la culturedemature-t- elle l'homme ?
Publié le 18/11/2012
Extrait du document
«
Rousseau tranche le débat entre un homme à l'état de nature bon, innocent et heureux qu'il utilise
dans le discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes comme une fiction
méthodologique, et l'homme violent, « loup pour l'homme » de son adversaire Hobbes.
Pour
Rousseau l'homme n'est ni bon ni mauvais par nature, il est perfectible ; voilà le sens que l'on
pourrait donner à cette dénaturation.
L'homme est inachevé, il est donc capable du meilleur comme
du pire.
Dénaturer n'a pas un sens péjoratif mais s'inscrit dans un processus qui fait de l'homme ce
qu'il est, un être de culture.
On peut s'appuyer sur le cas individuel de l'enfant sauvage étudié par
Lucien Malson et mis en film par François Truffaut pour illustrer cet absence d'éducation transmise
à un enfant au moment opportun.
L'état « sauvage » n'en fait pas moins proprement un enfant
d'homme ouvert à tous les possibles.
Le paradoxe : la culture est-elle contre nature ?
La multiplicité des formes de culture
Dans le sujet il s'agit de la culture au singulier regroupant toute forme de culture.
Or il faut
reconnaître aujourd'hui une diversité des formes de culture grâce aux sciences humaines.
Il faut
penser une multiplicité de formes culturelles sans hiérarchie aucune, sans supériorité par exemple
de l'art sur la science ou du droit sur la religion.
Tous les apprentissages sont des acquis de culture
au même titre que l'éducation scolaire, livresque ou érudite.
Posséder une culture ne signifie pas être
cultivé.
La diversité des cultures : L'apport de l'ethnologie
De même qu'il n'y a pas une forme de culture à privilégier dans les acquis de chacun, il n'existe pas
une culture meilleure qu'une autre.
C'est ce que montre en particulier l'ethnologue Claude Lévi-
Strauss qui étudie diverses civilisations, souligne leur diversité et l'absence d'échelle de valeur qui
puisse permettre de les juger.
Dire que la culture s'oppose à la nature, c'est supposer un état de
nature que l'on pourrait constater dans les faits.
Or, les sociétés les plus éloignées dans l'espace
comme dans le temps de la notre ont aussi une culture, aussi différente puisse-t-elle être
relativement à nos critères de jugement.
La nature de l'homme est de ne pas en avoir
La réflexion sur la nature à souvent été liée à une forme de société antérieure à l'État.
La famille, le
village, la tribu.
Or, comme le montre Rousseau l'homme isolé n'existe pas.
L'enfant nait au sein
d'une mère et les soins nécessaires font déjà partie de son éducation.
Merleau Ponty affirme que «
tout est naturel, tout est conventionnel » chez l'homme, il n'y a pas de passage d'un état à un autre
comme on pourrait le penser.
De même pour une société, les critères ambiguës de civilisation et de
politique ne sont pas constitutifs d'une culture.
L'état de nature n'est qu'une hypothèse, car la nature
ne pourvoit pas à l'ensemble des besoins de l'homme; il doit tout inventer.
Conclusion :
L'homme est une être de culture.
La culture de dénature pas l'homme, elle lui donne sa propre
nature, celle qui le distingue des autres vivants, celle qui le caractérise.
L'homme se fait lui même
par une diversité culturelle extrêmement riche et inépuisable.
Ce n'est pas un animal dénaturé car il
est ce qu'il devient dès sa naissance, il est perfectible.
»
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