Tout savoir sur René DESCARTES...
Publié le 08/07/2009
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René Descartes naît le 31 mars 1596 à La Haye, en Touraine, aujourd'hui commune d'Indre-et-Loire qui porte le simple nom de Descartes. Son père est Conseiller au Parlement de Bretagne ; sa mère meurt en mai 1597. En 1606, il entre au Collège Royal de La Flèche. La Première Partie du Discours de la méthode évoque ses études dans «l'une des plus célèbres écoles d'Europe« : les Jésuites reconnaissent les qualités exceptionnelles de cet élève à la santé fragile ; ils le laissent se lever à son heure et accéder à tous les ouvrages de la bibliothèque. En 1610, Henri IV est assassiné par un fanatique. Son coeur est transféré au Collège. Galilée découvre les satellites de Jupiter. Cette découverte est connue et célébrée à La Flèche. Quittant le Collège en 1614, Descartes étudie à l'Université de Poitiers ; il est reçu bachelier et licencié en Droit. En 1618, il se rend en Hollande et accomplit son instruction militaire dans l'école de Maurice de Nassau, Prince d'Orange, protestant. En fait, il s'agit pour lui de lire «dans le grand livre du monde« et de se mettre à l'épreuve. Il monte à cheval, apprend l'escrime (il écrira un Art de l'escrime), et refuse toute solde. Il fait la connaissance du mathématicien Isaac Beeckman avec qui il s'entretient sur divers problèmes de mathématiques et de physique. Au terme d'un voyage à travers le Danemark, l'Allemagne, la Hongrie, la Pologne, il s'engage dans l'armée du duc de Bavière, catholique ; il assiste au couronnement de l'Empereur Maximilien, à Francfort. La nuit du 10 au 11 novembre 1619, près d'Ulm, il reçoit en songe la révélation d'une «science admirable« fondée sur l'accord entre les mathématiques et les lois de la nature. Il forme le voeu d'un pèlerinage à Lorette, en Italie. Après avoir résilié son engagement militaire (1622) et réglé des affaires de famille en France, il se rend en Italie. A Paris de 1626 à 1628, il mène la vie d'un «homme de qualité«, lit des romans, se bat en duel ; il écrit en latin les Règles pour la direction de l'esprit, inachevées. Le Cardinal de Bérulle, fondateur de l'Oratoire, l'incite à publier sa philosophie. Au printemps 1629, Descartes s'installe en Hollande, où il vivra vingt ans, changeant fréquemment de résidence pour éviter les importuns, mais recevant de nombreuses visites et entretenant une abondante correspondance. Il poursuit ses travaux sur l'algèbre et l'optique géométrique, étudie l'anatomie et la physiologie du corps humain. Sa physique (Traité du Monde suivi du Traité de l'Homme) est achevée en 1633. Mais la condamnation de Galilée par le Saint-Office dissuade Descartes de publier le Traité du Monde. En 1635, il a de sa servante une fille, Francine, qu'il fait baptiser à l'Église réformée et qu'il élève. L'enfant meurt en 1640. Il publie à Leyde, en français et sans nom d'auteur, le Discours de la méthode, suivi d'essais de cette méthode, la Dioptrique, les Météores et la Géométrie (1637). Peu de textes constituent un événement ; celui-ci a été reconnu pour tel : rédigé dans la langue commune, il ne s'adresse pas aux doctes, mais au public des «honnêtes gens« ; l'auteur n'enseigne pas cette méthode, mais retrace les raisons qui l'ont conduit à l'adopter ; ce récit est l'histoire d'un esprit libre, revenant sur ses pensées pour les juger. La publication des Méditations (1641) suscite l'hostilité du Recteur de l'Université d'Utrecht, Voét (Voetius), qui fait interdire l'enseignement de la pensée cartésienne. La Princesse Elisabeth de Bohême, réfugiée à La Haye, a lu les Méditations. C'est le point de départ d'une correspondance avec Descartes sur la morale et les passions. En 1644, Descartes lui dédie un ouvrage latin, les Principes de la Philosophie. Tandis que l'Université de Leyde condamne sa philosophie, Descartes vient à Paris (1647), où il s'entretient avec le jeune Pascal sur la physique. De mai à août 1648, il séjourne de nouveau à Paris, refuse une pension royale et quitte un pays que commencent d'agiter les premiers troubles de la Fronde. La Reine Christine de Suède l'ayant invité dès février 1649, Descartes n'accepte qu'en septembre de prendre la mer. A Paris et Amsterdam paraît le traité Les Passions de l'âme (novembre 1649). Accueilli à Stockholm par l'hostilité des grammairiens qui entourent la reine, Descartes doit composer des vers pour la célébration de la paix de Westphalie (mettant fin à la guerre de Trente ans). L'obligation d'enseigner à cinq heures du matin dans une pièce glacée vient à bout de sa santé. Il meurt le 11 février 1650.

