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deuxième partie scène 3 juste la fin du monde

Publié le 06/11/2023

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« Deuxième partie, scène 3 Intro : Jean-Luc Lagarce est un comédien, metteur en scène et dramaturge du XXème siècle.

En 1988 il apprend qu’il est atteint du sida et se sait condamné.

Malgré sa mort prématurée en 1995, à l’âge de 38 ans, il laisse derrière lui plusieurs dizaines de pièces qui rencontreront un succès posthume. Lagarce écrit “Juste la fin du monde” en 1990.

Cette pièce est d’abord refusée par tous les comités de lecture et elle ne sera montée qu'en 1999.

Elle exhibe la solitude des personnes en décalage avec leur famille et relève leurs propres conflits intérieurs.

Sans être totalement autobiographique, Jean-Luc Lagarce parle aussi de son histoire dans cette œuvre. L’extrait à analyser est la deuxième partie, scène 3, c’est une scène importante puisqu'elle la dernière scène avant l'épilogue.

Antoine le frère de Louis expose dans une longue tirade l’ambivalence de sa relation avec Louis entre le ressentiment et l'amour compassionnel Ainsi Antoine, qui n'a quasiment pas parlé pendant la pièce, passe du non-dit à la logorrhée verbale (= flot de paroles désordonnées).

Au cours de son soliloque (tirade adressée à un interlocuteur muet), Antoine exprime sa colère et sa frustration.

Toute la souffrance et la rancœur accumulées pendant des années refont surface. Problématique : En quoi cette scène met-elle en scène le lien étroit entre crise familiale et crise personnelle ? Nous verrons pour cela dans un premier mouvement le réquisitoire contre Louis : Antoine cherche à résoudre la crise familiale en révélant, avec lucidité, la responsabilité de Louis, l1 à 16 et dans un deuxième mouvement l’expression d’un mal être et de la culpabilité d’Antoine : la crise familiale n’est pas résolue, doublée d’une crise personnelle, l17 à l27. I) Le réquisitoire contre Louis : Antoine cherche à résoudre la crise familiale en révélant, avec lucidité, la responsabilité de Louis. l1 : “Tu es là” → Le “Tu” indique la présence de Louis en face d’A = face à face qui oppose A à son frère, comme dans un tribunal : il interprète le silence deLouis comme un reproche à son égard l2-4 : “ tu m’accables” x3 → épanorthose : A reproche à L de les faire tous culpabiliser, le lamento d’Antoine est en réalité argumentatif : il s'agit d’un blâme qui condamne Louis. Louis est à nouveau présenté comme un juge.

L’action violente de Louis désignée par le verbe « accabler » montre un Antoine qui étouffe, dont la respiration vitale est réduite et évoque une mise à mort, une impossibilité de se défendre face aux accusations silencieuses de Louis. l4 : “ tu nous accables “ → passage de la 1re pers.

du singulier à celle du pluriel « nous » = action de Louis sur Antoine élargie au cercle familial, La violence de Louis atteint toute la famille.

Antoine exprime sa douleur mais prend aussi en charge d’exprimer celle de la famille. l5-6 : “je te vois, j’ai encore plus peur pour toi que lorsque j’étais enfant” → Emploi du verbe de perception «vois» = double sens, propre la vue et figuré(la clairvoyance + tournure comparative «encore plus que» soulignant le degré d’intensité du sentiment que provoque Louis dans son entourage + subordonnée temporelle «lorsque j’étais enfant»= plongée dans le passé familial. La violence de Louis est en relation avec la peur qu’il génère chez ses proches depuis l’enfance, en se positionnant en être souffrant qui inquiète son entourage.

Antoine, par sa relecture subjective du passé familial montre implicitement qu eLouis pratique le chantage affectif, en suscitant la peine, la peur l7 et 10 : “ je ne peux rien reprocher” et “imbécile qui se reproche” → répétition = champ lexical de la culpabilité = Témoigne de la difficulté d’A à trouver les mots et renforce le sentiment de culpabilité, la conséquence du chantage affectif de Louis, c’est qu'Antoine se sent coupable. l9-10 : “qu’elle est paisible et douce et que je suis un mauvais imbécile” → -Adjectifs mélioratifs «paisible et douce», lexique du bonheur et en opposition au vocabulaire péjoratif GN «mauvais imbécile», verbe «se lamenter» = Il se reproche tout et son contraire : d'être heureux, alors qu’il a lui aussi droit au bonheur ; mais aussi d'être malheureux. l11: “ d’avoir failli se lamenter” → A se reproche d’avoir eu la faiblesse de s’exprimer, il n’y a pas d’issue à la culpabilité.

Louis l'a piégé.

Antoine est un être blessé, empêché de vivre par la posture adoptée par son frère. l12 : “alors que toi” → conjonction de sub = montre qu'À compare sa vie à L et montre que leurs vies sont opposées l10-12 : “et que je suis…..qui se reproche … alors que toi” → Début d’une longue proposition subordonnée conjonctive circonstancielle d’opposition qui oppose la douleur des 2 frères = Il confronte les douleurs, dans une compétition malsaine.

Sa douleur est minimisée et mise en balance avec celle de son frère qui semble plus légitime. l13 : “ silencieux, ô tellement silencieux” → interjection + hyperbole = dresse un portrait amer de L comme silencieux l14 : “bon, plein de.... »

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