Analysez une tragédie de Corneille, puis une tragédie de Racine et comparez l'action, les caractères, la moralité des deux théâtres.
Publié le 03/06/2012
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Dans les préfaces de Britannicus et de Bérénice notamment, Racine, sous une forme parfois un peu trop violente et non sans quelque injustice à l'égard de son illustre devancier, a pris soin d'opposer lui-même sa poétique à celle de Corneille. L'analyse attentive de l'une des pièces les plus caractéristiques de chaçun de ces auteurs nous permettra de mettre en lumière de quelle façon différente ils conçoivent le développement de l'action, le jeu des caractères et la leçon morale à donner au spectateur. Considérons par exemple le Cid et Andromaque...

«
t) Simplicit6 .da sUJet
1) Unité je l'intrigue
3) Action intérieure
des sujets exceptionnels, une intrigUe compliquée et chargée de
matière.
Horace ou Rodogune nous en fournissent d'autres
exemples.
Cette tendance à l'extraordinaire et à la complexité
s'exagère d'ailleurs avec les années et quelques-unes de ses der
nières pièces, comme Héraclius, sont probantes à cet égard.·
Ohez Racine.
- Andromaque, au contraire, se caractérise par
la simplicité du sujet et l'unité de J'action.
La protagoniste est
avant tout une mère qui tremble pour son enfant.
Prête aux ulti
mes sacrifices pour le sauver, elle désire, cependant, rester
fidèle Ilia mémoire d'un époux qui lui fut cher.
De là ses hésita
tions, ses aterm.oiements et wo souci.
do.minant d'assurer le
salut de son fils, tout en ne cédant pas à Pyrrhus.
De telles
situations, si l'on fait abstraction des conséquences tragiques
que doit entratner la détermination d'Andromaqt).e, peuvent se
rencontrer dans la vie réelle.
Cet amour de la simplicité commande également la marche ~e
l'intrigue.
Loin de comporter une accumulation d'événements
extérieurs, dont chacun aurait pour but de la faire rebondir, l'ac
tion repose sur le conflit des sentiments dans l'âme des person
nages.
« Extérieure ;a chez Corneille elle devient ici « tout
intérieure
».
L'exposition complète nous est donnée dès le premier acte.
Oreste vient vers Pyrrhus pour réclamer, au nom des Grecs, Je.
ftls d'Hector et d'Andromaque : Astyanax.
Pyrrhus promet à
Andromaque de sauver son fils si elle eonsent à l'épouser; mais
à la cour de Pyrrhus se trouve préCisément Hermione, sa fiancée
officielle, menacée ainsi de se voir renvoyée.
Dès lors, Oreste
entrevoit la possibi~ité de gagner le cœur d'Hermione, qui j~s
qu'alors l'a repoussé.
La question est donc posée avec netteté :.
« Andromaque accédera· t-elle ou non au désir de Pyrrhus •?
Sur cette donnée, l'action va désormais se dérouler par l'uni
que jeu des fluctuations d'Andromaque.
En effet, s'obstine-t-elle
à refuser Pyrrhus, elle le rapproche d'Hermione qui repousse
Oreste ; accepte-t-elle au contraire de sauver son fils en épousant
Pyrrhus, elle rapproche Hermione et Orest,e.
Ainsi l'action reste
tout entière
suspendue à la détermination définitive que prendra
Andromaque.
Tour à tour, les diverses solutions sont envisa-.
»
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- Discuter ce jugement de G. Lanson : « Le reproche qu'on pourrait faire à Corneille, ce serait plutôt, tout au contraire de ce qu'on a dit, d'avoir trop exclusivement tiré l'action des caractères : à tel point que sa tragédie a parfois quelque chose de factice, l'air d'un jeu concerté, d'une partie liée et soumise à des conventions préalables. Les personnages ne comptent pas assez avec le hasard et les circonstances... Rien n'intervient qui dérange leur action; et le miracle, précisémen
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- « Ce n'est point une nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie : il suffit que l'action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie ». Jean Racine, préface de Bérénice En vous référant à Bérénice expliquez ce qu'il fat entendre par « tristesse majestueuse ».
- « Ce n'est pas une nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie: il suffit que l'action soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie. » Jean Racine, préface de Bérénice En vous référant à Bérénice expliquez ce qu'il faut entendre pas « tristesse majestueuse ».
- « Ce n'est pas une nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie: il suffit que l'action soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie. » Jean Racine, préface de Bérénice En vous référant à Bérénice expliquez ce qu'il faut entendre pas « tristesse majestueuse ».