«
autre sorte de géométrie, qui se propose pour questions l'explication des phénomènes de la nature» (A Mersenne, 27juillet 1638).
Pour connaître la nature, il faut cesser d'imaginer en elle des fins et des puissances cachées, maisconsidérer qu'elle n'est constituée que d'espace et de corps matériels.
Découvrant les lois trigonométriques de laréflexion et de la réfraction du rayon lumineux, Descartes étudie les machines construites par l'ingéniosité humaine.Les automates, horloges, fontaines artificielles, moulins produisent des effets stupéfiants pour quiconque en ignorele mécanisme : ainsi le promeneur qui, au jardin de Saint-Germain-en-Laye, entre dans certaines grottes, met enmarche un mécanisme de tuyauterie.
Les automates hydrauliques, auxquels l'ingénieur a donné plaisamment la formed'une Diane ou d'un Neptune, n'exécutent que des mouvements déclenchés dans la machinerie par les pas duvisiteur.
Ces constructions artificielles dépourvues de tout être propre, de toute «intériorité», fournissent auphysicien le modèle d'une connaissance mathématique : la nature n'est pas une déesse, ce que nous en pouvonsconnaître se laisse réduire à des mouvements dans l'étendue homogène du géomètre.
Plan incliné, roue, bielle,engrenages, relèvent de l'explication géométrique et permettent de connaître les effets les plus complexes et lesplus divers.
L'unité de la science sera donc fondée sur l'unité de la raison.
LA FONDATION RADICALE
Le savant sait désormais comment il faut commencer pour progresser ; sait-il pour autant si l'espoir qui le guide estbien fondé ? La réussite des sciences ne constitue pas une réponse capable de satisfaire cette raison à l'oeuvredans la science.
La science n'est plus l'inventaire indéfini de curiosités naturelles, ni la stérile logique formelle.
Maisla mathématique, évidente par elle-même, ne se soucie pas d'objets extérieurs.
La raison s'y trouve comme devantune sorte de fait qui ne donne pas ses justifications ; l'ordre des raisons, substitué à l'ordre des matières, s'arrête àdes évidences dont il ne peut rendre raison.
L'esprit, dont dépend la connaissance de toutes choses, se connaît-illui-même ? Il revient à la métaphysique, ou philosophie première, de poser ce genre de questions : la raison neprend pas son parti de la science, de l'évidence, de l'esprit, comme de faits opaques.
Le souci de rigueur interdit ausavant de se contenter d'une science sans principes.
Il faut donc philosopher, c'est-à-dire fonder la prétention denotre esprit à connaître les choses.
Le savoir n'est pas un savoir par l'objet, mais par l'esprit.
D'où vient à l'esprit lalumière qui l'éclaire ? La science ayant réduit le monde, par une fiction commode, à n'être qu'une vaste machine, ilreste à se demander au nom de quelle assurance nous affirmons qu'il y a quelque chose à connaître.
