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Mai 68, trente ans après

Publié le 05/12/2018

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publiées par Serge July dans Libération. Pour Jean-Pierre Le Goff, il y a incontestablement un échec de Mai 68, que le déploiement des mythologies contribue trop souvent à masquer : incapable de transformer en réalité son fameux slogan « changer la vie », la génération contestataire n’a pas réussi à construire une alternative crédible, mettant même en œuvre, au fil de sa récupération par l’establishment médiatique, politique et culturel, un « conformisme de l’anticonformisme ». Bon nombre de soixante-huitards, dit en substance Jean-Pierre Le Goff, ont le plus grand mal à se débarrasser des schémas de pensée acquis à cette époque, et restent imperméables aux évolutions de la société française. Tel n’est pas le point de vue de Serge July, qui juge que les blocages et les régressions actuels viennent d’un « refoulement » de Mai 68 : la démocratie française, écrit-il, « reste désespérément portée par un idéal administrateur et centralisateur d’Ancien Régime [...] La révolution démocratique engagée par Mai 68 n’a pas eu lieu dans la société politique. Elle reste à faire. » S’il y a bien, pour 

Acte de naissance d’une génération, Mai 68 apparaît aujourd’hui comme un moment clé de la société française de l’après-guerre : celui d’une remise en question du modèle paternaliste, autoritaire et centralisateur, incapable de répondre aux évolutions de la modernité. Si la rhétorique de la subversion, trente ans plus tard, paraît surannée à bien des égards, l’événement ne continue pas moins de s’imposer à la conscience collective. En quel sens sommes-nous les héritiers de Mai 68 ? Le débat reste largement ouvert aux interprétations contradictoires.

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