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Les maitres à penser au XIXe siècle

Publié le 27/06/2012

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Deux phénomènes ont contribué, vers la fin du xixe siècle, et au commencement du xxe, à faire naître des écrivaim polyvalents et à orienter la littérature vers l'exposition, sinon de thèses, du moins d'attitudes devant la vie. D'une part, la rupture de plus en plus accentuée des frontières qui séparaient les genres, et même la prose des vers: la diversité des moyens d'expression s'accentue et le même auteur, selon les suggestions de son imagination, la mode, l'évolution de son intelligence, empruntera les formes les plus variées; le lien qui unira les différents aspects de son oeuvre sera à la fois un style :propre et un dans ses caractères essentiels, et une attitude intellectuelle; les genres ne sont pour lui que des moyens empruntés, et les plus grands utilisent de préférence le genre le plus indéterminé, l'essai. D'autre part, la ruine ou l'affaiblissement des orthodoxies religieuses ou politiques ont laissé la place libre à des penseurs ou des moralistes qui ont pu proposer leurs solutions sur les problèmes les plus divers, non en spécialistes, mais en hommes. Très peu d'entre eux ont cherché à participer directement à la vie politique, à l'action sociale; ils se sont, certes, tenus tout près de l'actualité politique et sociale, mais pour la commenter librement et y trouver des occasions de dégager leur personnalité. Leur influence fut énorme et ils ont modelé leur siècle autant que Voltaire avait modelé le sien.

« ANATOLE FRANCE 629 qui unira les différents aspects de son œuvre sera à la fois un style :propre et un dans ses caractères essen­ tiels, et une attitude intellectuelle; les genres ne sont pour lui que des moyens empruntés, et les plus grands utilisent de préférence le genre le plus indéterminé, l'essai.

D'autre part, la ruine ou l'affaiblissement des orthodoxies religieuses ou politiques ont laissé la place libre à des penseurs ou des moralistes qui ont pu pro­ poser leurs solutions sur les problèmes les plus divers, non en spécialistes, mais en hommes.

Très peu d'entre eux ont cherché à participer directement à la vie poli­ tique, à l'action sociale; ils se sont, certes, tenus tout près de l'actualité politique et sociale, mais pour la commenter librement et y trouver des occasions de dégager leur personnalité.

Leur influence fut énorme et ils ont modelé leur siècle autant que Voltaire avait modelé le sien.

Il convient de s'arrêter quelque peu sur ces grands esprits dont l'œuvre a revêtu des formes multiples, et qui ont tant agi sur les intelligences et les sensibi­ lités : Anatole France, né en 1844, Bergson, né en 1859, Barrès, né en 1862, Maurras, Romain Rolland, Alain, nés tous trois en 1868, A.

Gide, né en 1869, Péguy, né en 1873.

En 1920, ils avaient, à part France, de soixante et un à quarante-sept ans.

Anatole France (1844-1924) débuta comme critique littéraire, comme poète lyrique, et comme auteur dra­ matique, un peu à l'écart des modes nouvelles d'expres­ sion, et moins curieux de la vie que des livres où il cherchait son inspiration.

Peu à peu, sa personnalité se révèle, dans Jocaste (1879}, une nouvelle, Le Crime de Sylvestre Bonnard (1881), histoire d'un vieil érudit qui se trouve héberger une jeune fille qu'il aide à réaliser son bonheur en s'y brûlant un peu les ailes lui-même, Le Livre de mon Ami (1885), épisodes très arrangés, sinon tout à fait inventés, d'une vie d'enfant qui pour­ rait être la sienne.

En même temps, il poursuit dans Le Temps son œuvre critique, cherchant moins, dans cette Vie littéraire à saisir et à deviner la littérature qui se fait, qu'à exprimer les émotions, les rêveries, les réflexions que font naître en lui ses lectures.

Thaïs (1890) est une résurrection du christianisme primitif dans un épisode où la mystique et la passion jouent leur rôle, écrit avec une ironie voltairienne qui loue. »

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