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Piero della Francesca

Publié le 26/02/2010

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Peintre, né à Borgo San Sepolcro vers 1416, décédé dans la même ville en 1492. Sa première oeuvre documentée et aujourd'hui disparue, est un cycle de fresques exécutées en 1439 dans le choeur de Sant'Egidio à Florence, sous la direction de Veneziano. Quelques années plus tard, la confrérie de la Miséricorde de sa ville natale lui commande un polyptyque de la Vierge de la miséricorde, dont les volumes, les contrastes d'ombre et de lumière révèlent l'influence de ses expériences florentines. Travaillant à Ferrare, puis au temple de Malatesta à Rimini, il se rend à Arezzo en 1452 et y exécute L'Histoire de la vraie croix, son oeuvre majeure. Après 1459, il partage son temps entre Borgo, Arezzo et Urbino, peignant entre autres, La Flagellation (vers 1460, Urbino) et La Résurrection du Christ (vers 1460, San Sepolcro). Ses oeuvres témoignent d'une grande connaissance des tableaux flamands ainsi que d'une sensibilité particulière à la richesse des teintes et aux effets de lumière. Elles figurent parmi les plus importantes de l'art italien du XVe siècle, et représentent la plus belle synthèse des recherches florentines sur l'espace et la perspective.

« ouvert à son ambition et à sa soif d'affirmations physiques et spirituelles.

Masaccio lançait dans la terre nouvelle etretrouvée de l'art ses figures tourmentées par l'effet des préoccupations plastiques, formes dramatiques d'argileemportée, frémissantes d'une vie encore inconnue, et Brunellesco lançait dans le ciel la coupole ambitieuse quidevait ravir aux anciens le secret des espaces mesurés en dimensions d'une sublime harmonie ; Donatello, dans safougue créatrice, voulait tout posséder, la perfection classique avec la nature terriblement vraie et exaspérémentplastique.

Piero vit et comprit l'exubérante passion de la mathématique avec laquelle ces rythmes et ces valeursnouveaux étaient lancés comme un défi à un espace encore inconnu et inhumain que l'on voulait conquérir, dompteret posséder en le supprimant et le cor-rompant avec la vigueur typique de ce temps. Et, d'autre part, sa sensibilité placide et attentive lui permit de saisir la douceur des harmonies déployées par FraAngelico dans l'écriture fleurie de ses fables célestes, ainsi que le souffle, précurseur de brillants renouvellements,qui, à la manière de Masolino, transformait le souvenir des élégances siennoises et des douces cadences médiévalesen une promesse encore en herbe, mais certaine.

C'est de ces éléments, qui annoncent de loin les visionsfabuleuses de Paolo Uccello, chez qui la vision semble se cristalliser en des harmonies héraldiques à la limite del'humain, que Piero s'inspira dans son impétueuse conquête de l'espace animé jusque dans les plus subtilespulsations chromatiques, portant à la plus haute expression lyrique l'intime amour de Domenico pour les lumièresnettes et omniprésentes, sous une perspective qui fut absolument sienne et nouvelle, non seulement physique, maisacrienne et atmosphérique, extraordinairement lyrique, où tout le visible devait se résoudre en l'unique orchestrationdes couleurs, pour la plus haute félicité du contemplateur. C'est par cela qu'il se distingue de tous les peintres de la première Renaissance : de Masaccio, en exprimant dansl'espace une même vie jusqu'alors limitée aux figures et aux volumes ; d'Uccello, en transformant le clair-obscurabstrait en un clair-obscur coloré aux tons harmonieux ; de ces deux puissants visionnaires, en fondant dans lacouleur la perspective théorique et géométrique de Paolo avec l'excessive puissance volumétrique de Masaccio.

