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CHAPITRE 18 de CANDIDE DE VOLTAIRE (lecture analytique)

Publié le 17/06/2011

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voltaire

On retrouve les stéréotypes voltairiens habituels :  — système politique : une hiérarchie avec des classes (domestiques, officiers, etc.), mais sans aucune coercition ; pas de cour de justice, pas de parlement, pas de prison ; un roi débonnaire et aimé, libéral et agissant " du consentement de la nation " (§ 3) ;  — vie sociale : la science est la première des préoccupations, avec le commerce et le travail (cf. chapitre XVII) ; l'or ne compte pas ; les hommes sont tolérants (pas de  " cabales " et semblent à l'abri du vice (pas de prison) et du besoin (tout est gratuit) ; la cohésion sociale est assurée par des fêtes collectives fastueuses ; la société semble partout urbaine (thème cher à Voltaire) et épanouie (voir les monuments du § 9) ;

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« peut s'arrêter dans le mythe.

Tout le projet philosophique de Voltaire resterait en suspens : l'auteur sait qu'ils onttort de partir, mais il faut bien qu'ils aillent jusqu'au bout de leur propre expérience.Outre cet aspect fonctionnel, les deux héros espèrent pouvoir trouver mieux ailleurs en retournant vers l'Europe :l'amour comblé (Cunégonde, encore !) ; l'ambition de dominer l'échelle sociale (grâce à la richesse) ; la possibilitéd'expatrier des modèles entrevus en Eldorado, etc.

Ils redeviennent " les deux vagabonds " (dernier mot, avant-dernier §) et croient que tout peut " s'acheter " (dernier mot).

Ils vont vite déchanter.

Candide le dira souvent parla suite (chapitres XIX, XXII, XXIV, XXX).

On peut même interpréter ce désir de repartir comme un signe del'aliénation humaine.

Incapable de se débarrasser de ses origines, l'homme veut se faire reconnaître " au pays " etrevient sur la terre de sa propre souffrance, comme par conditionnement ou masochisme inconscient.

Voir le § 11.8.

Le monde inversé.

Cette question est déjà évoquée plusieurs fois plus haut : voir" l'utopie au chapitre XVII.

Mais signalons les principaux indices du texte qui permettent ce système d'antithèses etd'excès :— l'âge du vieillard,— l'or nommé " fange ", " boue ", " caillou ", etc.,— la religion sans religieux,— le roi sans étiquette,— la ville belle et parfumée, aérée,— le monarque qui critique le pouvoir personnel,— le départ qui est " envol " et " spectacle " (et non chute et plongée dans l'horreur). ÉCRITURE 9.

L'utopie.

Il faut commencer par tracer les grandes lignes du sujet, tel qu'il est dans la réalité, et en délimiter leschamps lexicaux.

Il suffit ensuite d'inverser les signes et les termes.Exemple :— choisissons comme point de départ : une caserne ;— classons quelques entrées lexicales (paradigmes), par exemple : l'équipement du soldat, ses tâches, soncomportement guerrier, etc.

;— développons, par analogie, quelques colonnes paradigmatiques ; on obtient par exemple des listes de ce type(non limitatives, évidemment) :" bâtiment et logement : chambrée, quartier, cantonnement, bivouac, faction" équipement : armes, uniforme, sac, casque, képi, galons" tâches : corvées, sentinelle, patrouille, garde, escorte, défilé" guerre : manoeuvres, combats, fusillade, canonnade, assaut.10.

On peut ensuite commencer à rédiger selon un schéma de ce genre :En Utopia, les soldats sont logés dans des bungalows indépendants : ils ignorent les chambrées et lescantonnements.

Lorsqu'il doivent quitter le palais et les jardins où ils vaquent librement -à leurs rêveries, on leurinstalle un luxueux camping qui n'a rien d'un bivouac.

Pour tenue, ils sont invités à s'habiller chacun à leur guise, enévitant surtout une morne uniformité.

Comme ils ignorent les ordres stricts et les galons, les soldats remplacent leképi par des bandeaux de couleurs ou des couronnes de fleurs.Les promenades n'ont rien d'un défilé ou d'un entraînement au combat.

Le but est au contraire d'apprendre àdécouvrir les beautés de la nature, de protéger l'environnement et d'aider chacun à profiter de sa liberté.

Lacaserne, grande ouverte, est accueillante et l'on peut venir s'y restaurer jour et nuit, sans craindre une sentinelleou quelque importune vérification.C'est que les Utopiens ignorent la guerre.

Depuis longtemps, ce fléau a disparu de leurs moeurs.

Les manoeuvressont surtout destinées à permettre aux jeunes gens et aux jeunes filles de se rencontrer et de jouer ensemble.

Oncombat avec des bons mots ou des sports innocents.

On ne fait assaut que de baisers et la seule arme, ici, estl'esprit.

Car l'armée a pour fonction de perpétuer la paix et l'amour...

etc.. »

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