La narration dans Une partie de Campagne (Maupassant et Renoir)
Publié le 05/12/2019
Extrait du document

Rodolphe « regardant intensément vers • la balançoire » lie, de façon visible, la narration* au regard, lui-même instrument du désir. C'est encore un champ*/contrechamp* qui exprime le désappointement-désir contrarié-des Dufour quand ils.s'aperçoivent que « leur place », sous le cerisier, est occupée.
Le montage*, enfin, doit également définir la durée des plans. Il s'agit là d'une fonction essentielle, qui imprime au film son rythme. Dans Partie de campagne, la durée des plans ne « force » jamais le regard du spectateur. En d'autres termes, un plan* n'est jamais perçu comme trop court ou trop long. Là encore, le naturel est de rigueur, le rythme du montage épousant le rythme des choses.
Fidèle au projet réaliste, la narration, dans les deux œuvres, puise sa matière dans un réel - un fragment de réel - qu'elle entend explorer. S'efforçant de mimer le déroulement naturel des événements, elle se développe selon une logique interne, dictée avant tout par le désir.

«
La
réa lité obser vée dans Une partie de campagne ne se
réd uit cepe ndant pas à sa dimension sociale, concu rrencée
d'emb lée par la réal ité du corps.
Car, au lieu d'exclur e le
corps dans ses fonctions JUgé es trivia les, Maup assant à
l'i ns tar d'un Flaubert ou d'un Zola, le rev endique comme
élém ent cons titutif de la réa lité de l'homme.
La physiologie
n'e st pas honteuse, elle est.
En harmonie avec le credo
réal iste, la nouv elle doit être lue comme l'histoire du corps
et de ses désir s dans une nature en éveil.
Ren oir
Renoir respecta nt le projet global de Maup assant et le
schéma narratif d'ensemble de la nouv elle, ce qui est vrai
de l'un l'est aussi, globalemen t, de l'a utre.
Il semble néan
moins logique que le cinéaste, n'ayant pas lui-même de
position partisane au sein de l'es thé tique réaliste -dépas
sée à son époque -, ne privi légie pas forcé ment les
même s élé men ts que son modèle.
La visée satirique, sans
po ur autant être absent e de la narra tion *, se trouve ainsi
ne ttement estomp ée au profit d'une attention accrue à
l'h istoir e des corps et de leur sensual ité.
En témoignent
no tamme nt l'ell ipse* du trajet et la dénon ciation corrélative
de la laideur de la banlieue (fréquen te à l'époq ue de l'éc ri
va in) et l'absence des deux séquences* de bout ique.
Atte ntif au jeu des corps et à la dim ension du mariva u
dage, Renoir développe le thème de la conquê te, au cour s
du long dialogue des cano tiers dans l'aub erge, là où, chez
Mau passant, la str até gie se rédu isait à un échange de sou
rir es et de regards.
--·L A LO GIQUE DU RÉCI T
Mau passant
Mis ant sur l'illusion référenti elle, la narra tion* épouse la
logique des événem ents telle qu'elle est censée se pro
duir e toute seule.
L'agencement des faits semble ainsi
mi mer le rée l, sans qu'ait besoin d'inter venir une quel
.
co nque instance narrative : la famille Dufour part pour la
1'11.
»
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