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la religion

Publié le 17/05/2014

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religion
La religion 1. Relever les deux étymologies du mot « religion » et montrer en quoi elles rendent déjà bien compte de son existence dans toutes les cultures humaines La première étymologie est « relegere » qui signifie recueillir ou relire ; cela désigne une attitude mesurée, équilibrée, celle de la vénération et du respect, par opposition avec la démesure ou l'hubris. Ainsi, Cicéron définissait la religion par le culte ; elle consistait essentiellement en un ensemble de pratiques, de rituels, de calendriers ; elle contribue à faire un « nous », un groupe qui est la Cité ; Cicéron rappelle d'ailleurs que chaque cité a sa religion et qu'elle fonde donc la différence entre les peuples, le peuple romain se détachant par le culte le plus scrupuleux de leurs dieux (De la nature des dieux). La deuxième étymologie est « religare » qui signifie relier ; la religion devient le lien de piété qui unit l'âme individuelle à Dieu ; la religion s'intériorise, devenant une affaire privée de foi. La religion est donc passée d'une ritualité d'appartenance civique à une expérience intérieure de foi. Quelle que soit l'étymologie retenue, le phénomène religieux implique une dimension collective car toutes les croyances partagées s'accompagnent de pratiques et de rites qui réunissent les hommes ; il n'est pas une société où l'on ne puisse repérer sous une forme ou sous une autre des manifestations de la vie religieuse ; le concept de religion s'étend donc à toute manifestation de la vie sociale où l'on repère ritualité et croyance. Selon Durkheim, la religion est même ce qui institue un lien social, car pour lui, la divinité réelle devant laquelle les hommes s'inclinent est la société elle-même, puissance infiniment supérieure aux hommes, « l'idée de la société est l'âme de la religion » dit-il dans Les formes élémentaires de la vie religieuse. Dans le même sens, certains philosophes des Lumières ont désigné une religion « religion naturelle » au sens de conforme à la nature humaine et donc opposée aux religions instituées et aux religions révélées ; cette religion désigne le dénominateur commun entre toutes les religions, une fois débarrassées de leur rite et de leur révélation respective. Elle comprend les croyances les plus universelles telles que la croyance en une divinité, l'immortalité de l'âme et l'espérance d'un salut ; elle serait donc universelle et exclurait toute forme de fanatisme. 2. Qu'attendent les hommes de la religion ? (pour eux individuellement et pour la sociét&eac...
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« Emilie Saint-Pol (TL) morale, et Kant en fait ainsi des « postulats de la raison pratique » : on doit croire à l’existence de Dieu, à l’immortalité de l’âme et à la liberté humaine, sans quoi nos actions morales perdraient ce qui les soutient et ce qui leur donne leur sens.

De son côté, Marx écrit dans Critique de la Philosophie du droit de Hegel « la religion est l’opium du peuple » ; selon lui, en promettant aux hommes le bonheur dans un « autre monde », la religion les encourage à supporter leur misère présente ; elle les dissuade en même temps d’agir concrètement pour obtenir dès maintenant de meilleures conditions d’existence. - Une fonction psychologique : on retrouve ici la théorie de Freud dans L’Avenir d’une illusion .

Selon lui, la croyance religieuse est la satisfaction fantasmée d’un besoin psychologique réel et pressant, celui d’être protégé et aimé.

Les idées religieuses sont trop conformes à nos désirs les plus profonds pour qu’on ne soupçonne pas qu’elles soient des illusions nées de notre propre esprit.

C’est ce qui fait leur force : elles agissent comme des remèdes aux principales causes de souffrances qui caractérisent l’existence humaine.

- Une fonction socio-politique : la religion donne un code de conduite et un système de pensée, elle cimente idéologiquement les membres d’un groupe.

Elle définit une orthopraxie (ce qu’il convient de faire) et une orthodoxie (ce qu’il convient de croire) et assure ainsi une cohésion du corps politique.

C’est fonction qui distingue la religion de la magie ou de la simple croyance personnelle ; la religion est toujours organisée et s’accompagne d’un minimum de rites.

La croyance religieuse est alors un processus d’identification sociale et culturelle.

Croire en un dieu, c’est accepter la culture et les valeurs d’un groupe culturel donné.

Nietzsche émet l’hypothèse que la religion prend son origine dans le respect dû aux ancêtres ( Généalogie de la morale ) ; la conscience d’une dette envers les ancêtres, qui sont à l’origine du groupe, serait le premier germe de toute religion.

Plus généralement, il est clair pour Nietzsche, comme pour Freud, que la religion est un discours qui exprime « l’instinct du troupeau » : étant essentiellement morale, elle est essentiellement sociale.

Cette force du groupe, dit Durkheim, s’objective ensuite dans des objets quelconques qui acquièrent un statut « sacré ».

Enfin, la religion se caractérise par sa dimension normative car en même temps qu’elle nous donne une vision du monde, elle nous indique quel est notre devoir.

Enfin, le philosophe Régis Debray propose même d’en finir avec le terme de religion pour lui substituer la notion de « communions humaines ».

3.

Examiner les différentes relations existant entre le domaine du politique et la religion (en tenant compte du contexte historique) Le lien entre religion et politique est fort dans la mesure où la religion est en rapport étroit à la société et à la morale.

On peut comprendre la religion dès l’origine comme un dispositif politique : on peut voir dans le passage du polythéisme au monothéisme un instrument politique qui vise à assurer la cohésion d’un peuple.

Platon invente la religion comme un instrument politique essentielle pour parvenir à la Cité idéale.

On retrouve la nécessité politique de la religion chez Rousseau qui introduit la notion de religion civile ( Du contrat social ): ce concept désigne la partie de la religion nécessaire au bon fonctionnement de l’Etat, démocratique en l’occurrence.

On retrouve cette idée que la religion est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie chez Toqueville dans De la démocratie en Amérique ; il considère que la démocratie fonctionne mieux en Amérique qu’en France grâce à la force de la religion qui règle le monde moral et permet d’établir un monde politique de discussion et. »

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