A quoi sert l'histoire ?
Publié le 18/02/2004
Extrait du document


«
L'histoire est-elle une entité réelle, ou bien n'existe-t-elle que dans l'esprit de l'historien ? Si l'historien pouvaitexister, il s'agirait d'un homme qui détiendrait un pouvoir absolu, une vision des phénomènes complètementsynthétique, devrait se situer à la fin des temps c'est-à-dire paradoxalement à la fin de l'histoire.
L'historien estsusceptible de prononcer un jugement de valeur, mais pas un jugement objectif, mais c'est en général au détrimentde la connaissance historique.
Normalement, l'histoire ou l'historien n'a pas à juger car il doit seulement chercher àconnaître.
« Au sens strict des termes, l'histoire ne répond pas à la définition de la science ; elle ne consiste pas en démonstrations abstraites comme les mathématiques ; elle n'est pas vérifiable par l'expérimentation comme lessciences de la nature; enfin, elle n'aboutit pas à des lois qui permettent la prévision.
» Léon E.
Halkin , Éléments de critique historique .
L'histoire est inséparable de l'historien.
Tout en procurant une ouverture de l'esprit pour la connaissance deshommes, elle éveille 1e sens positif du doute et de la critique.
Aussi ne s'improvise-t-on pas historien et l'objet de laconnaissance historique ne s'étale-t-il pas comme l'objet de la connaissance physique.
D'où l'impérieuse nécessitéde former des historiens capables de s'investir sérieusement dans le métier d'historien.
« J'entends par histoire une recherche scientifiquement conduite, disons à la rigueur une science, mais complexe : il n'y a pas une histoire, unmétier d'historien, mais des métiers, des histoires, une somme de curiosités, de points de vue, de possibilités...
»Braudel, Écrits sur l'histoir e.
Marc Bloch pose la question de la légitimité de l'histoire dans son ouvrage Une apologie pour l'histoire.
Conclusion :
À quoi sert l'histoire comprise comme l'ensemble des faits humains ? On peut s'interroger sur l'utilité del'historiographie.
Pourquoi a-t-on élaboré une telle discipline ? N'a-t-elle d'intérêt qu'en tant qu'elle pourrait être utile? Peut-on aussi penser que l'histoire comme science humaine pourrait être une connaissance désintéressée ? Lesujet peut également poser le problème du progrès de l'histoire, et d'un sens de l'histoire : l'homme lui trouve-t-il unintérêt par son statut d'être historique, pris dans une époque, dans une chronologie ? Quel est l'apport de l'histoirepour la connaissance, ou pour la conduite de la vie ? « Ce que raconte l'histoire n'est en fait que le long rêve, lesonge lourd et confus de l'humanité », Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation.
SUPPLEMENT:
L'histoire a été diversement appréciée.
A l'historicisme intempérant du XIXe, s'opposent les diatribes de Nietzschepuis de Valéry, le mépris d'Alain et de Bergson.Ces positions extrêmes se justifient par la nocivité des mythes historiques qui ont trop souvent servi d'alibi àl'agressivité et à la rapacité des peuples.
Mais les mythes ne sont-ils pas le produit spontané de la consciencecollective, et le rôle d'une histoire scientifique n'est-il pas, précisément, de dénoncer leur caractère de mythe ?Tâche difficile et sans cesse à reprendre, car, psychologiquement, le mythe sera toujours plus « vrai » que toutrécit critique basé sur des documents sérieux.
Y a-t-il des leçons à tirer de l'histoire ? La question est délicate : « science du concret», l'histoire a pour objet desévénements qui, dans leur singularité n'ont aucune chance de jamais se répéter : il ne saurait donc être question,quelque tentation qu'on en aie, d'appliquer tels quels à la solution de problèmes présents des procédés qui ont jadisréussi.
Cependant, à un niveau d'abstraction plus profond, on peut espérer, sous les évolutions apparentes,découvrir des régularités et des permanences instructives.
Mais les conclusions, en ce domaine doivent êtreassorties de la plus grande prudence.
L'histoire rend compte de la part énorme de traditions et de survivances irréductibles à la raison que véhicule toutesociété.
Mais le fait même de survivance est-il pour autant expliqué ? Ce qui survit, c'est ce qui, plus ou moins, amérité de survivre, c'est-à-dire joue encore un certain rôle, remplit une fonction actuelle.
Perspective étrangère àl'histoire comme telle...
Il n'en reste pas moins que nous sommes plongés dans une réalité dont l'histoire est une dimension : à nous decontinuer, d'achever ou de briser sans recours ce que d'autres ont commencé.
De toutes façons, une histoireignorée est une histoire subie; un passé connu nous laisse au contraire un choix : celui de l'assumer ou de le rejeter.
Enfin, l'histoire est une forme de connaissance d'autrui, elle élargit incomparablement notre expérience humaine.
a.
Difficultés
Même si une époque est parfaitement restituée, comment se servir de ce que l'on connaît d'elle ? Comment tirer des.
»
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