La morale est-elle UN ENSEMBLE DE DEVOIRS?
Publié le 25/01/2020
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• Un commandement particulier apparaît toujours arbitraire face aux exigences de la raison : si la limitation de vitesse est raisonnable dans son principe (garantir la sécurité sur la route), on peut se demander pourquoi la fixer, dans son contenu concret, à 130 km/h plutôt qu'à 120 km/h. Le passage des frontières montre le caractère tout relatif de ces distinctions : «Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà », écrit Pascal (Pensées 294-60). Mais si l'on cherche, derrière la surface, le pourquoi des règles, on peut penser qu'elles résultent d'une synthèse entre les données de l'expérience humaine, d'une part, et des exigences rationnelles, d'autre part.
• À défaut d'être ramenées à leur raison d'être, les coutumes sont des pratiques arbitraires suivies par conformisme. Si les mœurs renvoient aux règles auxquelles les membres d'une collectivité se conforment habituellement, la morale renverrait à une obéissance réfléchie à des principes. Kant va au bout de cette exigence d'autonomie (l'obéissance à la seule loi que l'on s'est fixée) : pour lui, c'est la loi morale qui détermine le Bien et non l'inverse, car seule la loi peut nous dire pourquoi le Bien est le Bien. La loi morale ne dit pas ce qui est bien, mais à quelles conditions une action peut être considérée comme devant être faite.
«
soit.» Le rapport de l'individu au groupe, dont il n'est qu'un
élément, passe par l'apprentissage de la contrainte, au sens où il
rencontre des volontés opposées à la sienne, et ces volontés parlent
LLI au nom de l'intérêt durable de la collectivité et contre la préférence
~ que chaque individu a pour soi-même.
o:: •Peut-on pour autant affirmer qu'une conduite conforme aux règles
0 de la collectivité soit toujours une conduite moralement bonne, que
~ les exigences sociales soient toujours des exigences morales? En fait,
cr: l'individu trouve dans la société avant tout des devoirs -liés à sa .J
"
position, aux circonstances, à son rapport aux autres -et l'éducation
apparaît sous forme d'injonctions différenciées suivant les situations.
Le monde moderne fait apparaître une pluralité de valeurs : ce qui
m'est demandé en famille n'est pas ce qui m'est demandé au travail.
L'obligation morale n'est-elle pas ainsi relativisée en fonction des
circonstances variables de la vie? De plus, en se conformant sans
réfléchir aux règles sociales, n'oublie-t-on pas de se demander en
quoi elles nous obligent et pourquoi on devrait les respecter?
Ill.
La morale et les mœurs
• Un commandement particulier apparaît toujours arbitraire face
aux exigences de la raison : si la limitation de vitesse est raisonnable
dans son principe (garantir la sécurité sur la route), on peut se
demander pourquoi la fixer, dans son contenu concret, à 130 km/h
plutôt qu'à 120 km/h.
Le passage des frontières montre le caractère
tout relatif de ces distinctions : «Vérité en deçà des Pyrénées, erreur
au-delà», écrit Pascal (Pensées 294-60).
Mais si l'on cherche, derrière
la surface, le pourquoi des règles, on peut penser qu'elles résultent
d'une synthèse entre les données de l'expérience humaine, d'une
part, et des exigences rationnelles, d'autre part.
e À défaut d'être ramenées à leur raison d'être, les coutumes sont
des pratiques arbitraires suivies par conformisme.
Si les mœurs
renvoient aux règles auxquelles les membres d'une collectivité se
conforment habituellement, la morale renverrait à une obéissance
réfléchie à des principes.
Kant va au bout de cette exigence d'auto
nomie (l'obéissance à la seule loi que l'on s'est fixée) : pour lui, c'est
la loi morale qui détermine le Bien et non l'inverse, car seule la loi
peut nous dire pourquoi le Bien est le Bien.
La loi morale ne dit pas
ce qui est bien, mais à quelles conditions une action peut être consi
dérée comme devant être faite.
>Flash bac p.
125.
»
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