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PURISME

Publié le 17/03/2019

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arbitrairement l'évolution d'une langue à une de ses étapes, considérée comme un point de perfection, en rejetant tout néologisme ou changement de sens. En un sens plus délimité, le purisme définit une tendance de la langue et de la littérature françaises, au milieu du xvii® s. Chapelain relève, en 1620, le mot de puristes, qui circonscrit une assemblée de « doctes » qui ont pour objectif de « rechercher la pureté de la langue française ». En 1629, Camus s'emportera contre une « académie de puristes » qui pourchasse les fautes de langage. La particularité de ce purisme, c'est qu'il dépasse largement l'action des grammairiens et qu'il saisit la société tout entière : on ressent dans la langue et dans les genres littéraires le même besoin de règles que dans les manières et les rapports quotidiens. Les puristes eurent aussitôt des adversaires passionnés dans les écrivains attachés à la tradition humaniste et à la liberté inventive du siècle de Rabelais, de Ronsard et de Montaigne (Régnier, Garnier, Hardy, M,,e de Goumay, J.-P. Camus) : on opposait l'« ardeur » de Ronsard à la « douceur » de Malherbe. Surtout la langue des puristes, conçue d'abord comme un instrument de communication, était paradoxalement « moulée sur le vulgaire », c'est-à-dire qu'elle était la langue de tout le monde, et non le creuset de l'imaginaire d'un écrivain. L'établissement de l'Académie française marque, en un sens, le triomphe des puristes : son programme lui assignait explicitement de « donner des règles certaines à notre langue et de la rendre pure, élégante et capable de traiter les arts et les sciences ». Le purisme condamne ainsi les archaïsmes (c'est-à-dire tous les mots sortis de l'usage des « honnêtes gens »), les locutions triviales, les mots qui suscitent des équivoques ou des associations d'idées déplacées. Il y eut même une grande querelle en 1637 autour de la conjonction « car ». Pratiquée sur le terrain par Chapelain et Conrart, qui se faisaient volontiers correcteurs et réviseurs de leurs collègues, la doctrine du purisme linguistique fut théorisée par Vaugelas [Remarques sur la langue fran-


« çaise, 16471.

mais combattue par La Mothe Le Vayer (Considérations sur l'éloquence française, 1637) et Charles Sorel (Discours, 1658).

Le purisme eut ses fanatiques les Précieuses.

Mais à force de périphrases ell es créèrent un nouveau Jarg. »

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