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L'HUMOUR AVANT 1914 EN LITTÉRATURE

Publié le 21/11/2011

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La poésie :les Fantaisistes

Si le symbolisme et le romantisme continuent de perpétrer le XIXe siècle, de nouvelles écoles foisonnent pourtant. En 1897 naissait le mouvement naturiste, en 1906 le mouvement unanimiste. En 1909, la revue« Le Divan«, publie des poètes qui ne se regrouperont jamais en école mais dont l'inspiration est tout imprégnée de fantaisie. F. Carco définira en ces termes l'objet de leur démarche poétique : « un souci agréable de liberté spirituelle et sentimentale qui permette de donner au monde des aspects imprévus. «

« La poésie :les Fantaisistes Si le symbolisme et le romantisme continuent de perpétrer le XIX• siècle, de nouvelles écoles foison­ nent pourtant.

En 1897 naissait le mouvement naturiste, en 1906 le mouvement unanimiste.

En 1909, la revue« Le Divan», publie des poètes qui ne se regrouperont jamais en école mais dont l'ins­ piration est tout imprégnée de fantaisie.

F.

Carco définira en ces termes l'objet de leur démarche poé­ tique : « un souci agréable de liberté spirituelle et sentimentale qui permette de donner au monde des aspects imprévus.

» Les poètes fantaisistes, Jean-Marc Bernard (1881-1915), Francis Carco (1886-1959), Tristan Derême (1889-1942), Paul-Jean Toulet (1867- 1920) sont les représentants les plus célèbres de ce mouvement.

On peut y rattacher les chansons à boire de R.

Ponchon, les fables de Franc-Nohain, les jeux verbaux de Georges Fourest (1864-1945).

Avec tendresse et ironie, en réaction contre l'em­ phase et l'artifice des néo-romantiques, ils souli­ gnent tout ce qu'il y a de cocasse et d'imprévu dans les situations quotidiennes.

La Bohème et mon cœur (1912) et Chansons Aigres-douces (1913) racontent le Montmartre de F.

Carco.

Les Contrerimes (post.

1921) de Paul­ Jean Toulet restent l'œuvre la plus significative du groupe.

La remise en question de· la forme poétique, l'intrusion du quotidien comme sujet poétique et l'humour discrètement voilé annoncent l'esprit d'Apollinaire.

Ne croirait-on pas l'entendre, en lisant ces vers de Tristan Derême ? Chambre d'hôtel où flotte une odeur de benzine, Les échos d'un concert sur la place voisine Et le parfum amer de tes épaules nues.

( ...

) Tu dors; ( ..

J Et j'écoute là-bas la musique qui joue Sous les ormes grillés, ô ma belle dormeuse, Guillaume Tell, le Beau Danube et Sambre et Meuse ...

Le roman La fièvre nationaliste, le goût pour le roman historique, le succès des romans de mœurs ne constituent pas, dans ce domaine, un climat propi­ce pour l'éclosion de l'humour et de la fantaisie.

Tout au plus peut-on mentionner les noms de J.

Re­ nard (1864-1910) (v.

supra) et de Tristan BERNARD (1866-1947).

Le premier, dans Poil de Carotte, laisse éclater une verve plus tournée vers la satire que vers l'humour.

L'aspect féroce et cruel de l'œuvre laisse cependant entrevoir une veine cocasse qu'on retrouve dans Histoires naturelles (1896).

Ironie et lucidité, perfection de la forme, thèmes satiriques autant de caractéristiques d'une œuvre qui n'a pas vieilli mais qui ne relève la fan­ taisie que dans son aspect le plus noir.

Le second, en revanche, est plus franchement humoriste.

Les Mémoires d'un jeune homme bien rangé (1899), Amants et Voleurs (1905) témoignent d'une veine humoristique assez franche mais qui se réfugie, tout comme celle de J.

Renard, sur la scène.

Le théâtre C'est là sans doute que triomphe, en ces années d'avant-guerre, un certain esprit, une certaine façon de vivre, reflet de la société mondaine qui se regar­ de vivre.

Vers 1900, Paris compte une vingtaine de théâtres.

Si les horaires sont semblables à ceux d'aujourd'hui, les usages en revanche sont beau­ coup plus stricts : le parterre est réservé aux hom­ mes, l'orchestre en principe interdit aux femmes, sauf au Théâtre-Français (et encore faut-il qu'elles soient sans chapeau).

Si la Comédie-Française atti­ re les foules bourgeoises, le théâtre de boulevard triomphe dans toutes les couches de la ~ociété.

Le Gymnase, le Vaudeville, le théâtre de la .Porte­ Saint-Martin ne désemplissent pas.

A l'affiche :des acteurs prestigieux Coquelin aîné, Lucien Guitry, Réjane.

Le vaudeville, la comédie fme, la comédie boulevardière, la farce réaliste, autant de manifes­ tations de cette veine comique mais qui diffèrent par la structure dramatique.

• Le vaudeville Le vaudeville, dont l'étymologie («aller et tour­ ner ») dit bien les caractéristiques, est le domaine de Georges FEYDEAU (1862-1921), vivant héritier de Labiche.

Avec la précision d'un horloger, il a démonté les mécanismes de la comédie de mœurs.

Dans une espèce de ballet tourbillonnant s'agitent des fantoches dont les motivations sont moins psy­ chologiques que « situationnelles ».

Les personna­ ges des pochades en un acte (On purge bébé, 10 10 ; Mais n'te promène donc pas toute nue, 1912) tout comme les héros des comédies en trois actes (la Dame de chez Maxim, 1899 ; Occupe toi d'Amélie, 1908) restent avant-tout de~ types de la" société de l'époque, impliqués le plus souvent, dans la situa­ tion la plus banale : l'adultère et tout ce qu'il entraîne.

Belle occasion de faire rire et parfois grin­ cer des dents à ces messieurs de la bourgeoisie qui sortent leurs épouses au théâtre et soupent avec leurs maîtresses chez Maxim.. »

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