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Publié le 13/10/2014

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Mlle Grilli Séquence 2 : le roman et ses personnages - visions de l'homme et du monde Premières Germinal ; Séance 1 : lecture analytique de l'incipit. Problématique : Comment l'auteur parvient-il à rendre compte du réel ? Objectif de la séance Etudier le cadre spatio-temporel du récit. Définir la fonction de l'incipit. Texte 1 : l'incipit (I, I, p. 19-20 - ed. Pocket) Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres. L'homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d'un coude, tantôt de l'autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d'est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d'ouvrier sans travail et sans gîte, l'espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche, à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D'abord, il hésita, pris de crainte; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains. Un chemin creux s'enfonçait. Tout disparut. L'homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée; tandis qu'un talus d'herbe s'élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d'une vision de village aux toitures basses et uniformes. Il fit environ deux cents pas. Brusquement, &agra...

« Mlle Grilli      Séquence 2 : le roman et ses personnages – visions de l’homme et du monde                               Premières     Germinal  ; Séance 1 : lecture analytique de  l’incipit .

Voici quelques notes (il faudrait tout rédiger, bie n sûr !!), le plan, une  introduction et une conclusion. Voir votre dossier  p. IX - X   Introduction : En 1885, Zola, romancier naturaliste du XIX e siècle, fait paraître Germinal, qui retrace la dure vie des mineurs dans le Nord de la France.

Ce titre est en soi un programme, car il rappelle le mois de ma rs du calendrier révolutionnaire, avec sa promesse d’une renaissance, voire d’une révolution, avec ses homme s prêts à sortir de la terre, de la mine… [voir « le titre » p.

VI du dossier de votre éditio n] Or l’incipit du roman nous plonge dans un milieu hostile : un homme marche dan s le froid et la nuit, puis aperçoit les feux rougeoyants d’une fosse.

A une description réaliste se substitue alors une vision, une « apparition fantastique » offerte au lecteur par le regard subj ectif de cet homme, ouvrier vagabond à la « tête vi de ».

Comment Zola passe-t-il d’un registre réaliste à un registre fantastique ? Comment ce début oriente-t-il le reste de la fiction ? Nous verrons tout d’abord que l’incipit s’ouvre sur le récit réaliste d’une marche nocturn e et difficile dont on peut, dans un deuxième temps, tirer un sens symb olique grâce à la vision fantastique du personnage, qui amorce alors une descente en Enfer.

· Ce récit réaliste met en scène la marche difficile d’un homme, dans le froid et les ténèbres, et fait entrer le lecteur dans un monde h ostile.

Le cadre spatio-temporel présente d’emblée un paysage hostile.

Cet incipit met en relation, pour les confronter, un homme et la nature environnante.

Autant l’homme se révèle faible, seul et démuni da ns cette immensité glacée d’une nuit de mars, autant l a nature manifeste sa puissance hostile et démesuré e.

- entrée dans un espace avec le premier mot « dans » = entrée dans la fiction, dans le roman, et dans un espace précisément décrit.

Omniprésence de cette nature, ce paysage écrasant.

- paysage caractérisé par le champ lexical : - de la nuit, comme « ténèbres », mis en valeur à la fin du premier paragraphe ; « obscurité » « épaisseur d’en cre » = mise en valeur de la « nuit sans étoiles » par le rythme ternaire de la première phrase.

- Du froid, alors qu’on est en mars : « glacé es », « froid »… - Platitude et géométrie du paysage : l’ « ho rizon plat », la « rectitude », « tout droit »… = tout est « à ras d u sol », même le village aux toitures « basses et uniformes » qui forment une « masse lourde » ; impr ession d’être écrasé par ce paysage.

= Réalisme de cette description avec précisions spatiales (no ms des villes Marchiennes, Montsou, droite, gauche…) et temporelles (mars, deux heures… ) Description motivée et construite autour du motif d e la marche du personnage : on suit cet homme qui souffre.

Cet incipit nous fait compatir avec un héros souffr ant.

C’est un vagabond, « sans travail et sans gîte », u n ouvrier « à la tête vide », fatigué, souffrant, qui n’a qu’un espoir : que le froid « soif moins vif »… la description de sa tenue : veste « aminci[e] », « petit » paquet sans un « mouchoir » qui, ironiquement le gê nait « beaucoup ».

Personnage maltraité, fouetté par le vent avec la m étaphore des « lanières » de vent = comme un esclav e dont les mains « saignaient ».

« besoin douloureux » renforce sa peine.. »

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