Lalumière de Piero a une plénitude solaire, universelle, qui vivifie corps et contours jusque dans les ombres où lacouleur se module sans perdre son éclat, en ces secrètes harmonies que seuls les Flamands osèrent demander à lapalette de leurs grands peintres. Ces qualités remplissent d'admiration celui qui regarde une des premières oeuvres que la critique lui attribue, leBaptême du Christ (Londres, National Gallery) de 1440-1445 ; au delà d'une évidente parenté aussi bien avecMasolino qu'avec Domenico, Piero fait le premier pas vers sa conquête personnelle de la lumière et de la perspective,touchant avec l'émerveillement d'un néophyte les corps et les arbres, les eaux, le ciel et les lointains animés dedouces et sereines vibrations, d'un pinceau net et sûr qui saisit l'essence la plus intime des formes, dans uneextatique et pure simplicité.

La profondeur de l'espace nouveau et plus vrai découvert par la Renais-sance se révèleet se dévoile, et Piero en est l'annonciateur sévère et solennel. Outre cette très douce vision de lumières limpides et heureuses dans l'architecture de Piero où les arbres, les corpset les collines sont des mesures architectoniques, créatrices de rythmes et de registres musicaux pour les harmoniesde la couleur et des apparences, il y aura plus tard (Flagellation du Christ, Urbin, Pinacothèque) les vraies colonnes,les arches, les miroirs des portes et les échiquiers du sol. La sûreté de son génie éclate d'ailleurs une fois de plus dans les parties autographes du polyptyque de laMiséricorde (Galerie de San Sepolcro), dans lequel le peintre a signé les pages autobiographiques de son évolution,depuis le Saint Sébastien (1445) inspiré de Masaccio jusqu'à sa maturité complète dans la puissante scène centralede la Vierge qui rassemble les fidèles dans son ample manteau comme dans une architecture sublimée. Voici maintenant les années du Saint Jérome (Galerie de Venise), portrait serein de la sagesse dans lequel nousvoudrions, s'il est permis, voir une espèce d'autoportrait moral du peintre, si nous lisons bien le sens de sa positiondans le paysage et du bon regard de l'homme distrait de son profond colloque avec la nature des choses.

C'est unemanière semblable que nous retrouvons dans la fresque de Rimini, de 1451, qui représente Sigismond Malatestapriant devant son saint patron (Tempio Malatestiano) et dans laquelle la nouveauté, la laïcité bien de l'époqueRenaissance du seigneur en face de son débonnaire patron, pourrait nous entraîner dans de longues considérationssur les conceptions de Piero en face du monde et de son ordre retrouvé. Mais le manque de place nous oblige à nous borner au domaine strict de la peinture et à ne pas nous attarder auxsignifications artistiques des oeuvres citées, qui témoignent de la présence de Piero aux cours d'Urbin, où, avecAlberti et Laurana, il prépare la venue des nouveaux destins de l'art italien, et de Rimini, où il affirme à nouveau sonamitié pour le même Alberti dans le temple conçu par lui.

Et nous pourrions encore retracer bien plus longuement sesrelations durant son séjour à la cour de Ferrare, son contact avec Mantegna, et ses admirateurs passionnés, telsque Cossa et Tura. Nous devons, au contraire, arriver rapidement au merveilleux triomphe de la lumière considérée comme révélatrice dumonde dans ses aspects les plus secrets et les plus intimes, aux Scènes de la vraie croix, à Saint-François d'Arezzo. Ce cycle puissant, commencé probablement en 1452, peu après la mort du médiocre peintre qui avait presqueachevé la voûte, et que les témoignages de l'époque disent avoir été terminé en 1466, se place dans la période dela maturité artistique de Piero, telle qu'on la retrouve dans la Sainte Marie-Madeleine du dôme d'Arezzo, quis'épanouira plus tard dans le diptyque sublime des Ducs d'Urbin (Offices), dans le polyptyque de Pérouse, et quiannonce, dans ses oeuvres les plus authentiques, la puissance épique et lyrique associée à la science de la. »

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