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Comment vous représentez-vous les jeunes poètes romantiques aux environs de 1830 ? (Littérature)

Publié le 12/02/2012

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Jeune France ? ou Bousingot ? Car les trois glorieuses ont creusé un fossé profond dans les rangs de la jeunesse romantique. Le Bousingot affiche des opinions démocratiques, prend ses mots d'ordre dans les "ventes" des Carbonari ou les loges des francs-maçons, rêve de mettre la planète à l'envers et passe de l'orgie à l'émeute. Il a une mine étrange ei farouche, la moustache en crocs, les cheveux hirsutes; il porte l'habit de conventionnel, le gilet à la Marat, s'arme d'un énorme gourdin se coiffe du chapeau de cuir que les marins nomment "bousingot" pour se donner des allures de corsaire, ou d'une toque rouge, symbole de ses idées révolutionnaires....

« de Milan ou des pourpoints des Valois busques en pointe sur le ventre en formant arete dans le milieu...», couleur s cerise ou vermilion de in Chine »; « pantalon vert d'eau fres pale, borde sur in couture &tine betide de velours noir » ; « habit noir a revers de velours largement renverses; ample pardessus gris, double de satin vert » : tel etaR l'accoutrement de cet amoureux de la Couleur.

Mais it en etait qui affectionnaient, an con- traire, les habits sombres et monochromes; ils s'eflublaient des vetements noirs des troubadours, boutonnes jusqu'au col, et en cette tenue s'en allaient rever parmi les ombres, sous les settles pleureurs...

Trois details importants : barbe et cheveux, chemise, chapeau, distin- guent, a premiere vue, le Jeune-France du classique.

Gautier, dans son Histoire du Romantisme, consacre une page a la barbe de Petrus Borel, e individualite pivotale a astre »autour duquel gra- vitaient toutes les platietes romantiques.

« Une barbe fine, soyeuse, touffue, parfumee au benjoin, soignee comme une barbe de sultan...

Entendez bien, non pas des favoris en cetelettes ou en nageoires, ni une mouche, une royale, mais une barbe pleine, entiere, tons crins!...

Nous admirions, nous autres imberbes ne jiossedant qu'une legere moustache aux commis- sures des levres, cette maitresse toison...

et nous avons essays d'en contre- balancer l'effet par une jprolixitii merovingienne de cheveux... Tandis que le bourgeois vain exhibe un linge immacule et empese, une cravate de fine mousseline, « un col de chemise qui lui guillotine majes- tueusement les oreilles de son double triangle de toile » roidie.par l'amidon, le Jeune-France affecte de ne point laisser paraitre In moindre surface de hinge blanc dans son costume; le col surtout lui est en horreur : c'est he symbole de l'epicier.

Hugo, pourtant, s'emprisonne le cou dans ce car- een : son genie seul lui vaut le pardon de ses devots. Autre signe distinctif : le chapeau! Le Classique adorne son chef glabre d'un haut-de-forme plus large au sommet qu'it la base; par antithese, notre homme se coiffe d'une sorte de pain de sucre...

a &taut de in toque de velours! Les allures du Jeune-Wrance, le cadre dans lequel il se complait, sont « eongruents a l'habit ». Par definition, le Classique est sain, sa mine prospere et fleurie, sa cor- pulence rondouillarde, sa face epanouie, sa joie triviale, son cell inex- pressif, sa phrase correcte et stereotypee.

Il s'accommode dans son jute- rieur de l' « infame » style Louis-Philippe.

Autant de traits qui horripilent notre poke.

Il est, lui, le jeune homme blame, livide, et meme cadavereux, aux joues creuses, au regard inspire, hautain, vague, langoureux, melan- colique et, subitement, rieur et petillant; i1 est l'amant mysterieux, fatal et byronien, dont les belles disent : « Vois, ma seeur, comme it est beau de paleur, interessant d'anevrisme.

II a les yeux de Satan...

» Il se donne, en effet, des airs sataniques, it se vents d'avoir bu l'hydromel ou l'eau des Oceans dans le crane de ses ancetres; it se complait a la lueur inter- nale des punchs; il a, pour cuiller, dans ses repas macabres, « le tibia d'un ami enieve a la Fleur de Page ».

A ce chevalier des, temps nouveaux, qui deciame la Fiancee du Timbalier 'la Chasse du Burgrave et le Pas d'Armes du roi Jean, iI taut des fenetres ogivales aux vitraux gothiques, des salles voatees, des lambris heraidiques auxquels pendent les blasons de Chateaubriand, de Hugo, de Vigny.

Aux murs de son cabinet de tra- vail s'etalent les Sorcieres de Macbeth, le Satan de Milton, le Festin de Bal- thazar, Faust dans sa cave.

Et entre ces compositions de haut gout, d'effa- rantes panoplies : fleches etnpoisonnees, poignards empoisonnes, lames empoisonnees, dards empoisonnes.

Ameublement Louis XIII, vases japo- nais, tapisseries a ramages completent ce decor heteroclite. Pour un profane, nourri de Racine et de Boileau, In conversation du jeune romantique est deconcertante.

