Valeur morale et utilité sociale ?
Publié le 19/03/2004
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1° D'abord, la rationalisation dont nous venons de parler est bien
imparfaite. Elle consiste en un simple calcul, en une supputation
d'avantages et d'inconvénients. Or, nous sentons bien que la valeur morale
se situe sur un plan beaucoup plus élevé que ce calcul utilitaire. Comme
l'écrit CICÉRON dans le De Officiis (III, chap. 30), « on dit parfois qu'une
chose, qui est très utile, devient moralement bonne; mais c'est qu'alors
elle l'est par nature, elle ne le devient pas. Car rien ne peut être utile
qui ne soit, en même temps, moral; et ce n'est pas parce que la chose est
utile qu'elle est morale; c'est au contraire parce qu'elle est morale
qu'elle est utile ». Autrement dit, l'utilitarisme renverse l'ordre des
valeurs, ou plutôt il détruit toute valeur en la rabattant sur le plan d'un
calcul d'intérêts. Ainsi que l'observe R. LE SENNE (Ouv. cité, p.
Le critère d'utilité est arbitraire. Il réduit les êtres humains à des objets, ce qui est immoral. Le bien n'est pas l'utile. Mais, utilité et moralité ne s'opposent pas. Pour être vraiment utile, une chose ne peut pas nuire à autrui. Elle doit être aussi moralement bonne.
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