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L'hylémorphisme

Publié le 13/06/2012

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Ainsi découvrons-nous la racine du devenir ou, si l'on veut, sa forme la plus fondamentale : la temporalité. Si nous cherchons ce qu'elle impliqué, nous dirons que le devenir temporel exclut que l'être soumis au devenir soit simple, puisque ce qui est simple est nécessairement et constamment tout ce qu'il est, - ou bien n'est pas. Un être en devenir est donc composé. - Quelle est, maintenant, la nature de ce composé ? Ce n'est évidemment pas un composé accidentel, c'est-à-dire formé de deux êtres complets, liés du dehors, car c'est le même être qui est et qui devient. Il s'agit donc d'une composition métaphysique, c'est-à-dire résultant de l'union de deux principes d'être, formant par leur union un seul être, complexe, mais un.

« C'est PLATON qui le premier donna une forme intelligible aux intuitions confuses du sens commun, en montrant que les principes des corps sont, non pas eux-mêmes des corps (comme l'imaginaient les IoNIENs), ni des nombres (comme le pensaient les PYTHAGORI­ CIENs), mais des réalités métaphysiques, qu'il appela matière et forme.- Cependant, PLATON reste encore dépendant en partie des premiers penseurs de la Grèce, en ce sens qu'il n'arrive pas à rendre compte de la vraie nature de ces principes métaphysiques.

Obsédé par le problème du changement (qui est d'ailleurs fondamental), il assimile la matière à une privation d'être et lui retire ainsi toute positivité, -et d'autre part il semble considérer les formes comme subsistantes hors de la matière, dans un monde intelligible (ou monde des Idées), auquel le monde de la matière (xo\po:) participerait ·de quelque façon.

L'œuvre d'ARISTOTE a été d'élaborer, à partir de ces données extrêmement riches, mais confuses, une doctrine d'une puissance et d'une cohérence extrêmes.

On a dit qu'il av~Jit fait descendre les formes du ciel sur la terre et cette formule rend compte en effet de l'idée essentielle de sa doctrine, qui a consisté à montrer que les formes sont immanentes à la matière et composent réellement avec celle-ci à titre de coprincipes intrinsèques constitutifs.

382 3.

Les principes premiers.

a) La notion de principe métaphysique.

ARISTOTE définit le principe comme étant ce dont quelque chose procède.

Mais une chose peut procéder de principes extrinsèques ou intrinsèques.

Le premier cas est celui de l'effet par rapport à la cause effi· ciente.

La statue procède du sculpteur, cause extrinsèque (ou extérieure) de la statue.

Le deuxième cas est celui des causes matérielle et formelle : la statue résulte en effet (par l'action du sculpteur) d'une matière brute (par exemple du marbre) qui a reçu une certaine forme (de Mercure).

Le marbre comme matière et l'image Mercure comme forme sont principes intrin­ sèques de la statue.

b) Matière première et forme substantielle.

On peut pousser plus loin l'analyse et considérer le corps comme tel (le marbre par exemple).

On constate qu'il est lui-même une réalité complexe, à savoir une matière affectée de certaines détermi­ nations qui en font telle matière (du marbre et non du bois ou de l'air).

De nouveau, pour expliquer cette complexité irré­ ductible, il faudra recourir à des principes intrinsèques, qui seront ici, non plus telle matière déjà déterminée (marbre) et telle forme accidentelle (Mercure), mais purement et simplement ce qu'on appelle matière première (ou matière absolument indé­ terminée) et forme substantielle (c'est-à-dire principe premier. »

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