Son jargon necessite une initiation. Le vicomte Ferdinand de C*** se charge de &crasser son ancien cama- rade de college, Daniel Jovard, qui en est encore au recit de Theramene, au Jupiter olympien, au jeu de loto, et qui estime que laurier rime bien avec guerrier et gloire avec victoire, 11 interpelle en ces termes le brave Daniel, qui a defendu de son mieux ses chers classiques Allons done! C'est faux comme toupet; c'est Empire, c'est rococo; c'est pompadour c'est perruque! II taut etre momie ou fossile, membre de l'Institut ou fouille de Milan o' des pourpoints _des Valois busqués en.

poi,nte sur l!'l ventre en formant arete dans le miheu ...

~, couleur « cerise ou vermtllon de la Chine ~ ; « pantalon -vert d'eau très pâle, bordé sur la cout~re d~une bande& de velours noir~; «habit noir à revers de velours largement renversés; ample p.ardeSllns grts.

~Qu};)Jé de.

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Ma1s- Il en etait qm affectwnna1ent, an con­ traire, les habits sombres et monochromes; ils s'aflublaient des vêtements noirs des troubadours, boutonnés jusqu'au col, et en cette tenue s'en allaient rêver parmi les ombres, sous les saules pleureurs ...

Trois détails importants : barbe et cheveux, chemise, chapeau, distin­ guent, à première vue, le Jeune-France du classique.

Gautier, dans son Histoire du Romantisme, consacre une page à la barbe de Petrus Borel, « individualité pivotale » « astre :.

autour duquel gra­ vitaient toutes les planètes romantiques.

« Üne barbe fine, soyeuse, touffue, parfumée au benjoin, soignée comme une barbe de sultan ...

Entendez bien, non pas des favoris.

en côtelettes ou en nageoires, ni une mouche, ni une royale, mais une barbé pleine,.

entière, à tous crins!...

Nous admirions, nous autres imberbes ne possédant qu'une .légère moustache aux commis­ sures des lèvres, ce-tte ma1tresse toison ...

et nous avons essayé d'en contre­ balancer l'effet par une prolixité méroV'ingienne de cheveux ...

~ Tandis que le bourgeois vain exhibe un linge immaculé et empesé, une cravate de tine mousseline, « un col de chemise qui lui guillotine majes· tueusement les oreilles de son double triangle de toile ~ ro-idie par l'amidon, le Jeune-France affecte de ne point laisser paraître la moindre surface de linge :blanc dans son costume; le col surtout lui est en horreur : c'est le symbole de l'épicier.

Hugo, pourtant, s'emprisonne le cou dans ce car· can : son génie seul lui vaut le pardon de ses dévots.

· Autre signe distinctif : le chapeau! Le Classique adorne son chef glabre d'un haut-de-forme plus large au sommet qu'à la base; par antithèse, notre homme se coiffe d'une sorte de pain de sucre ...

à défaut de la toque de velours! Les allures du Jeune-'france, le cadre- dans lequel il se complaît, sont « congruents à l'habit ».

Par définition, le Classique est sain, sa mine prospère et fleurie, sa cor­ pulence rondouillarde, sa face épanouie, sa joie triviale, son œil inex­ pressif, sa phrase correcte .

et stéréot~pée.

Il s'accommode dans son inté­ rieur de .1' «infâme ».

styl!l Louis-Phibppe: Auta!lt.

de trait~ qui horripilent notre poete.

Il est, lm, le Jeune hommil bierne, hvtde, et meme cadavereux, aux joues creuses, au regard inspiré, hautain, vague, langoureux, mélan­ ·colique et, subitement, rieur et pétillant; il est l'amant mystérieux, fatal et byronien, dont les belles disent : «Vois, ma sœur, comme il est beau de pâleur, inté~essant d:anévri~me.

Il a les yeuX: de Satan ....

~ Il se donne, en effet, des rurs satamques, Il se vante d'avon bu l'hydromel ou l'eau des Océans dans le crâne de ses.

ancêtres; il se complaît à la lueur infer­ nale des punchs; il a, pour -cuiller, dans ses repas macabres, «le tibia d'un ami enlevé à la fleur de tt âge ~, A ce chevalier des, temps nouveaux, ~ déclame la Fitlllcée du Timbalier, la Chaase du Burgrave et le Pas a' Armes du roi Jean, il faut des fenêtres ogivales aux vitraux gothiques, des salles voûtées, des lambris héraldiques auxquels pendent les blasons de Chateaubriand, de Hugo, de Vigny~ Aux murs de son cabinet de tra­ vail s'étalent les Sorcières de Macbeth, le Satan de Milton, le Festin de Bal­ thazar, Faust dans sa cave.

Et entre ces compositions de haut goût, d'effa­ rantes panoplies : flèches empoisonnées, poignards empoisonnés, lames empoisonnées, dards empoisonnés.

Ameublement Louis XIII, vases japo­ nais, tapisseries à ramages complètent ce décor hétéroclite.

Pour un profane, nourri de Racine et de Boileau, la conversation du jeune romantique est déconcertante.

Son jargon nécessite une initiation.

Le vicomte Ferdinand de c••• se charge de décrasser son ancien cama­ rade de collège.__ Daniel J ovard, qui en est encore au récit de Théramène, au Jupiter olympien, au jeu de loto, et qui estime que laurier rime bien avec guerrier et gloire avec victoire.

Il interpelle en ces termes le brave Daniel, qui a défendu de son mieux ses chers classiques : « Allons donèt C'est faux comme toupet; c'est Empire, c'est rococo; c'est «pompadour», c'est perruque! Il _faùt être momie ou fo~ile, membre de l'Institut ou fouille. »

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