Que faire des croyances héritées de l'enfance ? ?
Publié le 11/11/2009
Extrait du document
Thèmes : Afin de clarifier la structure problématique de l’énoncé, deux notions doivent être analysées en tant qu’elles en constituent les thèmes principaux. (i) L’héritage : cette notion peut se définir par l’état dans lequel se trouve le légataire à l’endroit de ce dont il n’est pas l’origine. L’héritier n’hérite pas ce dont il est lui-même la cause, le géniteur. L’héritage suppose, et cela va de soi, un ordre de précession temporelle. L’état d’héritier suppose quant à lui l’acceptation du patrimoine légué (on peut en effet refuser un héritage). (ii) Les croyances (de l’enfance) : en un sens négatif, on peut définir la croyance comme portant sur ce que l’on ne sait pas, que l’on ne veut pas savoir, ou encore sur ce que l’on ne peut savoir. La croyance consiste donc pour partie dans un acte d’acceptation de contenu de pensée extérieur qui s’impose sur le mode catégorique de l’autorité. On ne peut questionner, ou plutôt on ne doit questionner ce que l’on croit, car sinon déjà on ne croit plus. La croyance implique ainsi en quelque sorte une posture de passivité à l’endroit du contenu de connaissance transmis, passivité qui indique l’état de limitation dans lequel se trouve le croyant à l’endroit de la connaissance (n.b. nous ne parlons pas ici forcément de foi, mais de l’acte de croyance comme attitude gnoséologique générale). Et c’est dans cette posture de passivité à l’endroit du transmis qu’il y a lieu de parler d’héritage.
L’acte de la croyance héritée est ainsi celui d’une réception de quelque chose dont la provenance est extérieure au sujet et qui en quelque sorte, dans le cas de la croyance, dépasse les limites qu’il accepte de s’imposer, c’est-à-dire qui excède la finitude qu’il s’attribue. Dans le cas de l’enfance, l’état de finitude étant évidemment constatable, la croyance peut à plus forte raison consister dans une posture de soumission à l’endroit de l’autorité. Les croyances de l’enfance sont ainsi ce que excède l’état et le pouvoir de connaissance de l’enfant (noter que jusqu’à l’Emile de Rousseau, l’age de l’enfance a constamment été considéré sur le mode privatif : l’enfance est celui qui n’est pas encore homme – il n’y a pas là de place pour l’innocence créatrice nietzschéenne).
Problème : Maintenant que nous avons caractérisé l’héritage des croyances de l’enfance comme l’état de passivité réceptif (contenus de pensée étranger imposés par autorité) d’une période qui nous – sujets pensants – a précédé (une fois l’age de la maturité atteint), posons donc la question de l’usage et de l’utilité présente d’un tel legs. Usage et utilité recoupent ici la polysémie du verbe “ faire ” employé par l’énoncé. Cette ambivalence structure les deux enjeux de notre développement : quel est l’usage des croyances de l’enfance ? quelle en est l’utilité ? La réponse apportée à ces question permettra incidemment de répondre à la question de leur légitimité.
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