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La vérité est-elle conformité au réel ?

Publié le 15/01/2004

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Malheureusement, le mot utile a pour William James un sens on ne peut plus vague : « Ce qui est vrai, écrit-il, c'est ce qui est avantageux de n'importe quelle manière ». Ainsi, une loi physique est vraie si elle a des applications techniques fécondes, une religion est vraie dès lors qu'elle est consolante, qu'elle apaise les souffrances des hommes. Dieu, ose dire William James, est « une chose dont on se sert ». * On voit le danger d'une telle doctrine. Il est clair qu'il y a des vérités qui blessent et des mensonges qui consolent. La vérité est ici trop liée à la facilité, tandis qu'il faut souvent du courage, et même une certaine abnégation, pour aboutir au vrai. Qu'une affirmation soit consolante, réconfortante ou rassurante ne la rend pas vraie pour autant, mais parfois même suspecte au point de vue de la vérité. « La foi sauve, dit Nietzsche, donc elle ment. » C. Sous l'évidence, les préjugés* Cette conception de la vérité peut être dangereuse, car l'évidence est mal définie.

« C.

Sous l'évidence, les préjugés • Cette conception de la vérité peut être dangereuse, car l'évidence est mal définie.

Nous éprouvons un sentimentd'évidence, une impression d'évidence ; mais devons-nous accorder à cette impression une valeur absolue ?Descartes a bien senti la difficulté puisque, après avoir affirmé que nos idées claires et distinctes sont vraies, ilreconnaît «qu'il y a seulement quelque difficulté à bien remarquer quelles sont celles que nous concevonsdistinctement »...

En fait, l'impression vécue de certitude n'est pas suffisante pour caractériser le jugement vrai.Car on peut éprouver un fort sentiment d'évidence et pourtant être dans l'erreur.

Dès lors, comment distinguer lesfausses évidences et les vraies évidences ? C'est ici qu'un critère objectif serait nécessaire, comme Helvétius(1715-1771) le fait ironiquement observer : « Descartes a logé la vérité à l'hostellerie de l'évidence, mais il a négligéde nous en donner l'adresse.

» • Souvent les passions, les préjugés, les traditions fournissent des contrefaçons d'évidence.

Nous avons tendance àtenir pour claires et évidentes les opinions auxquelles nous sommes habitués.

En revanche, les idées nouvelles lesmieux fondées ont du mal à se faire accepter.

Au nom de l'évidence, c'est-à-dire des traditions bien établies et desidées coutumières, les penseurs officiels, installés dans leur conformisme, ont souvent critiqué les grands créateursd'idées neuves.

L'Académie des sciences se moqua de Pasteur, comme les vieux chimistes s'étaient moqués desdécouvertes de Lavoisier.. »

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