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Autrui conditionne ou limite-t-il ma liberté ?

Publié le 27/02/2008

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La réflexion sur la liberté par rapport à autrui se révèle tout a fait actuelle dans un monde qui plonge dans l'anomie sociale de plus en plus profonde. Mais autrui est-il l'objet de mes contraintes ou un élément nécessaire à ma liberté? Mon objectif va être tout d'abord d'étudier les situations dans lesquelles autrui représente un obstacle à ma liberté. Ensuite j'analyserai dans quels contextes autrui me permet d'être libre. La présence matérielle d'autrui va être la limite la plus évidente à ma liberté. Cette même notion simplifiée par la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen du 14 novembre 1791 art4 "la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui". C'est à dire que l'homme doit prendre en compte la volonté d'autrui avant d'agir. La présence même d'autrui est une limite à ma liberté, si l'on prend cette dernière au sens commun:"un maximum de droits et un minimum de contraintes", car je dois le respecter en tant que conscience libre. Ainsi pour Kant dans: Les fonds de la métaphysique des moeurs:"Agit de telles sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans d'autrui non pas simplement comme un moyen mais toujours comme une fin". Autrui étant une conscience libre il a des droits que je ne peux annihiler au profit de ma liberté soit parce que je le respecte soit parce que des moyens concrets m'y obligent. Si j'étais totalement libre je pourrais sans mal garer ma voiture chez mon voisin pour garder un maximum de place chez moi. Mais je ne le ferais pas par respect pour se dernier ou parce qu'il m'attenterait un procès. C'est la présence d'autrui qui représente un système de contraintes et qui est une limite à ma liberté.

« image.

C'est à dire qu'il va me renvoyer mon image "je me vois parce qu'on me voit" J.P.

Sartre, quand j'outrepassemes droits.

Il va donc générer chez moi l'apparition d'une conscience réfléchie " je suis seul cela signifie d'abord qu'iln'y a pas de moi pour habiter ma conscience" et par la même occasion créer chez moi un sentiment de culpabilitéqui va stopper mes actes.

Par exemple si je regarde fixement une personne dans un lieu public, attiré part un défautqui la déprécie fortement je ne vais pas ressentir de contraintes si je ne suis pas moi-même observé.

Mais si leregard d'une personne extérieure ou celui du sujet même de mon observation rencontre le mien je vais par esprit deculpabilité détourner les yeux me sentant honteux.

C'est donc en jouant le rôle de miroir qu'autrui va être un frein àma liberté.

Il va me renvoyer une image si péjorative de moi-même que je vais changer de comportement.

Jen'agirais plus comme j'en aurai envie. Dans L'Etre et le Néant, Sartre va poursuivre une analyse phénoménologiquede la théorie hégélienne.

"L'essence des rapports entre consciences n'est pasle "Mitsein" (être-avec), mais le conflit." Ailleurs il dira même que c'est laviolence qui fait le fond de toute relation humaine.

Quelle est l'origine duconflit ? La seule existence de l'Autre fait que j'ai un dehors, une extérioritépour autrui, une nature.

Des sentiments tels que la honte ou la fierté n'ont desens que par rapport à cette nature que je suis, c'est-à-dire que j'apparaisau regard de l'autre.

Être quelque chose de perçu, être une nature objective,c'est ne plus être tout à fait libre.

Quand l'autre me regarde, je suis en partiealiéné de ma liberté, qui fuit hors de moi : "Je saisis le regard de l'autrecomme solidification et aliénation de mes propres possibilités." La libertéhumaine se définit comme transcendance, à savoir comme possibilitésplurielles que je suis et qui font que je ne me résume pas à mon simple donnéprésent.

Le regard de l'autre me coupe de mes propres possibilités pour mefaire chose, être-là déterminé dans une certaine attitude ou une certaineexpression, privé par là même de ce que je pourrais être d'autre et dedifférent.

De la contingence de ce que je suis maintenant, il fait nécessité("Tu as fait ceci, tu as dit cela").

Le regard d'autrui transcende matranscendance, pour la ramener à n'être plus qu'une seule chose : un acte,une parole, une attitude, une pensée, un comportement.

De plus, êtreregardé c'est être objet inconnu, qui m'échappe, car si je suis responsable dece que je suis ou laisse transparaître, je n'ai nulle prise sur le jugement de valeur d'autrui.

Sous le regard d'autrui, je suis sans défense pour une liberté qui n'est pas la mienne.

Si l'existenced'autrui est indispensable à l'existence objective de ma propre conscience, car sans lui je ne serais rien qu'uneconscience flottante et évanescente, autrui est la marque indélébile de ma dépendance à une conscience et uneliberté qui ne seront jamais miennes. Autrui est donc loin de favoriser ma liberté.

Néanmoins on peut se demander s'il n'est pas un facteur indispensable àl'existence de cette dernière. Autrui en tant que semblable et membre de ma société va consciemment ou inconsciemment me rappeler mondevoir.

Autrui étant la représentation matérielle de la contrainte morale il apparaît dans certains cas comme unobstacle par rapport à ma liberté.

Mais comme il me rappelle le devoir, la contrainte et que le devoir suppose laliberté il représente l'outil rappelant la possibilité.

En effet si l'on doit faire quelque chose par rapport au système devaleur morale que nous renvoie autrui c'est qu'on à la possibilité de le faire, on a le potentiel d'accomplir son devoir.En ville, si je veux traverser une rue mon devoir est de traverser sur le passage piéton afin de respecter la sécuritédes automobilistes et la mienne.

Maintenant si pour gagner du temps je franchi la route hors du passage piétonautrui me rappellera mon devoir.

C'est à dire qu'il m'éclairera sur le fait que je suis libre de traverser sur le passagepiéton sereinement si j'en ai envie.

Autrui permet donc ma liberté en ce qu'il me rappelle mon potentiel à faire ce queje désire. De plus autrui est nécessaire à ma liberté car c'est avec lui que je vais créer une relation.

Hors être seul n'est pasêtre sans autrui mais être sans relation avec lui.

Autrui pallie donc à ma solitude.

En effet il n'y aurait aucun senspour un homme seul à dire "je suis libre".

Dans un premier temps il ne pourrait pas dire "je" car personne ne luirenverrait son image il n'a donc pas conscience de lui-même.

D'autre part il n'a aucune motivation à se caractérisercomme libre car la liberté est conçue en majeure partie par les contraintes liées à autrui.

Sa liberté sera si absolueet permanente qu'elle n'aura plus aucune signification pour l'individu.

Il ne saura plus ce qu'est un gêne il ne serendra donc plus compte qu'il n'en a aucune, qu'il est libre.

De plus il ne pourra apprécier son niveau, son degré deliberté car sans autrui il n'aura plus de repères pour une comparaison potentielle.

Par exemple dans Vendredi ou leslimbes du Pacifique quand le héros se retrouve seul il perd son humanité, sa conscience réfléchie, ce qui lui permetde se rendre compte de sa liberté.

Il ne se rend plus compte de son état car autrui n'est pas là pour lui rappeler.Autrui est nécessaire à ma liberté car sans lui cette dernière n'a plus aucun sens pour moi. Il est donc très difficile de dégager la part de responsabilités d'autrui dans le fait que je sois un être libre.

Autrui abeau être un élément nécessaire, indispensable à ma liberté, il peut s'avérer dans de nombreuses situations commeun frein puissant tant au niveau physique que moral à cette même liberté.. »

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