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La passion n'est-elle qu'une "maladie de l'âme" ?

Publié le 05/10/2005

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L'âme n'est jamais impuissante devant les mouvements des passions, elle peut repousser l'élan passionnel. Les passions étant bonnes en elles-mêmes il s'agit de prévenir le désordre passionnel en affirmant notre volonté. La passion est une réponse à des sollicitations extérieures. L'absence de passion est signe d'un affaiblissement, d'une mauvaise santé. Dans ce cas pouvons-nous la comprendre comme générant de la vigueur dans l'âme ? Troisième partie : La passion peut-elle être identifiée à une tendance motrice de l'âme ? Le fait de nous interroger sur ce que serait l'absence de passion nous permet de mieux la comprendre. En effet cette absence coïnciderait avec un état apathique et faible. L'intensité de la passion n'est pas nécessairement nuisible, elle peut avoir un rôle dans la réalisation de nos projets. La passion comprise comme moteur possède la même structure que la volonté, elle met des moyens au service d'une fin.
La passion est une forme de passivité, l’homme subit cet état de dépendance et de souffrance. Elle diffère donc de l’activité qui suppose un mouvement volontaire en l’homme. D’un point de axiologique la passion est une cause de souffrance, elle peut être à l’origine d’un mal non seulement physique mais aussi moral. Peut-on assimiler la passion à un état pathologique de l’âme ? Si la première acception de la passion est négative et tend à mettre en évidence sa relation entretenue avec le mal, la deuxième acception, quant à elle, insiste sur le fait qu’elle peut être le moteur de nos actions ; elle est alors une puissance désirante. Se pose la question de savoir quelle utilisation saine peut en être faite. Pour répondre à cette problématique soulevée par l’ambivalence propre à la notion de passion nous procéderons en trois étapes. Tout d’abord peut-on légitimement considérer la passion comme étant une maladie de l’âme ? Ensuite le phénomène passionnel est-il utile voire nécessaire ? Enfin la passion peut-elle être identifiée à une tendance motrice de l’âme ?
introduction  1) la passion comme « maladie de l'âme «  a) Mécanisme de la passion b) La passion comme conflit 2) vers une réhabilitation de la passion a) Le plaisir de la passion b) La passion unificatrice du moi conclusion


« Troisième partie : La passion peut-elle être identifiée à une tendance motrice de l'âme ? Le fait de nous interroger sur ce que serait l'absence de passion nous permet de mieux la comprendre.

En effet cette absence coïnciderait avec un état apathique et faible.

L'intensité de la passion n'est pas nécessairementnuisible, elle peut avoir un rôle dans la réalisation de nos projets.

La passion comprise comme moteur possède lamême structure que la volonté, elle met des moyens au service d'une fin.

Une difficulté émerge quand la passion setrouve être en concurrence avec la volonté.

La passion comme tendance dominante vise la subordination des autresinclinations.

Kant condamne la passion et cela de manière radicale.

« La soumission aux émotions et aux passions est, quoi qu'il en soit, une maladie de l'âme : la maîtrise de la raison, dans les deux cas, se trouve exclue.

»Anthropologie d'un point de vue pragmatique. La passion est une inclination que le sujet ne maîtrise qu'avec peine. Kant qualifie de passion ce qu'Aristote qualifiait de dérèglement, le passionné devient incurable. La passion usurpant les moyens de la volonté devient un obstacle à la raison pratique.

« On le discerne sans peine, aux passions, parce qu'elles se laissent conjuguer avec la réflexion la plus tranquille, parce qu'elles nepeuvent donc être inconsidérées à la manière de l'émotion, ni en conséquence impétueuses et passagères,enfonçant au contraire leurs racines, est donné de coexister même avec les subtilités de la raison, portent le plusgrand tort à la liberté ; et si l'émotion est une ivresse, la passion est une maladie rebelle à toute médication et,par là, pire que tous les mouvement passagers de l'âme qui, du moins, éveillent le propos de s'amender ; lapassion, à la place, est un ensorcellement qui refuse jusqu'à l'amendement.

» Ibid.

§80. On se choisit passionné et cela provoque notre aliénation, en revanche nous ne tombons pas volontairement malade.

La maladie physique estune privation du libre mouvement corporel.

La passion nous confine à l'égoïsme et nous pousse à transgresserl'impératif catégorique.

C'est en son principe que Kant condamne la passion non en son objet. Pourquoi vouloir éradiquer la passion ? Si la passion est le moteur le plus puissant de nos réalisations vouloir l'éradiquer n'est-ce pas s'en prendre au mouvement même de la vie ? Toutes les passions ont-elles la même valeur ?« Appeler « amélioration » la domestication d'un animal, c'est là, pour notre oreille, presque une plaisanterie.

Quisait ce qui arrive dans les ménageries, mais je doute bien que la bête y soit « améliorée ».

On l'affaiblit, on la rendmoins dangereuse, par le sentiment dépressif de la crainte, par la douleur et les blessures on en fait la bêtemalade.

Il n'en est pas autrement de l'homme apprivoisé, que le prêtre a rendu « meilleur ».

» Nietzsche, Le crépuscule des idoles. Dans cet extrait Nietzsche remet en cause la condamnation de toute passion dans la mesure où celle-ci est source de vie.

Pour autant toutes les passions ne sont pas bonnes.

La sélection des inclinations doitfavoriser l'épanouissement de celles qui sont génératrices de vitalité.

Les passions réactives sont des maladiesparce qu'elles affaiblissent et dégénèrent les âmes.

Les passions affirmatives au contraire conditionnent la santéauthentique. CONCLUSION La passion est assimilable à une maladie si on la réduit à une affection passive, à un désordre accidentel et passager de l'âme.

Or la passion se rapporte de manière nécessaire à notre nature sensible.

Elle est le moteurpuissant d'une personnalité et est à l'origine de grandes réalisations.

En cela elle diffère d'une maladie de l'âme etest au contraire l'expression de la santé.

Dès lors l'usage réglé et sélectif de la passion doit être mis au service de lavie.. »

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