Une religion sans dogme est-elle possible ?
Publié le 17/01/2022
Extrait du document

Bien définir les termes du sujet :
- « La religion « : se caractérise par une croyance en un dieu liée ou non à un culte. La religion peut être soit intérieure, soit extérieure. Dans le 1er cas, il s’agit du rapport direct et individuel de l’âme humaine à Dieu ou au divin, qui implique pour le croyant la foi dans l’existence d’un être supérieur. Dans le 2nd cas, c’est une institution sociale qui a pour objet de rendre hommage réglé par une liturgie à Dieu. Il y a des rites et des cérémonies définies, comportant une hiérarchie reconnue par tous les croyants, hiérarchie qui assure la constance d’un ensemble de dogmes reconnus par les « fidèles «.
-« Dogme « : désigne les positions d’une doctrine religieuse, généralement fondée sur la vérité révélée par un livre saint, et s’imposant à ses fidèles.
- « Possible « : peut avoir plusieurs sens ; celui de la légitimité, de la moralité, de la capacité.
Construction de la problématique :
Il semblerait que la définition de la religion, en tant que pratique sociale, contienne dans sa définition le dogme lui-même. Cela signifierait qu’une religion sans dogmes n’est pas possible. Pourtant le sujet remet en cause cette idée, et semble chercher non pas à définir la religion, pour savoir si en définitive elle implique ou non des dogmes, mais si il est possible de l’envisager différemment.
Se pose donc la question de savoir si il est possible de penser sous un nouveau jour la religion, à savoir si elle peut exister sans dogmes, et subsister seulement en tant que religion intérieure.

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● C'est ce qu'explique Spinoza dans L'Ethique.
Selon lui, la religion et les dogmes, au lieu de soutenirl'existence de Dieu la rendent encore plus improbable.
En effet, les miracles, les lois que le clergé impose… tout celaéloigne de Dieu, et au lieu de montrer sa suprématie ils ne font que souligner le désordre dans la nature, etl'anthropomorphisme de la religion.
Si Dieu est un être réellement supérieur, il est censé maintenir l'ordre partout, etavoir un pourvoir absolu sur la nature ; les miracles ne montrent donc as la puissance de Dieu, mais son incapacité àgarder l'ordre du monde.
Il y a aussi anthropomorphisme, car le dogme est l'ensemble des vérités sur Dieu, desrègles et des lois imposées par un livre saint.
● En réalité, ces règles reflètent l'anthropomorphisme des hommes.
Il ne s'agit pas de vérités révélées parDieu, mais simplement de désirs humains.
Les hommes se sont imaginés ce que Dieu pouvait désirer, vouloir etdemander, et l'ont inscrit comme étant des vérités.
Le rapport à Dieu pour Spinoza doit être plus direct, Dieu n'estpas présent dans les dogmes, mais dans la nature.
C'est en effet ce que montre Spinoza, selon lui, Dieu n'est pas unêtre extérieur et supérieur à la nature, il est la nature, il est cette énergie et cette force créatrice qui est à l'originede la multiplicité et de la force de la nature.
Dieu ne peut pas être cerné par des dogmes, il s'exprime partout.
Lesdogmes ne sont qu'une création humaine, une projection anthropomorphique de Dieu qui n'a aucun rapport avec cequ'il est en réalité.
III/ La religion a besoin de dogmes pour s'affirmer :
● Mais la religion est avant tout un phénomène social, et que serait-elle s'il n'y avait pas de dogme ? Poursavoir si elle peut s'en passer, il suffit de voir quelle est leur utilité, leur but final.
Si on découvre l'utilité desdogmes, alors on saura si ils sont nécessaires ou non pour la religion.
● C'est ce que fait Nietzsche qui remet en question les valeurs véhiculées dans les dogmes.
Selon lui, pourcautionner ou non quelque chose, il faut d'abord examiner la valeur des valeurs, autrement dit, il cherche àconnaître quelle valeur ont les valeurs qui sont imposées par les dogmes.
Pour y parvenir, il suffit de voir qui est àleur origine et quel est le but recherché.
Quel intérêt y avait-il à proclamer un ensemble de vérités ?
● Ceux qui établissent le dogme sont les ecclésiastiques.
Nietzsche explique dans La Généalogie de la morale que le type du prêtre est un homme faible mais extrêmement rusé etintelligent, qui cherche par tous les moyens à se venger de l'homme fort etpuissant qu'il jalouse.
Pour ce faire, il cherche à l'asservir en lui inculquantcertaines valeurs qui l'obligent à se soumettre.
Le dogme est donc pourNietzsche un ensemble de règles dictées par des individus en manque depuissance, cherchant avant tout à dominer ceux qui sont plus forts qu'eux.Une religion sans dogme serait donc une contradiction, puisque le but de lareligion est uniquement d'asservir les hommes, et seuls les hommes faiblesressentent le besoin de se référer à une autorité suprême et protectrice.
SUPPLEMENT: La religion, symptôme de la décadence de Nietzsche L'antéchrist de Nietzsche (1844-1900) a été écrit en 1895.
C'est dans cettepériode de maturité qu'il développe les thèmes de volonté de puissance, desurhomme, de l'éternel retour et du renversement des valeurs.
En effet, lavolonté de puissance est la force créatrice capable d'inventer la vie véritable.Cette oeuvre reflète l'une de ses pensées les plus célèbres, celle de lacritique de la religion.
Nietzsche pense que ce sont les vaincus de la vie (lesesclaves) qui ont inventé ces fausses valeurs vitales pour pouvoir survivredans l'espoir.L'extrait que nous allons déchiffrer, La religion, symptôme de décadence, présente la religion comme un monde de fiction qui doit être réévalué.Nous pourrions nous demander si la religion, plus particulièrement le christianisme, n'est pas source d'espoir mais aucontraire source de démence.
L'Homme vivrait dans un monde bercé d'illusions qui profiterait au plus puissant et nonà l'Homme en tant que tel.Notre approche du texte s'articulera autour de deux parties : premièrement nous étudierons le christianisme commemonde fictif et imaginaire, puis nous analyserons la relation de ce monde avec la réalité sans pour autant qu'il y aitde contact entre eux.
A l'époque de Nietzsche, l'Allemagne était un pays chrétien.
L'auteur prend donc le christianisme comme modèle,démonstration de la religion.
Le christianisme est l'exemple même de la religion et incarne parfaitement les méfaitsque celle-ci peut engendrer.Dés la première phrase, le philosophe sépare le christianisme de la réalité.L'imaginaire est ce qui n'existe que dans l'imagination, qui est sans réalité.
Selon Nietzsche, la religion ne seraitqu'un produit de l'imagination : l'homme s'évade de la réalité et se construit un monde imaginaire.
La religion estdonc un système de croyance renvoyant à un ordre surnaturel, elle suppose une foi, une pratique spécifique et uneperception du monde impliquant une séparation entre profane et sacré.Lorsque Nietzsche parle de la morale, il sous-entend les dogmes (point de doctrine établi ou regardé comme une.
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