PHILIPPE II AUGUSTE
Publié le 27/02/2008
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Cœur de Lion.
Une dernière révolte de Jean, le préféré d'Henri II, va causer le désespoir du roi d'Angleterre etprécipiter sa mort.
C'est Richard qui lui succède (1189).
Pendant un temps, l'amitié semble rapprocher PhilippeAuguste et Richard.
A l'appel de l'archevêque de Tyr, ils entreprennent ensemble la troisième croisade, à laquelle sejoint l'empereur de Germanie, Frédéric Barberousse.
Echaudé par les malheureuses expériences précédentes, onprépare longuement l'expédition.
Ce n'est plus une cohue mais une véritable armée qui s'embarque pour délivrerJérusalem de l'emprise du musulman Saladin.
Malgré les forces engagées, le seul véritable succès des croisés est laprise de Saint-Jean-d'Acre, après un siège pénible et interminable.
Philippe Auguste, malade d'une sorte detyphoïde, rentre en France.
Il laisse Richard sur place.
A-t-il déjà en tête d'envahir la Normandie ? C'est ce qu'il faiten apprenant que Richard, après quatorze mois passés en Terre sainte, a été capturé sur la route du retour par leduc d'Autriche (1193), puis livré à l'empereur de Germanie.
Richard est enfin libéré après le versement d'une énormerançon (1194).
Philippe a été prévenu par l'empereur : “ Prenez garde, le diable est lâché.
” Le diable, qui estdevenu une véritable légende vivante, reprend aussitôt sa lutte contre le roi de France.
Il fait édifier des forteressespour protéger notamment la basse vallée de la Seine (Château-Gaillard).
A Fréteval (juillet 1194), à Courcelles(1198), il inflige à Philippe Auguste de cuisantes défaites.
La situation critique se dénoue quand Richard trouve lamort au siège de Châlus, le 26 mars 1199.
Reste le dernier fils d'Henri II, Jean, dit “ Sans Terre ” parce qu'il étaittrop jeune lorsque son père avait partagé ses provinces françaises entre ses enfants.
Successeur de Richard, Jeanéchoue dans une coalition de féodaux menée contre Philippe Auguste.
Les deux souverains se réconcilientmomentanément par le traité du Goulet (mai 1200) qui apporte au domaine royal Evreux et le Berry.
Mais Jeancommet deux fautes graves (enlèvement de la fiancée du comte de la Marche, assassinat de son neveu Arthur deBretagne) dont Philippe va profiter.
Refusant de répondre de ses actes devant la justice du roi, Jean se voit déchude tous ses biens français (1202).
Fort de cette sentence, Philippe entreprend, les armes à la mains, la conquête dela Normandie, qui tombe après le siège mémorable de Château-Gaillard (1204), l'occupation de l'Anjou, du Poitou, duMaine et de la Saintonge.
Par le mariage d'un membre de sa famille avec l'héritière de Bretagne, il affermit sonpouvoir sur cette province.
En quelques années, l'empire Plantagenêt en France est démembré.
La menace anglaiseà peine écartée, une révolte éclate menée par les Cathares (ou Albigeois), hérétiques apparus dès le XIe siècle dansle Languedoc et le pays toulousain.
Le Saint-Siège échoue à faire entendre raison à cette véritable contre-Eglise.Aussi, à la suite du meurtre du légat pontifical envoyé par le pape Innocent III, ce dernier lance “ la croisade contreles Albigeois ” (1208).
Le pape invite Philippe Auguste à y prendre part.
Le roi refuse (mais autorisera son fils Louis àintervenir militairement plus tard).
De son royaume d'Angleterre, Jean ne s'avoue pas vaincu.
Il tente de reprendresa revanche en formant contre Philippe Auguste une nouvelle coalition réunissant le comte de Flandre, le comte deBoulogne et l'empereur Otton IV de Brunswick (1213).
Jean et les coalisés sont écrasés en deux fameuses batailles.La Roche-aux-Moines, près d'Angers, remportée par le prince Louis, le 2 juillet 1214.
Bouvines, en Flandre, conduitepar le roi lui-même, le 27 juillet.
Par le traité de Chinon qui s'ensuit (18 sept.
1214), Jean renonce à toutes lesprovinces conquises par son rival.
Le retentissement de Bouvines est grandiose.
La victoire soulève un immense élande liesse populaire.
Tout au long de son chemin de retour, on honore le roi par des chants, des danses et desdécorations : “ Les rues, les maisons, les routes, de tous les villages et de toutes les villes, sont tendues decourtines et d'étoffes de soie, tapissées de fleurs, d'herbe et de feuillage vert.
” Paris vit une semaine de fêtesininterrompues.
Autour du roi apparaît le germe d'un sentiment “ national ”.
Sentiment qui n'est sans doute pasétranger à la rigoureuse administration du royaume entreprise par Philippe Auguste.
L'essor véritable du mouvementurbain et communal, la création des baillis (agents salariés au service de l'Etat dans tout le royaume), l'effort pouraccroître le rendement des terres et développer les voies de communication, la construction d'un réseau serré deplaces fortes par la pratique du pariage, la mise en chantier de nombreuses cathédrales, le conseil du roi ouvert auxclercs et à des laïcs de modeste naissance, toutes ces avancées sont dues au règne de Philippe Auguste.
Paris, oùle roi réside avec la cour, et qui est devenue la capitale la plus importante d'Occident, est transformée, assainie,embellie (tour ronde du Louvre, halles, rues pavées, rempart édifié).
Enfin, l'université de Paris fait de la cité uncentre intellectuel de renommée universelle.
Dans cet atelier bouillonnant, “ arbre de vie dans le paradis terrestre ”,enseignent les plus grands lettrés venus de tous pays, élaborant une culture nouvelle qui rayonnera partout enEurope.
C'est d'un domaine agrandi, enrichi et pacifié et d'une monarchie respectée dont le prince Louis, futur LouisVIII, va hériter à la mort de Philippe Auguste, le 14 juillet 1223..
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