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Publication et accueil de L'éducation sentimentale de Flaubert

Publié le 23/11/2012

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flaubert

Maupassant, Huysmans, France, Barrès retiendront la

leçon. Mais c'est sans doute Marcel Proust qui comprendra

le mieux ce qu'apporte Flaubert à la littérature:

cette façon de faire du temps la matière même du

récit, de s'en approprier l'écoulement jusque dans ces

fameux« blancs« qui trouent l'action sans en rompre

pour autant le fil; cette façon d'abolir la distance entre

l'objet considéré et l'intelligence qui le décrit et qui:

flaubert

« L'Éducation sentimentale 1 339 douze francs les deux volumes, soit environ deux cents francs actuels.

Cette première édition sera vite épuisée, mais L'Éducation sentimentale n'obtiendra pas, par la suite, le succès de librairie attendu.

Il est vrai que les événements politiques vont bientôt détourner l'atten­ tion du public, que l'accueil de la critique n'aura su sus­ citer.

Il n'y aura cette fois ni bruit ni vraie fureur dans le monde des lettres, le roman ne fera pas scandale, ne soulèvera ni passions ni enthousiasme.

Dès le 19 novembre, cependant, Barbey d' Aurevilly, reprenant dans Le Constitutionnel le feuilleton du défunt Sainte-Beuve, se déchaîne contre Flaubert: «C'est un esprit de sécheresse supérieure parmi les secs, une intelligence toute en surface, n'ayant ni senti­ ment ni passion, ni enthousiasme, ni idéal, ni aperçu, ni réflexion, ni profondeur ...

L'Éducation sentimen­ tale confirme absolument le vide de tête qu'avait affirmé Salammbô.

» D'ailleurs,« le médiocre jeune homme dont ce livre est l'histoire est vulgaire, et tout autour de lui l'est comme lui, amis, maîtresse, société, sentiment, passion ...

» Quant au style, comme il l'avait fait remarquer treize ans plus tôt, lors de la parution de Madame Bovary, il s'agit cette fois encore d'« une description infinie, éter­ nelle, atomistique, aveuglante ...

» Edmond Schérer, dans un article ambigu paru le 7 décembre dans Le Temps, remarque, sans en faire pour autant l'éloge, l'originalité du roman: «On proteste en lisant le livre, mais on le lit.

( ...

] De quoi se compose la plus grande partie de la vie? De faits dont la cause échappe, et dont il ne sortira rien, de rencontres oiseuses, d'actions capricieuses ou inuti­ les.

Formez un roman de tout cela, je vous en défie; eh bien! c'est ainsi que M.

Flaubert a fait le sien.» C'est assez bien vu, mais il n'y a pas là de quoi exalter les contemporains, d'autant qu'il précise: «A force. »

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