Cours condensé sur l’histoire. L’histoire est-elle une science ?
Publié le 23/06/2012
Extrait du document

Polysémie du mot HISTOIRE :

«
∗ Renan : écrivain, philosophe et historien français du 19 e.
Les points majeurs du texte :
∗ L’histoire a longtemps rêvé d’être une science et surtout après qu’elle se soit libérée du schéma théologique.
o Rapide approche de la transcendance : St Augustin (354- 430).
« La Cité de Dieu » Position intéressante dans la
mesure où nous appréhendons une certaine nécessité dans l’histoire au lieu d’en rester à une simple
succession hasardeuse et arbitraire des événements.
St Augustin part d’un principe : c’est la Bible, récit des origines, qui donne son sens à l’histoire.
La
réalité historique n’est que la figuration de ce que le texte expose.
Or, nous y trouvons une vision
eschatologique (fin du monde) de l’histoire.
Cet a ccomplissement n’est pas aléatoire, arbitraire,
hasardeux , il ne dépend pas du jeu des volontés humaines.
Les échéances, les temps et étapes de
l’histoire en sont déterminées à l’avance.
Dieu seul est maître et juge de l’histoire.
Augustin combat longuemen t la valorisation excessive de la liberté humaine ( sinon, c’est l’homme
qui est dépositaire du sens de l’histoire qu’il fait ).
Pour cela, il souligne le poids du péché originel qui
détermine tous les hommes.
Ainsi, la théologie augustinienne de l’histoire est essentiellement
rattachée aux relations entre Dieu et les hommes.
L’histoire n’est alors que la conséquence de la
Faute (Adam).
La réalité historique ne saurait donc être une réalité autonome, elle ne peut être compris en elle-
même, elle doit être ra pportée à autre qu’elle -même.
∗ Retour à l’immanence : c’est surtout à partir du 17è (Bayle, Mabillon) que l’histoire va progressivement réclamer son
autonomie pour fournir d’elle -même le sens aux événements.
Mais cette réclamation suppose de justifier son caractère
scientifique.
Or, comme le souligne le texte, plusieurs difficultés sont de mise.
Exercice : relever les difficultés
soulignées par Koyré.
o L’objet même de l’histoire semble lui échapper puisqu’il est toujours passé.
La chair même de l’histoire c omme
discours se préoccupe des événements historiques qui, par définition, ne sont plus.
« Nous reste à jamais
inaccessible ».
o N’en restent que les traces .
Se pose la question de ces traces qui d’elles -mêmes ne disent rien.
Il faut les
étudier et les interpréter.
Que valent ces lectures ? C’est pourquoi, l’objet de l’histoire est toujours à
constituer.
Comment faire coïncider res gestae et historia rerum gestarum ? Quelle garantie avons-nous de
voir le discours historique rejoindre la réalité historique ?
o La question du double choix : 1° le choix des contemporains : ils ne conservent que les éléments qui leur
paraissent significatifs avec la hauteur de vue qui est la leur (contemporains) 2° le choix des historiens qui
sélectionnent et trient en fonction des restes issus du choix des contemporains : choix de choix.
o Les conditions mêmes de l’histoire interdisent tout recours à la vérification expérimentale.
L’histoire ne
souscrit donc pas aux critères qu’énonce Popper, pour qui le caractère falsifiable d’un énoncé est le caractère
essentiel de la scientificité.
o Et surtout, se pose la question de l’objectivité : l’historien est -il impartial dans son approche historique, lui qui
est toujours lié à une société et par conséquent, ancré dans un régime de croyances , de valeurs ? Bayle n’écrit -
il pas, qu’il ne veut être « ni français ni anglais » ? Le peut -on ? « C’est que l’historien projette dans l’histoire les
intérêts et l’échelle de valeur de son temps.
»
o Enfin, « l’histoire se renouvelle, et rien ne va plus vit e que l’immuable passé.
» L’histoire comme res gestae
n’est pour nous que l’historia rerum gestarum ; elle change sans cesse et est constamment revisitée et
interprétée sous de nouvelles formes.
L’immuable étant inaccessible n’est pour nous qu’un discours toujours
sujet à changer sous la narration des historiens.
o Pour autant, la réflexion historique ne résume pas à une simple alternative entre scientificité et fantaisie.
Le
recours aux documents, leur présentation à la communauté historienne sont autant de signes de scientificité.
L’histoire ne peut pas, purement e t simplement, être assimilée à la littérature ou à la fiction.
2° L’HISTOIRE , UNE ENQUETE .
La science historique n'est pas plus une reproduction pure et simple de ce qui a été que la physique n'est une reproduction de la
nature.
Dans les deux cas, l'es prit intervient et élabore un monde intelligible à partir du donné brut.
Mais si l'histoire est une
reconstruction comme la physique, elle est une reconstruction de type tout différent.
L'objectif dernier de la physique, c'es t un
ensemble systématisé de lois, susceptibles d'être déduites les unes des autres.
L'objectif dernier de l'histoire, c'est une suite
unique d'événements que jamais on ne verra deux fois, le devenir des sociétés et des cultures humaines.
La physique vise la l oi,
l'histoire le singulier.
Aucune science ne retient jamais tout le réel, chacune a un mode propre de sélection, visant à détacher ce qui mérite d'être
expliqué ou ce qui sert à expliquer ce qui mérite de l'être.
[…] Le physicien ne s'intéresse pas à cette pierre qui en tomban t a tué
ce passant, mais à la manière dont tombent les corps.
[…] La sélection historique est dirigée par les questions que le présent
pose au passé.
Le renouvellement des images que les hommes se font des civilisations disparues est lié à ce changement des
q uestions inspiratrices.
Ce renouvellement est d'autant plus profond que, par sélection, il convient d'entendre […] une orientation continue du travai l
historique.
La sélection ne consiste pas tant à noter ou à négliger tel ou tel fait, elle est une manière déterminée de construire.
»
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