Quelles réflexions vous inspire ce passage d'Henri Poincaré ?
Publié le 30/06/2015
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Par ailleurs, à mesure que passent les générations, les travaux scientifiques s'ajoutent. Aussi, a-t-on pu dire que toute science comporte une part d'empirisme. Einstein part de la physique de Newton mais il la dépasse. En un mot, connaissance vulgaire et science, loin de s'opposer formellement, se complètent. La seconde apparaît comme un immense accroissement de la première.
Cependant, formuler des hypothèses, construire des théories nouvelles, tel apparaît l'acte fondamental du génie scientifique... Comment le savant pourrait-il y parvenir s'il se cantonnait dans un savoir figé; s'il se contentait de constater, d'accumuler et, jamais, d'élaborer, de disséquer, de renouveler, de détruire, de reconstruire sans cesse, surtout dans les sciences expérimentales ? Les progrès des sciences de la matière paraît se justifier plutôt par une suite de soubresauts, de bonds que par une patiente addition des faits. « L'histoire du progrès scientifique, c'est l'histoire dramatique des victoires remportées sur la contradiction «, écrit un grand savant. La marche de la science n'est pas régulière.
«
sentent la science comme une succession de connaissances
illusoires, sans lien entre elles.
Ils s'imaginent qu'il n'existe
aucun rapport entre les découvertes d'aujourd'hui et les
inventions de demain.
Ils s'expliquent si peu le but et le
rôle véritables des théories scientifiques qu'ils en arrivent
à perdre de vue que, pour traduire le réel avec logique et
objectivité, la science doit sans cesse bouleverser les données
anciennes, rectifier les faits nouveaux, bref, renouveler sans
arrêt, avant de généraliser.
Deux questions se posent immédiatement.
L'évolution
de la science est-elle une lente et paisible accumulation des
notions dans laquelle l'acquis joue un rôle déterminant "!
L'historique du progrès scientifique, se résume-t-il à une
série d'étapes, de conquêtes ? Les théories scientifiques sont
elles immuables et immortelles ou mobiles et toujours renou
velées?
Longtemps on s'est demandé si la science se développe
dans le prolongement direct de la connaissance vulgaire et
de l'opinion commune.
Les grands philosophes antiques situent différemment
le problème.
Platon hiérarchise les degrés de la connais
sance en harmonie avec « les degrés de l'Etre.
:.
Les genres
supérieurs du savoir de Spinoza ne sont pas sans analogie
avec ceux de Platon.
A.
Comte pense que la connaissance
scientifique représente la maturité de l'esprit humain,
laquelle s'atteint en passant par des étapes bien définies.
La science apparaît dès lors, comme un « produit tardif de
l'histoire.
:.
Comte précise : « chaque science dépend de
la précédente, mais y ajoute quelque chose.
:.
J.
Maritain
distingue le savoir rationnel que nous pouvons atteindre
avec nos facultés naturelles et le savoir supra-rationnel ou
sagesse qui paraît d'essence divine.
D'autres thèses font aussi
descendre la science de la théologie et de la technique.
Au travers d'elles, il faut retenir que la science est, à la
fois, œuvre collective et œuvre des siècles.
Elle est un pro
duit social.
Elle existe depuis qu'il y a des hommes sur la
terre.
Si révolutionnaires que paraissent les théories scien
tifiques
modernes, elles ont été construites à partir des don-
136-.
»
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