Les historiens peuvent-ils faire preuve d objectivité ?
Publié le 19/09/2015
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Quelle vérité pour la connaissance historique ?
Ce dernier point nous permet de clarifier définitivement la notion d’objectivité. Elle n’est pas synonyme de restitution du passé tel qu’il a été. Cette assimilation est la source de nombreuses confusions. L’étymologie nous apprend qu’objectiver signifie « placer devant soi ». C’est donc une opération de pensée. Il n’y a d’objet que pour un sujet qui le forme. La vérité n’est pas de l’ordre du constat mais du jugement après enquête. Il reste à déterminer les difficultés particulières à cet exercice dans le cas de la connaissance du passé. Dans son Apologie pour l’histoire, Marc Bloch souligne les difficultés liées à l’interprétation du vocabulaire. Le chimiste a forgé sa propre langue. Les signes qu’il utilise sont univoques et ne valent qu’à l’intérieur de son domaine. L’historien n’a pas cette ressource. Il travaille avec les mots de la langue courante et il les reçoit chargé d’une épaisseur sémantique qui en obscurcit la compréhension. « Pour donner des noms à leurs actes - note Bloch - à leurs croyances et aux divers aspects de leur vie de société, les hommes n’ont pas attendu de les voir devenir l’objet d’une recherche désintéressée. » L’historien hérite ainsi d’un « vocabulaire déjà fatigué et déformé par un long emploi. » Le risque est grand de se méprendre sur le sens que les hommes de l’époque donnaient aux mots que nous lisons dans leurs écrits. La « tyrannie » grecque est-elle synonyme de nos modernes dictatures ? « L’empire » a-t-il la même connotation au Moyen Âge qu’aujourd’hui ? Il ne suffit pas de compter les années pour prendre la mesure du passage des siècles. Il a creusé entre le passé et nous une différence qualitative. Un autre obstacle vient de l’usage de la notion de causalité. Le scientifique élabore des lois, c’est-à-dire des relations constantes et déterminées entre des paramètres certaines conditions étant posées. L’historien essaye aussi de dégager des enchaînements rendant le réel intelligible mais l’idée de cause est chez lui équivoque. S’agit-il de l’événement le plus proche de celui que l’on étudie, d’un ensemble de facteurs dessinant la caractéristique d’un moment ou d’une structure permanente ?
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