Descartes, Discours de la métllode, sixième partie
Publié le 12/04/2012
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« Sitôt que j'ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que, commençant à les éprouver en diverses difficultés particulières, j'ai remarqué jusques où elles peuvent conduire et combien elles diffèrent des principes dont on s'est servi jusqu'à présent, j'ai cru que je ne pouvais les tenir cachées sans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer autant qu'il est en nous le bien général de tous les hommes. Car elles m'ont fait voir qu'il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie, et qu'au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles1, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. «

«
a priori d'aucune situation privilégiée.
S'il veut en conquérir une, il lui faut
d'abord comprendre
les lois de la nature.
Bacon de Vérulam l'affirme avec
netteté:« On ne peut commander à la nature qu'en lui obéissant.» La phy
sique, d'abord entendue dans
le sens large de connaissance de la nature,
semble indiquer la voie.
Mais encore faut-il que les conditions qui
l'ont
rendue possible soient explicitées, et qu'un sens nouveau lui soit donné
dans la configuration culturelle de l'époque.
L'étude
d'un célèbre texte de
Descartes, tiré de la sixième partie
du Discours de la méthode, permet de
développer une réflexion
sur les fondements et la finalité possible de la
connaissance scientifique.
Écrit par rapport
à un contexte culturel précis,
qui vient d'être rappelé, il n'en présente pas moins l'intérêt d'es quisser
une
conception dynanuque des rapports entre science, tedmique, et philosophie.
Développement
Première partie : étude ordonnée du texte
o De quoi s'agit-il? De rendre l'homme «comme maître et possesseur de
la
nature ».
Deux remarques pour situer la formule, devenue célèbre à juste
titre.
D'abord,
on notera la similitude de J'expression avec celle de Mon
taigne
(«maîtresse et empérière de l'univers »); ensuite, on mettra l'accent
sur le
mot «comme », qui, à lui seul, en dit long sur la nature et le statut du
«projet » en cause.
Le thème du texte, formulé de façon très générale, est celui du rapport
entre l'homme et la nature tel qu 'il peut être envisagé sur la base d'une
explicitation des acquis de la science et de leurs applications pratiques.
C'est
à partir d' un point de vue philosophique sur les principes à l'œuvre
dans la démarche scientifique et
les fmalités qui leur dorment sens par
rapport au «bien général de tous les hommes » que Descartes définit sa
position : la diffusion des «notions générales » dont relève la physique a
pour enjeu la production de connaissances« utiles à la vie»; celles-ci doivent
permettre
à l 'homme de devenir «co mme maître et possesseur de la nature ».
o Comment s'organise le texte? Son mouvement semble conforme aux
conditions dans lesquelles Descartes lui-même a
pu éprouver la valeur des
principes
à l'œuvre dans la physique.
-Dans une première phrase, en effet, quatre moments sont distingués
pour préciser la genèse du point de vue de l'auteur : l'acquisition des
notions en question, leur mise à l'é preuve, l'observation de leur portée et
de leurs caractères distinctifs, enfin la découverte de leur fécondité pratique.
- Dans la seconde phrase
du texte, une explicitation de cette fécondité pra
tique est proposée par Descartes.
Cette explicitation met d'abord l'accent
sur une opposition distinctive entre les principes de la philosophie nouvelle
et ceux de
la scolastique, caractérisés comme purement« spéculatifs ».
Ce
qui fonde cette opposition est développé dans la seconde partie de la
phrase :
il s'agit de concevoir une articulation entre la connaissance des
éléments et des forces et les usages,
les utilisations pratiques requises par le.
»
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