George Sand juge ainsi la situation le 15 août 1830 : « Mais si par hasard on était dupe de soi-même? Si on avait mis des mots à la place des idées, si on avait laissé sans s'en douter, beaucoup de latitude au retour futur de l'absolutisme ? » Montrer que Lorenzaccio exprime le pessimisme de George Sand et d'Alfred de Musset
Publié le 09/11/2012
Extrait du document
3ème partie : L’inutilité du meurtre et la sinistre répétition de l’histoire
Tout au long de Lorenzaccio, nous retrouvons le présage du meurtre du duc par le héros. Mais ce
meurtre en 1536-37 est encore un fois un reflet de la France trois siècles plus tard. Au XIXème siècle,
les républicains se battent contre le pouvoir absolu des monarques, quant à Florence, elle est divisée
entre les républicains et ceux qui soutiennent le pouvoir royaliste.
En 1789, les français se battent pour leurs droits ; ils descendent, armés, dans les rues jusqu’à la
Bastille. Jour sanglant, le 14 juillet, marque à jamais l’histoire de la France : le peuple revendique ses
droits, et Louis XVI et la plupart des aristocrates sont décapités. Mais le combat tenace des hommes
trouve une triste fin, Napoléon I prend le pouvoir à travers à coup d’état. Il s’autoproclame
«
Louise à travers un complot pour attaquer les républicains.
De plus, Alexandre de Médicis refuse
catégoriquement de changer, et avoue même sa nature d’usurpateur.
Alors que la marquise de Cibo veut
convaincre le duc de changer ses principes gouvernementaux, en laissant plus de liberté au peuple, et en
travaillant pour le bonheur des hommes, Alexandre répond qu’il veut tirer le plus d’argent possible de ses
sujets (Acte III, Scène 6).
Finalement, le tyran corrompt deux commerçants, Venturi et Blindo, qui
acceptent ses faveurs (Acte II, Scène 4).
Ceci est un reflet de la compromission de certains républicains
face au pouvoir royal.
Un autre personnage clé de l’immoralité des hommes est Lorenzzacio lui -même.
Alors qu’il sombrait
dans la débauche pour tromper le duc de Florence, il finit lui -même par se perdre dans son jeu.
Ainsi
dans la troisième scène de l’acte III, il dévoile le double -masque qui le ronge : « Le vice a été pour moi un
vêtement ; maintenant, il est collé à ma peau ».
Finalement, le cardinal manque de sincérité auprès des valeurs de l’église, il manipule pour étendre son
pouvoir.
Lors d’un confessionnal, il apprend que la marquise de Cibo est éprise d’Alexandre de Médicis,
et qu’lle veut changer son comportement politique (Acte II, Scène 3).
Le cardinal, veut en profiter pour
gagner de l’influence sur le duc.
Ensuite, il fait du chantage à la marquise pour arriver à ses fins (Acte IV
Scène 4).
A travers cet homme religieux,
De Musset critique l’Eglise du XIXème siècle qui possède un pouvoir démesuré.
De la même façon, dans
Le Rouge et Le Noir, Stendhal démontre que l’entrée dans l’église, aussi bien que dans l’armée, est un
moyen d’atteindre les hauts rangs de la société.
2ème partie : Le peuple et les intellectuels incapables d’agir
L’échec des Trois Glorieuses est le véritable reflet de l’incapacité d’agir des hommes du XIXème siècle.
Alfred de Musset, à travers Lorenzaccio, démontre que beaucoup de paroles sont dites, mais peu
d’actions sont entreprises.
En France, une révolution menée par les républicains permet de démettre le roi Charles X de son trône.
Toutefois, ils ne poursuivent pas leurs efforts jusqu’au bout, et Louis-Philippe d’Orléans, cousin de
Charles X, succède au pouvoir.
Alors que les libéraux veulent un régime dit « à l’anglaise », c'est-à-dire
vers un parlementarisme où c’est le parlement qui nomme les ministres, ils sont incapables de mettre en
œuvre leur décision.
Les Trois Glorieuses nourrie le désenchantement de la jeunesse du XIXème, et de nombreux hommes
souffrent du mal du siècle.
Le rêve d’une liberté possible est abordé par de nombreux écrivains.
Mais les
paroles des romanciers, des poètes ou encore des dramaturges n’apportent pas de changement à la vie
de la société.
C’est seulement l’engagement de certains écrivains qui permet de bousculer la politique.
C’est ainsi que Victor Hugo se bat pour la démocratie, et était considéré
comme défenseur de la République.
Par exemple, il participa aux massacres des émeutes ouvrières de
juin 1848, rédigea un pamphlet où il condamnait le coup d’état de Napoléon III (Napoléon le Petit, 1852).
Ses actions finiront par le faire exilé une vingtaine d’années sous le Second Empire.
Il considérait que le
romantisme était le libéralisme en littérature et que le théâtre, avait pour mission d’instruire, d’offrir une
tribune pour le débat d’idées.
Alfred de Musset souffre de la frustration de l’échec de la révolution, et critique l’incapacité qu’avaient les
républicains à prendre une décision.
Dans Lorenzaccio, deux personnages illustrent cette critique.
Tout
d’abord, il s’agit de Philippe Strozzi, chef des républicains.
Il est un penseur idéaliste, qui réfléchie aux
moyens d’agir, mais qui n’effectue aucune action.
Il mène une vie contemplative qui l’empêche de faire
face à la réalité, et à monter un véritable plan.
Et ce n’est qu’après l’arrestation de ses deux fils lors de
l’acte trois, qu’il se résout enfin à mener une attaque contre le duc.
Hélas, la mort de sa fille Louise,
empoisonnée lors d’un banquet par les Médicis, le fait revenir sur sa décision.
L’indécision de Philippe
marque l’impuissance des républicains à entreprendre un acte contre le duc de Florence, et par analogie,
souligne l’hésitation après la révolution de juillet.
L’autre personnage est le fils de Philippe, Pierre Strozzi.
A l’opposé de son père, il est un activiste.
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