Être moral nous condamne-t-il au malheur ?
Publié le 11/02/2016
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L'on a beaucoup reproché à Kant l'austérité de sa morale. C'est oublier certains passages de sa réflexion, notamment celui-ci: «Assurer son propre bonheur est un devoir (du moins de façon indirecte); car ne pas être content de son état, se trouver accablé d'une foule de soucis, et cela au milieu de besoins insatisfaits, pourrait facilement devenir une grande tentation de transgresser ses devoirs» (Métaphysique des mœurs). En fait, l'on peut dire
que celui qui accomplit son devoir sans être heureux n'a aucune connaissance de la signification véritable du mot «morale». Le pessimisme maladif de Pascal ne doit pas nous faire oublier que même si l'homme est misérable, même s'il croit au salut par la foi, il doit conduire son existence du mieux qu'il le peut. C’est bien plus en accomplissant son devoir avec bonheur qu'en l'accomplissant avec affliction qu'il se montre humain, libre et généreux.
«
La morale ne se résume pas à accomplir
son devoir sans être heureux
Tout homme aspire au bonheur.
Je ne suis heureux
qu'en
réalisant mes désirs.
Cette réalisation suppose que
j'agisse moralement à l'égard d'autrui, sans qui je suis
privé de toute liberté.
Le devoir
ne doit pas être
u
ui agit par
contrainte n'est
ni libre, ni heureux ,
ni moral.
Au contraire,
•Le bonheur est la vertu, la verbJ est le bonheur de l'être raisonnable en son exis tence finie et conditionnée.
»
Éric Weil, Philosophie morale
c'est parce que j'aspire
au bonheur que j'ac
complis volontairement
mon devoir, dont la seu
le finalité est de respecter
les décrets
de la nature,
laquelle,
comme le dit
Cicéron, «par le moyen
de la raison attache
l'homme à l'homme, à
une communauté de vie
et de langage» (Des De
voirs) .
e 'iUi'i heureux
pane que j' acconl- .
.
ier autrui, c'est
manquer à tous
mes devoirs .
C'est donc,
par ignorance, égoïsme
aveugle, travailler
à ma
perte.
Qui travaille à sa
perte ne peut pas être
heureux.
En revanche,
c'est bien en respectant
l'autre que je peux sa
tisfaire mes désirs .
Pour
être heureux,
j'ai besoin
de parler, d'être enten
du, d'aimer, d'être aimé.
Bref!
J'ai besoin d'au
trui .
es (.Onflits nui
ent au bonheur
et ·
e but de toute vie
morale n'est at
teint que par l'homme
réconcilié
avec lui-même,
être passionné et être
raisonnable: seul l'hom
me heureux est ver
tueux», écrit Éric Weil,
dans Philosophie mora
le.
Ce qui se comprend
aisément.
Tout comme
autrui, je ne puis li
brement satisfaire mes
désirs que si j'ai pour
premier devoir de les
soumettre à ma rai
son morale .
Il
n'est pas de vie heureuse sans morale.
L'homme a besoin d'autrui
pour se réaliser.
Puisque accomplir son devoir revient à respecter
l'autre, il faut en conclure que le devoir est condition du bonheur..
»
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