polonais.
Je me suis détourné deMatt pourdemander àShlomo, Qu'est-ce qu'ilvient dedire ? Shlomo hochaitlatête fébrilement. Iladit, Ilme raconte l'histoire duprofesseur quiacaché Frydka ! Ilsait que Ciszko aété tué enmême tempsqueFrydka. ABolechow. C'estunehistoire qu'il aentendue aprèslaguerre. Ils ont denouveau parléenpolonais. Shlomodressait lessourcils. Iladit, Ilse souvient dunom du professeur dedessin quilesacachés ! Il s'est tupour ménager soneffet etila ajouté, Lenom duprofesseur étaitSzedlak ! She...
-
Hirsch, peut-être au heder, l'école hébraïque, peut-être en jouant dans
Jack acontinué. Prenez Lvov.Elles'appelait Lemberger pipick. Il asouri. Pipick ? Pipick, c'est lenombril enyiddish. Oui, a-t-il dit.Parce qu'elle avaituneplace, un rynek, en plein milieu delaville, c'était comme un nombril ! Dolina,onl'appelait Dolina hoïze.Hoïze, le pantalon. Parcequ'elle n'avaitque deux rues, ellefaisait penser àun pantalon ! Il s'est interrompu uninstant. J'avaisconnuautrefois lesnoms deces villes, etpendant longtemps j'avaispenséqu'elles n'étaient riend’ autre quedesdestinat...