« Nul ne peut prendre son mourir à autrui. » HEIDEGGER
Publié le 14/04/2012
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...

«
LA CONSCIENCE FACE À SON AUTRE
subjectivité.
L'intersubjectivité est un monde de significations en commun, de projets, d'affec
tivité,
elle est ce " tissu " qui se constitue dans l'échange et le partage- que ce soit sur les
modes du simple calcul pragmatique, de l'amitié, de l'amour ou même de l'agressivité.
2.
La mort est un événement propre à chaque sujet
La représentation de l'autre s'inscrit donc dans une perspective de reconnaissance de l'autre.
Comprendre l'autre, c'est entrer en " sympathie " avec lui, ,, se mettre à sa place ,, .
Or Heidegger
juge
'' incontestable ,, la possibilité, dans certains domaines, d'une telle représentation d'un Dasein
par
un autre.
Mais il y apporte une limite absolue pour ce qui concerne le '' mourir''· La mort,
comme événement
qui m'est propre, m'est absolument propre, elle ne peut être l'objet ni d'un par
tage,
ni d'un échange ou d'une substitution ; elle est ce à l'occasion de quoi refait surface la soli
tude absolue.
Personne ne peut ,, se mettre à ma place ,, dans mon face-à-face avec la mort.
3.
Si nous ne pouvons effectivement " vivre " notre mort, nous pouvons au moins l'anticiper
Il faut se garder d'un contresens sur ce que Heidegger désigne, tout au long de ce texte, par
'' mourir ''· Il ne s'agit évidemment pas de l'événement lui-même, plus ou moins bien défini
par
le biologiste, qui met un terme à la vie.
Ce " mourir >>-là, personne, pas plus moi-même
qu'un autre, ne peut
ni l'éprouver ni se le représenter adéquatement.
Il est en effet ce par quoi
se voit
annihilée la possibilité même d'une expérience et d'une représentation.
De quoi s'agit
il alors ? De l'attente de la mort bien sûr, de la certitude qui s'y attache, quoique par simple
analogie
entre moi et les autres mortels.
La" venue à la fin du Dasein ",selon Heidegger, est
une
'' possibilité d'être ''· Elle est donc bien vécue par chaque Dasein, mais comme ce qui
peut
lui arriver, et non comme ce qui lui arrive effectivement (car au moment de la mort effec
tive,
il n'est plus question, précisément, de '' vivre ,, quoi que ce soit).
4.
Les limites de l'intersubjectivité : nul ne peut mourir à ma place
Cette précision est
essentielle, elle éclaire la question du sacrifice pour autrui, en montrant que
cette substitution (je meurs pour
,, éviter ,, à l'autre de mourir) ne concerne en rien le ,, mou
rir
,, propre du Dasein, et ne le décharge en aucune façon de cette tâche.
Il y a certes des
aspects de
l'existence d'autrui dont je puis me charger, dont je puis le dispenser par mes sacri
fices.
Je peux
vivre certaines choses à sa place, et porter ainsi à son comble la compréhension
et
la sympathie, la superposition de nos projets et de nos intentionnalités.
Mais que se passe
t-il lorsque, par exemple en voulant protéger un ami lors d'une agression, je reçois le coup fatal
à sa place ? Je lui évite cette mort précisément, mais évidemment non d'avoir à mourir un jour
ou l'autre.
Or c'est cela, si l'on en croit Heidegger, qui est essentiel et qui fait sens dans la mort.
5.
La mort comme ma possibilité essentielle
Le mourir qui me ,, concerne " n'a donc rien à voir avec un événement descriptible, datable
et sltoable.
Cel"l-cl pe"t êt'e P'êcoce o" ta,dlf, glmle"' o" aoooyme, Uaglq"e oo 'Id le" le ; cela~~~~.
»
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