SPINOZA, Traité des autorités théologiques et politiques, chapitre XVI
Publié le 22/04/2010
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"Il est extrêmement rare que les souveraines Puissances donnent des ordres d'une extrême absurdité..."
- Le thème : L'autorité politique et la liberté individuelle.
- La thèse : La paix, finalité de l'État, est garantie par l'exercice rationnel du pouvoir et l'obéissance à l'autorité qui constitue la véritable liberté.
- Les enjeux : Le texte pose la question de la nature du pouvoir, des rapports entre gouvernants et gouvernés.
- La structure : Le premier mouvement du texte montre que le pouvoir politique doit gouverner rationnellement en vue de la finalité de l'État (« Il est extrêmement rare... s'écroulerait «). Le second mouvement du texte indique que les sujets sont libres lorsqu'ils obéissent à l'autorité (« Mais seule... la raison «).

«
Transition : Mais une telle rationalité pose problème.
N'est-ce pas accorder une confiance excessive à l'autorité politique ? Les pouvoirs doivent-ils être confondus ? Si la raison doit régner en politique, de quelle raison s'agit-il ?
Deuxième partie
Quel type de rationalité, pour quel pouvoir ?
La confusion du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif laisse entrevoir une possibilité de totalitarisme, de tyrannie.Pour que ce rationalisme étatique soit au-dessus de tout soupçon, il faudrait que la souveraine puissance le soitaussi.
C'est accorder aux dirigeants une confiance excessive.
S'il ne s'agit pas de mettre en cause la rationalité,c'est plutôt le type de rationalité et le mode du pouvoir qu'il faut interroger.Montesquieu prône une séparation des pouvoirs afin que l'un puisse contrôler l'autre.
On peut retrouver la mêmeidée chez Alain ou Tocqueville.
Mais ce partage du pouvoir, ce contrôle de la rationalité, présuppose que leshommes soient sortis de leur « état de minorité » (état de dépendance) par l'éducation telle que la pense Kant.
Ilfaut que l'ensemble des sujets soient éduqués à reconnaître l'intérêt général, ce sera le ou les projets des Lumières.De la même manière que le pouvoir politique se pensera différemment, la liberté se concevra autrement.La nécessité de porter les décisions sur la place publique afin qu'elles soient discutées réclame une raison mais d'unautre type.
C'est une raison critique et nous pouvons envisager la distinction kantienne, entre l'usage privé de laraison qui implique obéissance au pouvoir politique et l'usage public de la raison qui est participation à la chosepublique par une discussion rationnelle sur tous les problèmes d'un État.
C'est une autre manière de dire quel'obéissance et la résistance sont les deux vertus du citoyen comme le pense Main.
Mais ici les sujets sont devenusdes citoyens.
Conclusion
Si la paix est la finalité de l'État, on ne peut l'obtenir, sans prendre le risque de la tyrannie, par un rationalismedogmatique et une concentration des pouvoirs.
La liberté politique doit être au coeur de la préoccupation de toutpouvoir politique.
L'éducation à la raison doit avoir comme horizon une participation active des citoyens..
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