Devoir de Philosophie

Sartre, l'Être et le Néant: extrait de la deuxième partie du livre, et plus précisément dans le chapitre 2 nommé « La temporalité ».

Publié le 26/03/2025

Extrait du document

« Le temps est une thématique qui a beaucoup fait débat entre de nombreux philosophes tels que Bergson ou encore Heidegger.

En effet la vision que l’Homme a du temps a toujours été très ambivalente, entre une représentation à la fois assez négative du temps qui passe sans s’arrêter mais aussi une autre, plutôt positive d’un temps qui permet la vie et le mouvement.

Ainsi, Sartre, un philosophe du XXème siècle, s’inscrit, avec son œuvre L’Etre et le néant, dans une réflexion déjà bien développée sur le temps.

Le passage que nous allons étudier est extrait de la deuxième partie du livre, et plus précisément dans le chapitre 2 nommé « La temporalité ». A priori, on pourrait penser que le temps est une entité qui s’écoule en une succession d’instants liés les uns aux autres sans jamais discontinuer. En effet lorsque nous assistons à un cours d’une heure, nous sentons qu’il défile en un seul mouvement et non pas en une infinité d’instants séparés les uns des autres.

Pourtant, que penser d’un temps continu alors que l’homme a, par lui-même, choisi de découper le temps et de le définir comme une succession de nombres d’unités différentes comme les secondes, les minutes, les heures jusqu’aux années ? C’est pourquoi, avec Sartre, nous pouvons nous demander : le temps se définit-il seulement comme une infinité d’instants qui ne communiquent pas ? Ou est-il au contraire insécable, et unique ? Mais comment expliquer l’existence de notre monde, fait d’éléments uniques et immuables et d’autres évolutifs, le cas échéant ? A cela, l’auteur répond que le temps est découpé en une infinité d’avant et d’après, des instants.

Pour lui, les instants ne communiquent pas entre eux, mais ne sont séparés par rien.

Nous verrons donc tout d’abord l’explication de Sartre sur la fragmentation temporelle située [de « D’une façon générale » jusqu’à « l’intérieur de sa propre forme »], puis, nous étudierons les limites de cette division pour tenter d’expliquer l’existence du monde [de « L’instant est insécable et intemporel » jusqu’à « des permanences dans le temps »]. Dans un premier temps [de « D’une façon générale » jusqu’à « l’intérieur de sa propre forme »], Sartre soulève la question du découpage du temps.

En effet, il montre la façon dont, dans son quotidien même, l’homme a décidé d’un découpage unique du temps. Tout d’abord nous pouvons voir que l’auteur tient à caractériser le temps et à en donner une définition générale.

En effet Sartre explique que toute créature est nécessairement, c’est à dire qu’elle ne peut pas ne pas être, déchirée en « une dispersion infinie d’après qui se succèdent », à savoir, le fait qu’une très infime partie de moi-même se retrouve piégée dans l’instant alors que l’autre partie accède à l’instant suivant, causant la sensation d’écartèlement décrite par Sartre.

Le temps peut donc se définir comme une succession inarrêtable d’instants.

De plus, l’auteur insiste sur l’ambivalence entre les éléments « permanents », inertes donc, et ceux qui sont au contraire en mouvement – « je change » -.

Pourtant, tous les constituants du monde subissent sans distinction cette fragmentation temporelle.

Sartre prend en exemple une table comme « permanent » mais un ordinateur convient tout autant à cette catégorie.

En effet, le temps va entrainer un changement de l’ordinateur, plutôt négatif, qui finira par être inutilisable.

La dualité des éléments quant à leur nature n’est donc pas un critère modifiant la façon dont on subit le temps. De plus, Sartre expose par la suite, la vision que l’homme possède du temps, à la fois plutôt négative comme celle d’un temps qui passe sans jamais discontinuer et qui est un rappel constant de notre contingence, mais aussi celle d’un temps qui constitue le fondement de notre vie.

Selon l’auteur, le temps me sépare de ce que je suis, car je suis « écartelé » entre le passé et le futur.

C’est le temps qui cause cette sensation, comme nous l’avons dit précédemment, et qui me force à laisser dans chaque instant une partie du Moi.

Ainsi, l’homme est constamment séparé « de ce [qu’il a] été », c’est à dire de la personne qu’il était dans le passé mais aussi « de ce [qu’il] veut être, car après tout le futur n’est pas encore présent.

C’est cette conception du temps qui nous apparait de façon très négative.

C’est malgré tout le temps qui se trouve « choisi » comme unité plus significative de la distance.

C’est l’homme lui-même qui a décidé de ce découpage, utilisé notamment pour exprimer, comme le dit l’auteur, le temps nécessaire pour faire une tâche ou un trajet.

Par exemple, un jeune étudiant s’organise dans ses révisions en fonction du temps qu’il lui faut pour exécuter la tâche et va donc commencer à réviser une semaine avant le devoir.

Mais si le devoir en question étais plus rapide, il s’y attèlerait que deux jours avant.

Cette unité qu’est le temps possède donc un réel sens pour l’homme qui l’utilise dans tous les domaines de sa vie. Enfin, Sartre dépeint sa représentation de la fragmentation temporelle qui vient s’inscrire dans le contexte de la vision humaine du temps décrite plus tôt dans l’explication du texte.

En effet, il découle du fait que le temps soit la « mesure pratique de la distance », que la façon temporelle d’appréhender ce qui nous entoure peut-être perçue comme un « émiettement d’avant et d’après » infini.

En effet le temps a été défini comme une dispersion infinie d’après, donc à l’échelle de la terre, le temps vécu par les hommes et leur monde ne représente qu’une poussière d’instants.

Sartre défini ensuite « l’unité de cet émiettement », qu’il nomme instant et qui représente la façon dont le temps est découpé.

Les instants sont successifs et forment un passé et un futur.

Ils ne possèdent pas « d’avant » ou « d’après » d’où le fait qu’ils puissent former, selon Sartre, une unité temporelle.

Le philosophe défini même l’instant comme un « atome temporel », percevable analogiquement à un atome physique, soit un constituant de la base du temps.

Par exemple, une montre ou encore une horloge est un outil pour que l’homme puisse séparer le temps et qu’il puisse donc s’appuyer dessus pour organiser sa vie.

Bergson, philosophe français, s’oppose à cette façon de percevoir le temps.

Il distingue, en effet, le temps objectif des horloges, une commodité sociale, du temps subjectif intérieur, la durée, qui correspond au temps ressenti par l’homme.

Ainsi, il considère que l’homme vit dans le temps long, le temps de la mémoire, opposé au temps mesuré défendu par Sartre. Ainsi, l’auteur de L’Être et le Néant présente le temps comme une fraction d’instants qui se suivent et dont l’homme se sert tout au long de sa vie pour donner sens aux dimensions de l’espace.

Mais comment expliquer la continuité du temps alors qu’il est.... »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles