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La vérité n'est-elle qu'une idée utile ?

Publié le 18/10/2005

Extrait du document

Les vérités hypothétiques sont utiles, cependant elles ne se confondent pas avec la vérité en soi. Platon définit un accès à la vérité dans la contemplation. Ainsi, la vérité est pour Platon la pure contemplation des idées. 2)      Identifier le vrai à l'utile, c'est confondre science et technique. Einstein n'a pas développé la théorie de la relativité pour construire la bombe atomique. 3)      Valeur pragmatique de l'erreur. Les biologistes Darwiniens ont montré que parfois l'erreur était plus utile que la vérité. Ils parlent de « faux positifs » et de « vrais négatifs ». La sélection naturelle recruterait plutôt des « faux positifs » que des « vrais négatifs ». En effet, il est plus utile pour la survie l'individu et de l'espèce de croire qu'il y a un danger alors qu'il n'y en a pas que de croire qu'il n'y a pas de danger et de se trouver exposer à des dangers imprévus.

Introduction :

 

Les puissances politiques se mesurent de plus en plus au nombre de scientifiques qu'elles hébergent sur leur sol, on accueille volontiers les savants des autres pays tant que cela dynamise la recherche du notre. La science sert la puissance politique. On peut dire qu'à un ordre plus général la science sert la puissance de l'homme. Dans le discours de la méthode, Descartes disait que la nouvelle science allait nous rendre « comme maîtres et possesseurs de la nature «. La science découvre la vérité pour servir les intérêts humains, développer les techniques qui accroissent notre puissance. La vérité en ce sens est toujours utile. Cependant, ce n'est pas par ce qu'on l'utilise qu'il faut identifier la vérité à l'utile ; peut être y a t il un ordre de vérité qui dépasse les préoccupations relatives à l'action humaine.

 

Problématique :

La meilleure norme de la vérité est l'utilité, cependant si l'utilité est notre rapport au vrai, cela signifie-t-il que le vrai n'est que l'utile ?  

 

« doit être justifiée, jugée, évaluée par une idée.

Tout « idéalisme » est un symptôme de manque de force.Or, c'est face à ces symptômes qu'il faut comprendre le projet de Nietzsche..

Il n'agit pas que d'une critiquedes « arrières-mondes » et de la religion.

Il s'agit aussi de « transmuer les valeurs », d'effacer le mouvementchrétien qui fait de toute valeur une non valeur, de favoriser les forces actives, la puissance, l'expansion de lavie.

En ce sens le « surhomme » ‘est pas la caricature qu'on en a fait, mais ce qui doit dépasser l'hommemoderne, fatigué et décadent, créer d'autres valeurs, non pas « négatrices » de la vie ou dévalorisantes, maisservant l'acceptation de l'existence.Il paraît nécessaire de rapprocher un passage de « L'Antéchrist » d'un extrait d' « Ecce homo » (1888).« La vie est à mes yeux instinct de croissance, de durée, d'accumulation de force, de puissance : là où lavolonté de puissance fait défaut, il y a déclin.

Ce que j'affirme, c'est que cette volonté de puissance faitdéfaut à toutes les valeurs supérieures de l'humanité –c'est que, sous les noms les plus saints, règnent sanspartage des valeurs de décadence, des valeurs nihilistes ».« Je fus le premier à voir la véritable opposition qui existe entre, d'une part l'instinct en voie dedégénérescence qui se dresse contre la vie dans une rancune souterraine [...] et d'autre part, une formuled'acquiescement supérieur, née de la plénitude et de la surabondance, un oui sans réserve à la vie, et même àla douleur, et même à la faute, à tout ce qu'il y a de déroutant et de problématique dans la vie...

» Savoir jusqu'où va le caractère perspectiviste de l'existence, ou même savoir si l'existencepossède encore un autre caractère, si une existence sans interprétation, sans « raison » nedevient pas de la « déraison », Si, d'autre part, toute existence n'est pas essentiellementinterprétative – c'est ce qui, comme de juste, ne peut pas être décidé par les analyses et lesexamens de l'intellect les plus assidus et les plus minutieusement scientifiques : l'esprit humain,durant cette analyse, ne pouvait faire autrement que de se voir sous ces formes perspectives etuniquement ainsi.

Il nous est impossible de voir au-delà de l'angle de notre regard : il y a unecuriosité sans espoir à vouloir connaître quelles autres espèces d'intellects et de perspectives ilpourrait y avoir, par exemple, s'il y a des êtres qui peuvent concevoir le temps en arrière, outour à tour en avant et en arrière (par quoi on obtiendrait une autre direction et une autreconception de la cause et de l'effet).

J'espère, cependant, que nous sommes au moins, de nosjours, assez éloignés de ce ridicule manque de modestie de vouloir décréter de notre angle quece n'est que de cet angle que l'on a le droit d'avoir des perspectives.

Le monde, au contraire, estredevenu pour nous « infini » : en tant que nous ne pouvons pas réfuter la possibilité qu'ilcontienne des interprétations à l'infini.

Encore une fois le grand frisson nous prend : – mais quidonc aurait envie de diviniser de nouveau, immédiatement, à l'ancienne manière, ce monstre demonde inconnu ? Adorer cet inconnu désormais comme le « dieu inconnu » ? Hélas, il y a trop depossibilités non divines d'interprétation qui font partie de cet inconnu, trop de diableries, debêtises, de folies d'interprétation, – sans compter la nôtre, cette interprétation humaine, trophumaine que nous connaissons...

NIETZSCHE • Ce texte de Nietzsche pose la thèse du perspectivisme qui révolutionne notre manière d'envisager le monde.

De quoi s'agit-il plus précisément ? La vision classique - celle de Platon par exemple - envisageaitla Vérité comme unique et universelle.

A cette unité-unicité du vrai, Nietzsche substitue un nouveauréférentiel : il existe sur le monde, une infinité de perspectives, d'interprétations du monde, touteslégitimes et acceptables.

Si le réel dans sa complexité et sa bigarrure est infini, il peut et il doit êtreinfiniment interprété.• On ne saurait échapper au perspectivisme : le réel ne se donne jamais qu'à partir d'une perspective, celle de celui qui l'appréhende et l'interprète.

Le réel dépend donc de la perspective adoptée par sonherméneute.

Le réel n'est vu dans et par le point de vue de son interprète.

Dès lors, il ne saurait doncexister de réel indépendant d'une perspective, d'une interprétation, il n'y a pas de réel en soi, un etunivoque.

On trouve ici une critique du platonisme qui croit ramener la multiplicité du sensible à l'unité del'Idée.• Ainsi, tout est interprétation.

Le monde est un texte à déchiffrer et les clefs de lecture en sontmultiples.

Nietzsche écrira : « L'essence, l'être, sont une réalité perspectiviste et supposent une pluralité.Au fond, c'est toujours la question : qu'est-ce que c'est pour moi ? [...] Bref, l'essence d'une chose n'estsomme toute qu'une opinion sur cette chose.

Ou plutôt la formule cela passe pour est le résidu vrai de laformule : cela est ; c'est le seul cela est.

» (Volonté de puissance, I, § 204).

Dans un monde multiple, il ya plusieurs points de vue possibles.

La perspective est l'art de faire varier les points de vue, afin d'enrichirle regard porté sur le monde. Le perspectivisme est l'attitude qui consiste à varier les points de vue sur une chose ou sur un événement de façon à varier le sens de ceux-ci et donc l'interprétation qu'on peut en faire et élever ainsipeu à peu la vie à la hauteur d'un événement.

En ce sens, le perspectivisme n'est pas autre chose que l'art appliqué à la culture.

Tout comme un artiste interprète une oeuvre, la culture devrait interpréter lavie en faisant entendre, à propos de celle-ci, des mélodies de plus en plus élevées.

Ce n'est pas le cas.La culture est devenue une foire d'empoigne politico-économique.

Moyen de sélection sociale pour lesuns, moyen de promotion sociale pour les autres, image de marque pour les troisièmes ou bien encoreplacement financier juteux, elle ne se préoccupe pas d'interpréter la vie, mais de l'utiliser.

D'où lanécessité de revenir à un véritable sens de la culture.

Celui-ci se trouve dans la grande vie de l'esprit deceux qui, impassibles, affirmatifs et détachés, marchent loin des sentiers battus, loin de l'ombre projetéepar les passions vengeresses, face au soleil de la vie.. »

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