Vérités et mensonges des Fables de La Fontaine
Publié le 12/09/2019
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Un appel à se perfectionner
Le \" mensonge , de lafable, précisément parce qu'elle nese préoccupe pas de vraisemblance ni de réalisme, peut bâtir un monde parfait. C'est le propre de l'utopie1. Jamais accessible, elle demeure toujours tentante. Elle encourage à sans cesse mieux faire.
Nombre de fables participent de cette pédagogie active qui ne réprime ni ne sermonne, mais qui stimule et incite à se dépasser. Le Monomotapa est ainsi le pays de l'amitié véritable (Les Deux Amis, VIII, 11). Les Deux Pigeons (IX, 2) illustre la beauté de l'amour. Les Dieux voulant instruire un fils de Jupiter (Xl, 2) dépeint le roi idéal. Le Corbeau, la Gazelle, la Tortue et Je Rat (Xli, 15) fait l'éloge de la générosité. L'ermite dans Le Juge arbitre, l'Hospitalier et Je Solitaire (Xli, 29) incarne la sagesse même.
Pour un moraliste classique, il existe deux manières de \" corriger les mœurs » : ridiculiser les vices et les défauts, et imaginer un monde meilleur, qu'il propose en modèle. Les Fables en usent tour à tour. Mais le résultat est le même. Elles sont une invitation à se perfectionner, fût-ce par de belles fictions.
Un appel au respect des valeurs écologiques
Si le langage articulé des animaux est une fantaisie poétique, ce que les animaux disent n'a rien de fantaisiste. Le procès qu'ils intentent à l'homme est au contraire des plus sérieux2. Qui ne dénonce aujourd'hui la cruauté dont sont parfois victimes les bêtes ? Qui n'approuve la nécessité de sauvegarder les espèces ? Qui ne sent que l'homme, malgré sa supériorité intellectuelle sur les autres espèces vivantes de la planète, n'est qu'un maillon de l'immense chaîne de la vie ?
On peut sourire de ce que des arbres s'expriment. La morale de la Forêt et le Bûcheron (Xli, 16) n'en demeure pas moins une illustration imagée et poétique de la défense de l'environnement. Qui niera que

«
correspond
à rien de réel 1.
Et que de dire l'allégorie 2 de la Mort
conversant avec un vieil lard (La Mort et le Mour ant, VIII, 1) ? De la Forêt
qui " gémit , sous les coups de hache des Bûcherons (Xli, 16 ) ? " Qui
ne prendrait ceci pour un enchantement ?3 "• dit La Fontaine à propos
du premier recueil de ses fables.
Au xvu• siècle, le mot " enchante
ment '' conservait son sens originel de.
»
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