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L' Etat doit -il etre sans pitié ?

Publié le 20/09/2005

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Article 3 - Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément. TRANSITION : mais n'est-ce pas justement parce que la mission de l'état est d'assurer la liberté des individus qu'il faut être sans pitié envers toutes les menaces de la liberté ? N'est-ce pas au coeur même de sa mission, en elle-même louable et morale, que l'état doit être sans pitié ? Troisième partie : La sévérité de l'état. Voici les articles trois et quatre de la déclaration des droits de l'homme : Article 4 - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. Article 5 - La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas. Si la première mission de l'état est d'assurer la liberté des individus, ne doit-il pas être sans pitié envers ce qui menace son objectif premier ?

On appelle Etat l'ensemble des institutions qui organisent une société sur un territoire donné. L'Etat suppose donc toujours une mission élémentaire : garantir la sécurité des citoyens et assurer la cohésion d'un groupe. Pour ce faire, l'Etat édicte des lois et tout contrevenant se voit puni via l'appareil judiciaire. Dès lors, au nom de la paix et de l'ordre, on voit mal comment l'Etat pourrait ne pas être sans pitié : il est sans pitié dans la mesure où il fait régner l'ordre de la loi de façon impartiale et juste. L'Etat est sans pitié puisqu'il ne tolère aucune entorse à la loi. Pourtant être sans pitié, c'est aussi n'éprouver aucune sympathie suscitée par le spectacle du malheur d'autrui. Or l'Etat, dans sa version républicaine ou démocratique, a toujours pour ambition de réduire les inégalités sociales et d'apporter aux citoyens un minimum de bien-être, voire même un certain bonheur. La souffrance des hommes interpelle donc nécessairement l'homme politique. Mais cette sympathie ne doit pas prendre la place de la décision concertée des citoyens entre eux, afin de parvenir à une vie juste et pacifiée. Si l'Etat était sans pitié, il serait insensible à la situation concrète des hommes. Mais être sensible aux malheurs des hommes, ce n'est pas renoncer pour autant à l'idéal de justice et d'égalité face à la loi.

Le sujet vous invite alors à penser l'attention que l'Etat accorde au citoyen comme une exigence : nous n'acceptons pas le malheur mais nous pensons qu'un citoyen ne peut être heureux que dans les limites d'un Etat de droit qui ne tolère aucune dérive par rapport aux lois établies par la raison humaine.

Il faut donc se garder de réduire la question à la simple sphère de la punition des crimes.

La pitié de l'Etat peut concerner le sort des citoyens en général. L'Etat doit-il être sans pitié ? Cette question suppose que l'on se demande pourquoi il devrait ou non être sans pitié, mais aussi que l'on creuse la question consistant à savoir ce que cela signifie, pour un état, d'être sans pitié. Et à l'inverse, qu'est-ce que cela signifierait, pour un état, de faire preuve de pitié ?

« TRANSITION : Mais l'état peut-il à ce point être indifférent au sort des membres de sa société ? Etre sans pitié,n'est-ce pas faire preuve de cruauté ? Deuxième partie : L'exigence morale. Le critère de la moralité peut être exploité pour critiquer les positions de la première partie. Il faut toutefois nuancer les argumentations, et ne pas simplement dire que c'est « immoral d'être sans pitié ». Pour cela il ne faut pas se limiter, non plus, au cas de la peine de mort. La prison à perpétuité, et même le simple fait d'enfermer un individu, peut-être considérer comme témoignant d'unétat sans pitié. Mais si on considère que l'emprisonnement est sans pitié, on peut néanmoins estimer que l'état doit avoir l'exigenced'améliorer, toujours, les conditions de détention. L'exigence morale peut donc être comprise comme volonté d'améliorer le sort des individus dont l'état est, d'unecertaine manière, responsable. Par ailleurs, il ne faut pas se limiter à interroger la répression. Dans cette deuxième partie, on peut partir du sentiment de la pitié, et soutenir que c'est au fond un sentimenthumain incontournable : ROUSSEAU : « Je ne crois pas avoir aucune contradiction à craindre en accordant à l'homme la seule vertu naturelle qu'ait étéforcé de reconnaître le détracteur le plus outré des vertus humaines.

Je parle de la pitié, disposition convenable àdes êtres aussi faibles et sujets à autant de maux que nous le sommes ; vertu d'autant plus universelle et d'autantplus utile à l'homme, qu'elle précède en lui l'usage de toute réflexion, et si naturelle, que les bêtes mêmes endonnent quelquefois des signes sensibles (...).

Tel est le pur mouvement de la nature, antérieur à toute réflexion ;telle est la force de la pitié naturelle, que les moeurs les plus dépravées ont encore peine à détruire.

» Selon Rousseau, la pitié est un sentiment naturel et universel.

Interrogez-vous sur la notion de « mouvement »,« antérieur à la réflexion ». La mission de l'état est-elle de contredire la nature humaine ? Enfin, il y a semble-t-il un domaine où l'état ne doit pas être sans pitié : le sort des citoyens. Les états modernes et démocratiques sont l'expression même de la volonté générale. Les citoyens doivent-ils être sans pitié avec eux-mêmes ? On peut développer l'idée selon laquelle la mission de l'état est de viser la liberté des individus.

Il ne s'agitcertainement pas d'une attitude d'un état sans pitié : Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen26 août 1789 Article premier - Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.

Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. Article 2 - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme.

Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. Article 3 - Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation.

Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément. TRANSITION : mais n'est-ce pas justement parce que la mission de l'état est d'assurer la liberté des individus qu'ilfaut être sans pitié envers toutes les menaces de la liberté ? N'est-ce pas au coeur même de sa mission, en elle-même louable et morale, que l'état doit être sans pitié ? Troisième partie : La sévérité de l'état.. »

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