L'U.R.S.S.
Publié le 16/09/2014
Extrait du document
I. - LES FAITS.
1° L'évolution historique. — Avant 1917. — Bien que notre étude com‑
mence en 1917, il est utile de rappeler qu'en matière agricole deux réformes agraires ont été entreprises avant cette date.
La première réforme agraire (1858-1875) a pour but de permettre aux serfs d'acquérir les terres qu'ils cultivent jusqu'alors pour le seigneur. L'État fait l'avance des fonds. Cette réforme est un échec dont il ne convient pas dans ce développement d'analyser les causes.
La deuxième réforme a lieu de 1906 à 1911 et est l'oeuvre de STOLYPINE. Cette réforme n'est pas un échec mais son succès est très limité pour trois raisons :
- la Première Guerre mondiale supprime tous les effets de la réforme,
Il faut abolir la propriété privée après une période au cours de laquelle les réformes agraires ont eu pour objectif principal l'instauration de la propriété individuelle. Comment faire admettre ce brusque changement aux paysans? Et ce, d'autant plus, que dans les campagnes, les idées circulent moins vite que dans les villes. L'idéal socialiste a relativement peu gagné les campagnes.
Malgré les dangers, la socialisation des terres est décidée et la loi est promulguée le 19 février 1918: « le droit de propriété sur la terre est aboli pour toujours et toutes les terres sont intégrées au fonds agraire du peuple. «
Ces mesures sont accueillies avec beaucoup de réticences, d'autant plus que des prélèvements autoritaires sont opérés sur les récoltes pour nourrir les villes. Les paysans conservent leurs récoltes au besoin par la force ou au prix de soulèvements.
Le communisme de guerre est un échec et la production agricole de 1920 est nettement inférieure à celle de 1913.
une politique plus souple permet de préparer « à froid « la période qui doit être celle du socialisme intégral. Cette période s'étend de 1921 à 1928, LÉNINE présente Ies grandes lignes de la N.E.P. en mars 1921 au e Congrès du Parti Communiste. L'agriculture bénéficie de mesures de libéralisation :
Ces mesures vont faire apparaître une bourgeoisie paysanne : « les koulaks «. Les koulaks sont les seuls à pouvoir dégager un surplus vendu librement sur le marché. Cette bourgeoisie paysanne va très vite devenir une opposition pour le régime et STALINE aura beaucoup de mal à l'éliminer.
Le document IV du sujet montre l'évolution de l'indice de développement de la production agricole : baisse en 1917 puis progression en 1928. Le document V montre la même évolution pour la production céréalière et bovine.
Cependant les dirigeants continuent en même temps la mise en place du socialisme. Le Code agraire de 1922 préfigure le cadre juridique futur :
Contrairement à la période du communisme de guerre, on peut dire que la N.E.P. a atteint Ies objectifs fixés et en 1928, le niveau de production de 1913 est dépassé (document IV du sujet).
d) La planification. — A partir de 1928, la croissance de l'Union soviétique va se réaliser autour du plan. Ainsi les dirigeants reviennent aux principes de 1917 mais il n'y a plus la guerre, l'économie et les hommes sont prêts pour ce changement radical.
Le plan a été préparé dès le début de la N.E.P. par la création en février 1921 du Gosplan et la mise sur pied de programmes sectoriels : électrification, transports. Le premier plan quinquennal (1928-1932) concerne l'ensemble de l'économie et pour la première fois un pays abandonne résolument le hasard et les lois du marché en matière de politique économique.
Au cours de cette période, il faut évidemment tenir compte de deux événements importants qui ont eu des retombées capitales sur les objectifs : la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée.
Pour ces raisons et pour l'affermissement du socialisme, l'accent a surtout été mis sur la production industrielle lourde : progrès spectaculaires relativement faciles, armement. Aussi l'agriculture a-t-elle été quelque peu sacrifiée, au point qu'elle n'a plus été en mesure de jouer son rôle dans l'économie. Ce n'est qu'à partir de 1953 que les dirigeants soviétiques se sont rendu compte de l'insuffisance du secteur agricole et du danger de cette situation au regard de la croissance.
2° Les résultats. — Il convient tout d'abord de constater que c'est dans le secteur agricole que la propriété privée demeure la plus importante. Le document VI du sujet montre l'importance non négligeable de la production agricole individuelle.
D'autre part, les périodes d'accroissement de la production agricole cortes‑
pondent toujours aux périodes de libéralisation des structures. Nous nous demanderons dans la deuxième partie de ce développement si le secteur agricole est « socialisable « ou si la paysannerie soviétique aspire toujours à une certaine indépendance et liberté comme à l'époque de la N.E.P.
«
L'U.R.S.S.
79
interviennent : structurel, biologique, ainsi que l'initiative humaine.
Quels sont
leurs poids relatifs?
Henri CHAMBRE, Union soviétique et développement économique.
II
Statut d'un kolkhou (extraits)
«Les paysans travailleurs du village de Gueoktcka, U.R.S.S.
de Turkménie, se sont groupés en 1930 de leur plein gré en un kolkhoz.e en vue d'édifier une
exploitation collective et sociale en mettant en commun leurs biens de production
et leur travail organisé.
Les membres
du kolkhoi.e s'engagent à renforcer leur entrepri~, à travailler honnêtement, à exécuter ponctuellement leurs obligations
envers l'Etat, à se partager les revenus du kolkhoze suivant le travail fourni, à veiller sur la propriété commune.
Les foyers kolkhoziens jouissent
de terrains personnels d'une superficie de 0,20 ha.
Chaque foyer peut avoir en propriété privée l vache et 2 veaux ou
1 chamelle avec son petit, jusqu'à
25 chèvres ou brebis, l truie et sa portée,
1 âne, de la volaille et des lapins en quantité illimitée et jusqu'à 10 ruches.»
Notes et Études documentaires, n° 2298.
m
Dans la presse soviétique, comme dans la presse étrangère, on parle beaucoup
de la « réforme économique».
On analyse ses résultats mais il ne s'agit que du
secteur industriel, comme si la réforme ne concernait pas également l'agriculture.
La réforme porte actuellement sur 3 800 sovkhozes environ, sur un total de 14200.
Pour l'instant, il n'y a pas encore d'études d'ensemble sur les résultats
d'application, mais on sait que les grandes lignes de la réforme concernent
essentiellement la planification et la répartition des bénéfices.
Production agricole ..
.
.
Production industriel le .
.
IV
Bulletin U.R.S.S., 6 juillet 1970, édité par !'Ambassade soviétique.
Indices de développement de l'économie soviétique (Indice 100 en 1913)
1913
1917 1928 1940 1945 1960 1967
100 88 124 141 86 224 288
100 71 132
769 705 4 032 7096.
»
↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