l'inconscient n'est-il qu'une conscience obscurcie ?
Publié le 17/01/2022
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Freud qualifie de préconscients les souvenirs et les pensées, qui sonttemporairement absents de la conscience niais qui peuvent revenir à toutmoment à la conscience.
Et il le fait pour les distinguer des contenus qui sontvéritablement inconscients.
Un peu dans la continuité de Leibniz, Bergson soutient, dans "Matière etmémoire", que la conscience n'est pas tout notre psychisme.
Elle a surtoutpour rôle « de présider à l'action et d'éclairer un choix ».
C'est pourquoi elleprojette sa lumière « sur les antécédents immédiats de la décision et sur toutceux des souvenirs passés qui peuvent s'organiser utilement avec eux ».
Lereste demeure dans l'ombre.
Bergson reconnaît donc qu'il y a des étatspsychologiques (des souvenirs, des pensées) qui continuent d'exister sanspour autant être conscients.
Mais si ces états sont impuissants à s'actualiser,c'est parce qu'ils ne sont pas utiles à notre présent.
Ils peuvent donc à toutmoment, en fonction de nos besoins, redevenir conscients.
L'inconscient comme conscience obscurcie
Alain , professeur de philosophie, journaliste, écrivain se consacre à la diffusion d'une pensée rationaliste qui réfute les courants à la mode au profitde la « grande philosophie » traditionnelle, représentée, selon lui, par Platon , Descartes , Hegel , Comte .
Il considère la philosophie comme un instrument de libération où l'esprit maîtrise l'imagination et les désordres de la passion.
Cette victoire de la raison, qui esttoujours à recommencer, passe par la soumission du corps et le rejet des inerties « qui, si on n'y prend garde, prennent le masque de la pensée. »
Aussi Alain refuse-t-il, chaque fois qu'il a à s'exprimer sur ce point, la croyance à l'inconscient.
Dans « Eléments de philosophie », il écrit : « L'inconscient est une méprise sur le moi, c'est une idolâtrie du corps.
On a peur de l'inconscient ; là se trouve logée la faute capitale.
Un autre moi me conduit qui me connaît et que jeconnais mal.
L'hérédité est un fantôme du même genre. » (Livre II, chapitre XVI).
Ici la formule est empreinte d'une certaine réserve, mais souvent la dénonciation est beaucoup plusviolente.
Ainsi, dans son « Histoire de mes pensées », il écrit : « J'allais ainsi contre le plus fort préjugé des temps modernes ; et de toute façon je devais être jugé sévèrement par tous les docteurs, du moment que jen'adorais pas à quatre pattes l'inconscient, le subconscient, le seuil de conscience, et d'autres articles de laphilosophie simiesque .
»
En tout cas, elle est de principe : « Dans les disputes sur l'inconscient, où, contre toutes les autorités établies et reconnues, je ne cède js un pouce de terrain » (« Sentiments, Passions et Signes »).
Ce n'est certes pas, on s'en doute qu‘ Alain ignore tout de Freud (pour l'inconscient psychique), ou de Darwin (Pour les lois de l'hérédité).
« Qu'un mécanisme semblable à l'instinct des bêtes nous fasse souvent parler et agir, et par suite penser, cela est connu et hors de discussion » (« Sentiments, Passions et Signes »).
On ne peut pas dire non plus qu' Alain n'ait pas un moment essayé de comprendre cette doctrine : « Ne cherchez jamais à quoi pense un foi, mais plutôt observez comment un dérangement mécanique produit des signes qui n'ont pas desens [...].
Je pensais à ces choses comme je lisais la « Psychanalyse de Freud ; ce n'est qu'un art de deviner ce quin'est point » (« Propos », « Signes ambigus », 17 juillet 1922).
Ou encore dans un « Propos » antérieur : « Cette idée de l'inconscient, tant vantée et si bien vendue, je n'en fais rien ; [...] quand j'ai voulu en user, afin de me mettre à la mode, elle n'a rien saisi de l'homme, ni rienéclairé » (« Fantômes », 23 septembre 1921).
Il s'agit, pour Alain , de quelque chose de plus qu'une simple question de mots.
Il estime qu'on ne peut aucunement, à partir des doctrines sur l'inconscient ou l'hérédité, fonder une quelconque morale : « Le public comme les auteurs n'ont point coutume de dire conscience morale ; ils disent conscience, et tout est dit », ou encore, « J'étais aidé par la langue commune, qui n'admet point d'autre sens du mot conscience que celui qui implique le jugement moral. » ( Alain , « Histoire de mes pensées « ).
Au contraire, lorsque Freud parle d'inconscient, il le fait en référence à la conscience psychologique, et pas du tout par rapport à la consciencemorale.
Certes la conscience est toujours double, car la conscience oppose toujours ce qui devrait être à ce quiest.
« La conscience suppose une séparation de moi d'avec moi, en même temps qu'une reprise de ce qu'on juge insuffisant, qu'il faut pourtant sauver. » Il s'agit là, comme le dit Alain , d'une « conception héroïque de la morale », qui explique parfaitement que l'inconscient ne soit alors conçu que comme « une conscience subalterne, errante et séparé », à proprement parler comme quelque chose d'inintéressant, sinon d'impossible.
Ce qui est en jeu, pour Alain , c'est un conflit sans cesse recommencé entre les passions (l'inconscient) et la raison (le conscient), ou, plus simplement encore, entre le corps et l'esprit.
Les partisans de l'inconscient.
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