Doit-on aimer la vérité?
Publié le 30/01/2005
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HTML clipboardLe sujet associe deux notions apparemment contradictoires : l'amour et la vérité. Lorsqu'on aime, on ressent. La nécessité logique des sentiments n'a jamais été démontrée. Il arrive d'ailleurs qu'on aime quelqu'un qui ne nous aime pas ou ne nous convienne pas. Il n'y a pas de raison dans l'amour. Par contre, la vérité s'acquiert par une démarche logique, méthodique : S'il faut ou si l'on doit aimer la vérité, il n'est pas nécessaire d'être attirée par elle. La vérité serait donc ce qu'il faut aimer pour découvrir la véritable essence de toutes choses, et en même temps, ce qui ne cesse de se dérober à la pensée qui cherche.
«
risque en conséquence d'être peu efficace.
Si l'on admet, à la suite de Marx et de Freud, que la croyance religieusene repose sur rien d'autre que sur un désir de compensation face aux misères réelles ou une demande de protectiond'origine infantile, force est de constater que ce repérage de ses sources ne suffit aucunement à la faire disparaître.L'illusion nous est peut-être d'autant plus « naturelle » qu'elle correspond à notre fonctionnement psychique normal,c'est-à-dire à la façon dont notre conscience nous trompe sur nos déterminations en censurant nos pulsions et lesreprésentations de notre inconscient.
Lorsque Freud a entrepris de diffuser ses théories, ce fut en affirmant qu'ellesétaient sans doute ce à quoi l'homme était le moins préparé, ou ce qu'il admettrait le plus difficilement, précisémentparce que les « vérités » qu'il affirmait venaient contredire la confiance traditionnellement accordée à notreconscience.
Notre existence quotidienne ne peut, par exemple, se dérouler sans trop de heurts qu'à la condition quenous « oubliions » l'importance de la sexualité.
L'illusion est ainsi quotidiennement vitale, parce qu'elle nous permetd'avoir des relations normales avec les autres et d'obéir aux principes de notre environnement.Toutefois, vient toujours un moment où l'illusion est dénoncée comme telle : ce fut le travail de Freud, et c'est, plusgénéralement, la tâche de toute démarche philosophique ou scientifique.
Lorsque Marx dénonce les effets del'idéologie bourgeoise sur la conscience même de la classe ouvrière, que tente-t-il d'autre que d'ôter à cettedernière ses illusions ? Vient toujours un moment où « le roi est nu ».
Il semble ainsi que l'auto-aveuglement, malgréle confort qu'il peut m'apporter, doit avoir une fin ; et il apparaît semblablement, du point de vue collectif, que lamentalitéest bien obligée, même contre son gré, de tenir compte peu à peu, malgré l'inquiétude que cela peut susciter enelle, des avancées scientifiques.
NIETZSCHE : la fonction vitale de l'illusion
L'illusion possède une fonction vitale.
En effet « on ne peut pas vivre avec laVérité », car découvrir cette vérité, c'est découvrir que n'existe qu'un fluxéternel des choses, un Abîme où toutes s'abîment.
La vie, expression de laVolonté de Puissance, a donc besoin de falsifier le réel, d'affirmer l'être contrele devenir, d'organiser ce flux, de le contraindre à se plier aux options vitalesdu sujet, c'est-à-dire aux valeurs et aux normes définies par la Volonté dePuissance, bref .elfe a besoin de l'illusion, qu'elle érige en vérité.
C'estpourquoi, même la prétendue vérité objective de la science se réduit en fait àune croyance, une illusion qui nous est nécessaire pour vivre.
NIETZSCHE : la fonction vitale de l'illusion
L'illusion possède une fonction vitale.
En effet « on ne peut pas vivre avec laVérité », car découvrir cette vérité, c'est découvrir que n'existe qu'un fluxéternel des choses, un Abîme où toutes s'abîment.
La vie, expression de laVolonté de Puissance, a donc besoin de falsifier le réel, d'affirmer l'être contrele devenir, d'organiser ce flux, de le contraindre à se plier aux options vitalesdu sujet, c'est-à-dire aux valeurs et aux normes définies par la Volonté dePuissance, bref .elfe a besoin de l'illusion, qu'elle érige en vérité.
C'estpourquoi, même la prétendue vérité objective de la science se réduit en fait àune croyance, une illusion qui nous est nécessaire pour vivre.
Nietzsche : l'illusion, besoin de la vie
a) Un renversement du problème de la métaphysique• Si Kant a montré qu'un certain usage de la raison produit des illusions, on peut aller plus loin et se demander si laraison ne produit pas toujours des illusions, si la raison elle-même n'est pas une illusion répondant à un besoinfondamental de l'homme.
C'est ce qu'a fait Nietzsche.• Ainsi que l'a souligné J.
Granier (cf.
Le Problème de la vérité dans la philosophie de Nietzsche), Nietzsche opère eneffet un renversement radical du problème de l'illusion métaphysique en demandant non plus avec Kant « Commentla métaphysique est-elle possible ? » mais « Qu'est-ce qui constitue Y essence de la pensée métaphysique ?» Encritiquant la métaphysique, Kant se place du point de vue de cette dernière en ne remettant pas en cause sonprincipe fondamental, qui est celui du dualisme du vrai et du faux, du réel et de l'apparent, du noumène et duphénomène, etc.
«C'est pourquoi l'exigence de renverser la Métaphysique impliquera, aux yeux de Nietzsche,l'obligation impérieuse pour la pensée de se situer résolument par-delà le vrai et le faux, ces termes ne signifiant pasla proclamation d'un scepticisme universel, mais ayant pour seule fonction de démembrer le cadre dogmatique danslequel la tradition métaphysique prétendait enfermer la réflexion sur l'Être» (J.
Granier).
La métaphysiquecomme œuvre de la raison est pour Nietzsche une illusion non pas parce qu'elle prétend, comme l'affirmait Kant,connaître le monde vrai du noumène alors qu'elle ne peut l'atteindre, mais par le fait même qu'elle pose cet être.
Enrenversant toute métaphysique, Nietzsche peut s'exclamer « Nous avons aboli le monde vrai : quel monde restait-il ?Peut-être celui de l'apparence ?...
Mais non ! En même temps que le monde vrai, nous avons aussi aboli le mondedes apparences ! »
b) La vérité ? une sorte d'erreur• Selon Nietzsche, en effet, « la vérité est une sorte d'erreur, faute de laquelle une certaine espèce d'être vivantsne pourraient vivre.
Ce qui décide en dernier ressort, c'est sa valeur pour la vie » (La Volonté de Puissance, t.
I, 1.II, § 308).
La vérité, est une erreur dans la mesure où elle ne dévoile pas la Vérité originaire, la Vérité propre de.
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