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KANT: Civilisation, culture et moralité

Publié le 27/02/2008

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kant
Nous sommes hautement cultivés dans le domaine de l'art et de la science. Nous sommes civilisés, au point d'en être accablés, pour ce qui est de l'urbanité et des bienséances sociales de tout ordre. Mais quant à nous considérer comme déjà moralisés, il s'en faut encore de beaucoup. Car l'idée de la moralité appartient encore à la culture ; par contre, l'application de cette idée, qui aboutit seulement à une apparence de moralité dans l'honneur et la bienséance extérieure, constitue simplement la civilisation. Mais aussi longtemps que des Etats consacreront toutes leurs forces à des vues d'expansion chimériques et violentes, et entraveront ainsi sans cesse le lent effort de formation intérieure de la pensée chez leurs citoyens, les privant même de tout secours dans la réalisation de cette fin, on ne peut escompter aucun résultat de ce genre ; car un long travail intérieur est nécessaire de la part de chaque communauté pour former à cet égard ses citoyens. Par contre, tout bien qui n'est pas greffé sur une disposition moralement bonne n'est que pure chimère et faux clinquant. KANT

Une société peut être parfaitement raffinée dans certains domaines sans être à proprement parler « moralisée «. Importance de l'environnement politique pour la moralisation de l'être humain.

1. Kant part d'une distinction entre culture et civilisation.

— La civilisation, c'est l'ensemble des phénomènes sociaux, des usages et des codes par lesquels l'homme s'oppose à la nature. — La culture, selon l'idéal de la philosophie des Lumières (Aulklärung) du xviii" siècle, c'est le développement de l'esprit (de la pensée) fondé sur le savoir et la raison.

 

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« « Nous sommes civilisés 1 ••• 1 mais nous sommes loin de pouvoir nous tenir pour déjà moralisés.

» Emmanuel Kant (1724 -1804) , Idée d'une his toire univer se ll e d'un point de vue cos mo po lit ique 5 L'O ccident observe souvent les mœurs exotiques d'un œil paternaliste .

L a proxim i té archaïq ue avec la na ture, la faib l esse du développement techno log ique propre à ces sociétés évoquent pour nous l'human ité en son enfance, encore fruste et inculte.

Mais si nous nous gaussons de notre évolution spectaculaire, ce lle-ci s'acco mpagne -t -e lle nécessaire ­ ment d'un perfect io nn ement moral? Kant admire l'essor des arts et de s sci en ces, et il consta te le subtil ra ffi­ nement des man iè res au se in des n ob le sses occ identales.

Pourtant, remarque - t-il , ce progrès ne doit rien à la mora le, pui sque c'est avant tout l'ambit io n ou le dés ir d e glo ire qu i condu it les hommes à réaliser des p ro uesses.

En outre, la politesse n'est jam ais qu'un masque, qui permet de dissimu ler sous l'élégance et la b ienséance le dés ir de nuire.

En fin, l 'accès au confort et l'éta l age du lu xe nous rendent pl us in dif fé - s.

Bo rdas, 1 988, Septième pro posi tion.

p.

21.

99 z QJ c ..., ro ro -n c c ..., ro. »

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