La Bruyère Les Caractères Livre IX remarque 48
Publié le 25/03/2025
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La Bruyère
Les Caractères
Livre IX remarque 48
Introduction :
Accroche : La cour de Louis XIV au XVIIe siècle, reflet de la société de cette
époque apparaît comme un jeu de pouvoir où règne l'hypocrisie et la vanité.
Ce
lieu emblématique attire l'attention de nombreux écrivains et philosophes de ce
temps qui exerceront leur regard critique.
L’auteur et son œuvre : C’est ainsi que La Bruyère, moraliste issu de la
bourgeoisie parisienne écrivit son unique ouvrage en 1688 intitulé « Les
Caractères ou les mœurs de ce siècle » s’inspirant des caractères de
Théophraste auteur grec.
Cette œuvre de La Bruyère composée de 16 livres et
de 1120 remarques vise à dénoncer les vices et travers de la société de l’époque,
véritable comédie sociale et dresser l’idéal de l’honnête homme cher aux
auteurs classiques
Le texte : Le portrait de THEOGNIS, objet de la remarque 48 du livre 9 intitulé
« des grands » s’attache plus particulièrement aux hommes de la Haute
noblesse.
LB remarque qu’ils ont les mêmes vices que les petits courtisans ou les
parvenus : orgueilleux, vaniteux, imprévisibles, corrompus et écrasant les plus
« petits condamnant ainsi les privilèges acquis par la naissance.
Lecture
Problématique : nous allons nous attacher à analyser la manière
dont la Bruyère s’y prend pour dresser une critique du
mondain.
Mouvements du texte :
Dans un premier temps La Bruyère nous dresse le portrait d’un mondain coquet
« Théognis est recherché…nul ne lui échappe » (ligne 1 à 5).
Ensuite il le met en scène publiquement
« (ligne 6 à 10)
« marche-t-il ….
Celui qu’il a embrassé
Enfin la Bruyère nous décrit le comportement hypocrite « quelqu’un a besoin…
content d’être ….refusé » (ligne 10 à 16)
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Analyse linéaire
1ER MOUVEMENT : le portrait du mondain coquet
Ligne 1 à 3 : Théognis est recherché dans son ajustement, et il sort paré
comme une femme.
Il n’est pas hors de sa maison, qu’il a déjà ajusté
ses yeux et son visage
La remarque s’ouvre par un nom, LB exploite une nouvelle fois les possibilités de
l’onomastique (ce qui est relatif aux noms propres) : c’est le nom d’un grand
« Théos » en grec veut dire Dieu et renvoie à l’image qu’il doit se faire de luimême.
C’est également un nom d’origine grec qui donc se démarque de ses
contemporains.
C’est d’abord un portrait physique « recherché dans son ajustement » avec une
pointe d’ironie « paré comme une femme »
Le portrait « efficace » l’utilisation du présent « et il sort » rend la scène
dynamique et actuelle.
LB insiste sur l’efféminement
Ce portrait physique s’enrichit d’éléments d’ordre psychologiques : la volonté de
plaire
Ligne 3 à 5 : afin que ce soit chose faite quand il sera en public, qu’il y
paraisse tout concerté, que ceux qui passent le trouvent déjà précieux et
leur souriant et que nul ne lui échappe
Pas moins de 4 propositions (circonstancielles de but) : afin que, (afin) qu’il y
paraisse, (afin) que ceux qui passe et (afin) que nul… montre l’obsession du
personnage de plaire à tous sans exception.
transition
LB nous prépare à une théâtralisation : Théognis entre en scène ( quand il sera
en public)
2 eme MOUVEMENT : la mise en scène du mondain coquet
Ligne 6 à 10 : « marche t-il dans les salles, il se tourne à droit où il y a un
grand monde et à gauche où il n’y a personne ; il salue ceux qui y sont
et ceux qui n’y sont pas : il embrasse un homme qu’il trouve sous sa
main, il lui presse la tête contre sa poitrine, il demande ensuite qui est
celui qu’il a embrassé »
Localisation de la scène : « dans les salles » évoque toute suite l’immensité du
lieu et fait référence immédiatement à Versailles fréquenté par de nombreux
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courtisans appelé ironiquement « grand monde »( c’est-à-dire à la fois beaucoup
de monde et hommes de grandes importance.
Théognis parade de façon ridicule.
Nous noterons la succession des verbes d’action : il se tourne, il salue, il
embrasse, il lui presse, il demande amène une certaine vivacité à la scène.
Cette vivacité est renforcée par la description des deux actions symétriques....
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