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PASCAL ET SON ÉPOQUE

Publié le 04/04/2011

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   Après un Moyen âge que l'on juge barbare et un XVIe siècle qui effraie par sa luxuriance, sa puissance désordonnée et aussi par son paganisme, le XVIIe siècle s'efforce d'organiser l'héritage du passé. Dans tous les domaines : politique, religieux, littéraire, scientifique et social, la même tendance se manifeste, pour s'épanouir après 1660 dans l'éclat du règne de Louis XIV.    Mais cette mise en ordre ne va pas sans résistances et, parfois, la naissance d'idées nouvelles vient rendre encore plus difficile cette recherche de l'équilibre.    Progressivement s'affermit le régime de la monarchie absolue.   

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« curiosité.

Mais le XVIIe s'aperçoit que dans bien des domaines cette autorité, jusque-là si respectée, n'apporte quedes solutions décevantes.

Il faut donc chercher ailleurs la clef de la vérité et à partir de 1620 (date du NovumOrganum de Bacon), les traités se multiplient, le plus célèbre, en France, étant le Discours de la Méthode deDescartes (1637). Mais l'esprit de libre examen, qui appuie ses recherches sur la raison et l'expérience, rencontre des adversairesacharnés.

Même dans le domaine de la physique et dans celui de la médecine, nombreux et violents sont ceux quirefusent de mettre en doute la parole des anciens et de regarder les faits qui viennent la démentir.

Molière nous alaissé quelques caricatures célèbres de médecins, férus d'Aristote2 et donnant tort à leurs malades quand ils avaientl'audace de mourir en dépit des anciens. Enfin, entre 1630 et 1660, le monde va connaître une profonde transformation. Descartes dans son Traité des Passions (1649), Corneille dans son théâtre définissent et représentent le généreuxqui a été l'idéal de leur génération.

Energique, maître de lui, réglant ses passions d'après sa volonté, persuadé qu'ilsuffit pour réaliser son devoir d'en avoir la claire vision, soucieux de sa « gloire », le héros généreux se distingue trèsnettement des autres hommes. Mais bientôt, cet idéal se démode et ce généreux trop rude, et aussi trop voyant, fait place à l'honnête homme,personnage agréable, d'une élégance discrète et d'un goût parfait, ne se piquant de rien, mais capable de parler detout avec la même aisance.

Montaigne en avait esquissé le modèle; le XVIIe siècle va le réaliser. Pourtant vers 1650 on hésite; les princes et les princesses qui se révoltent contre « le » Mazarin, recherchent lagénérosité, tandis que Miton et le chevalier de Méré, que Pascal rencontre en 1652, réalisent à la perfectionl'honnêteté. Pascal a été le témoin de cette période confuse, durant laquelle un monde nouveau s'élaborait.

Mais il n'en est pasresté un témoin indifférent.

Plus qu'aucun autre écrivain classique peut-être, il a été d'abord de son époque. Sa famille a souffert de la politique financière de Richelieu.

Il a connu la Normandie encore troublée par le souvenirdes révoltes récentes.

Il a vu la Fronde à Paris et la guerre civile, qui lui paraîtra toujours le plus grand des maux.

Ila réfléchi sur l'organisation de la société, sur la légitimité du pouvoir royal, et la section V des Pensées (éditionBrunschvicg) nous livre quelques-unes de ses idées politiques. Chrétien de tradition, deux « conversions » lui permettront d'approfondir sa foi, qui deviendra de plus en plusardente.

Sa sœur Jacqueline entre à Port-Royal, et il passe lui-même une partie de sa vie à l'ombre de l'austèremaison.

Quand éclate la querelle qui oppose les Jésuites aux Jansénistes, il écrit les Provinciales pour défendre cesderniers.

Enfin il consacre ses - dernières années à la préparation d'une apologie de la religion chrétienne, destinée àconvertir les libertins. Ecrivain remarquable, il a longuement médité sur son art; d'autre part, un séjour dans le « monde » lui a faitconnaître l'homme tout entier.

Il n'ignore rien des passions qui l'agitent et il sait aussi admirablement ce qu'estl'honnêteté. Est-il nécessaire de parler de ses travaux scientifiques? Il fréquente les cercles où se réunissent les savants de sontemps et reçoit deux visites de Descartes, il correspond avec les plus célèbres de ses contemporains, il participe àleurs querelles (sur le problème du vide), il organise des concours (sur le problème de la cycloïde — qu'il appelle laroulette), enfin il étudie les questions de méthode, définit l'esprit de géométrie et nous dit, à propos du vide, ce qu'ilfaut penser de l'autorité des anciens. Mais, s'il est pleinement de son époque, Pascal est aussi un précurseur, car, dans tous les débats auxquels ilparticipe, il soutient le point de vue que la postérité a adopté : • les philosophes du XVIIIe siècle reprendront, avec des intentions différentes, il est vrai, sa critique de la société ;• sa méthode d'apologie reste encore aujourd'hui une des formes maîtresses de l'apologétique chrétienne; • avant Boileau, il définit l'idéal classique et l'influence de son style se fait profondément sentir dans l'évolution denotre langue; • la génération qui vient après lui n'ajoute rien à sa définition de l'honnêteté; • enfin les découvertes scientifiques depuis le XVIIe siècle ont confirmé l'exactitude de ses travaux et la justesse desa pensée.. »

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