Ce mondeexiste-t-il ? Cette question, que nul physicien ne se pose, la rigueur l'exige ; est-ce légitimement que le physicienpasse de la connaissance des essences mathématiques à des propositions portant sur ce qui existe ?
L'entreprise métaphysique s'accomplit par la méditation, soin que l'esprit apporte à soi-même.
Le lecteur doit s'yconsacrer pour son propre compte, et les Secondes Réponses l'avertissent : s'il faut peu de temps pour lire laPremière Méditation, ce dont elle traite demande «quelques mois, ou du moins quelques semaines».
Il s'agit d'en finirune fois pour toutes avec l'incertain ; aussi la fondation radicale ne s'en prend-elle pas seulement aux contenus denos connaissances, mais à leurs sources.
Cette fondation radicale passe par le doute.
Pour sortir de l'incertain, ilfaut annuler tout ce qui n'est que douteux ; ce doute volontairement exagéré («hyperbolique») ne résulte pas d'uneinquiétude : toutes les choses familières semblent à leur place, une table, un feu, la sécurité d'une demeure paisible; la négation radicale de toutes mes anciennes pensées procède de la résolution de «commencer tout de nouveaudès les fondements».
Mettant fin à un doute spontanément surgi à mesure que je découvrais mes erreurs, laradicale négation ne s'embarrasse pas de degrés, de ce qu'il y a de plus ou moins sûr dans mes pensées ; nonseulement les connaissances acquises par le sens, mais encore les sciences, en tant qu'elles portent sur des objetsd'expérience composés (astronomie, physique, médecine), sont rejetées comme fausses.
Mais les mathématiques,qui portent sur des essences simples, n'offrent-elles pas une certitude inébranlable ? Parmi mes anciennes opinions,celle selon laquelle il y a un Dieu tout-puissant jette un doute sur cette certitude des mathématiques : ne metrompe-t-il pas dans l'exercice même des mathématiques ? Que je répugne à croire cela, ou que je préfère nierl'existence de Dieu pour fonder la rationalité sur elle-même, ne me permet pas de sortir de l'incertain.
Je dois doncforger une fiction pour prévenir le retour de mes anciennes opinions et de la confiance que l'habitude me porte à leuraccorder.
L'hypothèse d'un malin génie, tout puissant et trompeur, œuvre de la volonté de douter, va renforcercette volonté en lui rendant l'initiative ; tout sera supposé faux et même factice, univers de trucages : mesconnaissances, les choses extérieures, mais aussi moi-même, mon être.Cependant, s'il me trompe en tout, le grand trompeur reste impuissant à me tromper sur un point : qu'il me trompetant qu'il voudra, il ne pourra faire que je ne sois pas, moi qui tiens pour fausses toutes mes pensées.
Ce que jepense peut bien être faux, il n'en reste pas moins que je pense lorsque je doute, et que, par là-même, je suis assuréd'être.
Douterais-je même que je doute, je serais assuré d'être une «chose qui pense» ; je sais maintenant que jesuis, et ce que je suis.
Mais je ne sais encore que cela : dès que j'examine une des pensées par lesquelles je croisconnaître quelque chose hors de moi, un morceau de cire, par exemple, je m'aperçois que c'est par un acte de monesprit, un jugement.
«Inspection de l'esprit», et non vision des yeux, cette connaissance des choses renvoie à lapréalable conscience de soi.
Passant en revue mes pensées, j'y trouve toujours l'acte de penser.
Toutefois parmi ces pensées, il en est une quine peut tenir son origine des choses rencontrées dans l'expérience ; je ne puis, non plus, en être l'auteur ;les expériences sont relatives à des êtres limités, et les fictions se composent à partir du fini.
C'est l'idée d'Infini, oude plénitude.
Cette idée n'est pas la négation de ce qui est fini qu'exprimerait le préfixe privatif (in-fini) : tout aucontraire, c'est sur fond d'Infini, d'être, que je perçois le fini, la limitation, le manque.
Je me découvre sujet à.
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